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Une mort qui éteint une enquête à la lenteur caractéristique
Daniel Amar Siad (69 ans), lié à Jeffrey Epstein a été retrouvé mort à son domicile à Colombes, une banlieue au nord-ouest de Paris, lundi dernier. Le bureau du procureur de Nanterre a indiqué qu’une enquête visant à déterminer la cause du décès a été ouverte lundi soir, ajoutant qu’une autopsie serait effectuée.
Le nom de Daniel Amar Siad apparaît des milliers de fois parmi les millions de documents liés à l’affaire Epstein et publiés par le ministère américain de la justice.
Comme tous les autres personnages cités dans les dossiers Epstein, et avec un culot qui leur est commun. Daniel Amar Siad a naturellement nié avoir eu connaissance des activités illégales d’Epstein.
Le bureau du procureur parisien prétend avoir lancé une enquête en février 2026, mais ne pas avoir eu suffisamment de preuves pour justifier l’arrestation de Daniel Amar Siad.
« L’enquête ouverte le 18 février 2026, portant sur des accusations de traite humaine organisée et de complot en vue de commettre un crime, se poursuit afin d’identifier toutes les personnes potentiellement impliquées malgré la fin des procédures pénales contre Daniel Siad », a communiqué le bureau du procureur de Nanterre.
« Daniel Siad a fait l’objet de techniques d’enquête particulières, notamment la surveillance téléphonique, mais elles n’ont pas fourni suffisamment de preuves pour justifier son arrestation immédiate », est-il écrit dans le communiqué bureau du procureur de Nanterre.
Daniel Amar Siad avait fait l’objet de plusieurs plaintes en France, dont des accusations de viol, mais « n’avait jamais été poursuivi », souligne son avocat Ménya Arab-Tigrine qui affirme par communiqué que son client « est mort et il était innocent ».
L’une des victime d’Epsteins avait précédemment déclaré à la BBC que c’est Daniel Amar Siad qui l’avait présentée à Epstein. « C’était un véritable piège », avait déclaré cette femme qui a décrit Daniel Amar Siad comme « essentiellement un trafiquant professionnel ».
Lors d’un courriel envoyé à Epstein publié dans les dossiers, Siad écrivait en anglais mal orthographié : « Dans cette agitation, je me sens comme pêcheur, parfois je cache, parfois je ne cache pas, parfois pas de poisson. »
Les avocats de l’ancien mannequin qui a déposé la première plainte contre Daniel Amar Siad ont déclaré qu’ils étaient « stupéfaits » par l’annonce de sa mort. « Nous sommes à court de mots pour décrire la colère et la tristesse que nous ressentons » de voir ainsi les victimes présumées « privées d’un procès pénal », ont-ils fait savoir. Ils ont ajouté ressentir une « colère immense » envers le bureau du procureur de Paris « qui a annoncé en février dernier qu’il ouvrait une enquête sur les complices français de Jeffrey Epstein », annonce restée sans lendemain.
Ces avocats dénoncent une inaction « scandaleuse » qui démontre « le mépris des autorités publiques envers les victimes de crimes sexuels, même lorsque ces crimes sont liés au réseau de traite des êtres humains mis en place par Epstein et ses complices ».
Un autre ancien mannequin, qui avait déposé une plainte à la police en juin dans le cadre de l’enquête sur Daniel Amar Siad, a déclaré que sa mort signifiait que toute information qu’il aurait pu fournir sur Epstein était désormais perdue. « Un maillon important de la chaîne s’est tout simplement volatilisé, sans même qu’il y ait eu la possibilité de récupérer les informations que Daniel Siad aurait pu posséder, étant donné qu’il n’a jamais été interrogé », a-t-elle constaté. « Trop de temps a été perdu… J’espère que nous n’aurons pas à attendre encore sept ans avant de voir sa maison fouillée, même si je pense qu’il est déjà trop tard. »
Anne-Claire Le Jeune, qui représente six femmes ayant porté plainte contre Daniel Amar Siad, a déclaré que les victimes avaient été privées de justice : « Mes clientes ont trouvé la force de briser un silence particulièrement lourd, compte tenu des liens de Daniel Siad avec Jeffrey Epstein. Elles ont affronté chaque étape de la procédure avec un courage remarquable. Il est profondément regrettable que le rythme lent de l’enquête ait conduit à sa mort avant qu’il ne puisse être interrogé ou placé en garde à vue, privant ainsi les victimes d’une étape cruciale dans leur quête de vérité et de justice. »
Un autre « suicidé », Jean-Luc Brunel
Un autre associé d’Epstein, l’agent de mannequins français Jean-Luc Brunel, avait déjà été retrouvé fort opportunément pendu dans sa cellule de prison à Paris en 2022. Il faisait l’objet d’une enquête pour suspicion de viol de mineurs et de trafic de mineurs à des fins d’exploitation sexuelle. Jean-Luc Brunel avait fondé MC2 Model Management avec un financement d’Epstein et était soupçonné de transporter et d’héberger des filles pour Epstein. Daniel Amar Siad avait été présenté à Jean-Luc Brunel par Jeffrey Epstein en 2009.
Daniel Amar Siad, juif, algérien, français et suédois

De religion juive, Daniel Amar Siad cumulait les nationalités algérienne, française et suédoise. Ancien photographe, il recrutait des filles lors de tous ses déplacements (à Paris, Ibiza, Marrakech, Tunis, Barcelone, La Havane, Hong Kong,…). L’un des mails de Daniel Amar Siad proposait les services d’un autre recruteur qui a « repéré des mannequins pour l’agence de Trump ». A partir de 2011, il ne passait plus que par Epstein en direct pour lui proposer des filles (et plus via Brunel).
Daniel Siad au choix diplomate, conseiller financier ou conseiller en sécurité

Daniel Amar Siad se présentait également occasionnellement comme représentant diplomatique de la Kabylie en Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis et Bahrein, ainsi que conseiller financier et de sécurité. Daniel Siad a également travaillé comme conseiller chez DaVinci Gold, une société d’investissement basée en Suisse.
La consultation de ses réseaux sociaux permet de trouver de nombreuses photos montrant Daniel Amar Siad en compagnie de personnalités telles que Benjamin de Rothschild (décédé en 2021), Imelda Marcos (épouse de l’ancien président philippin), le milliardaire François-Henri Pinault, l’actrice Salma Hayek, l’acteur Robert De Niro, le réalisateur Woody Allen, l’ancien Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra, et même… Jean-Marie Le Pen, pour n’en citer que quelques-unes.






Alain Escada





