Directeur de l’IHU de Marseille, le professeur Didier Raoult, a présenté lundi soir lors d’un point mensuel avec les soignants de l’institut les premiers résultats de son test clinique à l’hydroxychloroquine contre le coronavirus, test validé par le ministère de la Santé. Ce point mensuel a été diffusé dans une vidéo de dix-huit minutes publiée sur YouTube par l’IHU.

« On a pu comparer la négativation du portage viral chez des patients qui ont suivi le protocole, avec des patients d’Avignon et de Nice qui n’ont pas reçu le traitement. Ceux qui n’ont pas reçu le Plaquenil [médicament à base d’hydroxychloroquine] sont encore porteurs à 90 % du virus au bout de six jours, tandis qu’ils sont 25 % à être positifs pour ceux qui ont reçu le traitement », a annoncé le professeur.

« On conseille, nous, et d’autres, depuis longtemps de donner un antibiotique dans les infections virales respiratoires, parce qu’elles se compliquent surtout de pneumopathies. Donc tous les gens qui présentaient des signes cliniques qui pouvaient évoluer vers une complication bactérienne de pneumopathie, on leur a donné de l’Azithromycine. Il a été démontré dans un journal que ça diminue les risques chez les gens qui ont des infections virales. Et l’autre raison, c’est que l’Azithromycine a montré en laboratoire qu’elle était efficace contre un grand nombre de virus, bien que ce soit un antibiotique. Donc quitte à choisir un antibiotique, on préférait prendre un antibiotique efficace contre les virus. Et quand on compare le pourcentage de positifs avec l’association hydroxychloroquine et Azithromycine, on a une diminution absolument spectaculaire du nombre de positifs », a-t-il détaillé.

Les résultats des premiers tests cliniques réalisés avec de l'hydroxychloroquine et l'azithromycine.
Les résultats des premiers tests cliniques réalisés avec de l’hydroxychloroquine et l’azithromycine. – Capture d’écran IHU

Le professeur Didier Raoult cite une étude chinoise publiée le 9 mars. « Il y a une chose très importante dans cette étude rétrospective : la longueur du portage viral est un élément essentiel pour tenter de contrôler cette maladie. Elle montre que les gens qui portent le virus, on parle de 191 personnes, le portent pendant vingt jours s’ils ne sont pas traités. Donc les gens qui ont inventé la quatorzaine, ça n’a pas de sens. Il faut isoler les gens porteurs, et ne pas isoler les non-porteurs. C’est un point très important », estime le spécialiste.

L'étude chinoise portant sur la durée de portage du virus.
L’étude chinoise portant sur la durée de portage du virus. – Capture d’écran IHU

Ce qui signifie aussi que pour réduire ce portage viral, il faudrait tester un maximum de gens, contrairement à la stratégie actuelle du gouvernement. « Comment a été maîtrisé le sida ? Ce n’est ni par les vaccins, ni par les modèles mathématiques. C’est la charge virale et le traitement, on regarde avec le traitement que la charge virale diminue et, quand elle est en dessous d’un certain seuil, les gens ne sont plus contagieux et ne sont plus malades. C’est ce modèle qu’on essaye de mettre en place. Mais dans cette stratégie, on teste, on détecte, on traite, le monde n’est pas égal. Ceux qui courent le plus vite, ce ne sont pas les mêmes, ceux qui ont fait le plus ce sont les Chinois et la Corée. Pour une population inférieure à la nôtre, regarder le nombre de tests qu’ils ont fait. On a pris une stratégie qui n’est pas la même que celle du monde technologique, c’est de très peu tester. »

Le nombre de dépistage réalisés par pays dans le monde.
Le nombre de dépistage réalisés par pays dans le monde. – Capture d’écran IHU

Le professeur Raoult milite demande donc avec insistance d’augmenter ces tests et pouvoir ainsi traiter tous les porteurs. « C’est de la PCR [réaction en chaîne par polymérase] banale que tout le monde peut faire, la question c’est l’organisation, pas la technique, ce n’est pas la capacité de diagnostic, nous l’avons. C’est un choix stratégique qui n’est pas celui de la plupart des pays technologiques, en particulier les Coréens qui font partie, avec les Chinois, de ceux qui ont maîtrisé l’épidémie en faisant dépistage et traitement. On est capables dans ce pays comme n’importe où de faire des milliers de tests et de tester tout le monde »

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2 commentaires

  1. curieusement alors que dans tous les pays limitrophes le nombre de guéris augmente régulièrement, chez nous, à en croire la carte Hoptkins, ce nombre n’évolue pas et reste bloqué à 12 depuis plusieurs jours.
    serions nous si nuls que ça ?

  2. Jean Pierre Dickès says:

    Suite à la découverte de chercheurs Belges sur les effets in-vitro de la Chloroquine lors de l’épidémie de H5N1, n’ayant pu être vérifiée in-vivo à l’époque, et à la vingtaine d’essais prometteurs en Chine, Le Pr Raoult à Marseille crie partout qu’il faut l’utiliser, avec peu d’écoute. Ce traitement n’a pas été retenu par l’OMS dans les 20 protocoles. Le Pr Raoult a donc décidé d’en faire son affaire, il y a 8 jours il décidait de traiter 24 patients. Il vient de publier ses premiers résultats. Après 6 jours, 75% des patients n’étaient plus porteurs du virus (contre 10% seulement dans une évolution naturelle), et sur les 25% restants, la charge est plus basse chez ceux qui ont eu un antibiotique associé. Selon un spécialiste de santé publique, « En l’absence de données cliniques solides et publiques, on ne peut pas en déduire une preuve d’efficacité, ni des recommandations ». Mr Raoult, malgré son poste et sa notoriété serait un amateur et il nous faudrait suivre ceux qui savent faire, et qui nous donneront les résultats de leurs études officielles et bien respectueuses des protocoles après la fin de l’épidémie, sans oublier de sacrifier un groupe placebo. Quot du Med 17/03/2020

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