
Origine de la fête nationale de Jeanne d’Arc et du patriotisme

Joseph Fabre, écrivain et historien, a écrit plusieurs livres sur la sainte de la patrie dont le Procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc, raconté et traduit d’après les textes en latin officiels en 1913[1].
En tant que député de gauche en 1884, puis en tant que sénateur en 1894, alors que l’honnêteté intellectuelle prévalait encore sur les ambitions idéologiques, Joseph Fabre, est le premier homme politique à avoir déposé une proposition d’instituer une fête nationale en l’honneur de Jeanne d’Arc, en tant que fille du peuple.
L’objectif de la gauche en exaltant l’héroïsme de la sainte était de rassembler des citoyens divisés au profit de la République.
Bien que soutenu par des républicains radicaux, les députés ne ratifièrent pas ce texte, par crainte d’un potentiel rayonnement catholique et contre-révolutionnaire qui pourrait conduire la fête en l’honneur de Jeanne d’Arc à supplanter « la fête des Assassins » du 14 Juillet.
La canonisation de Sainte Jeanne d’Arc proclamée par le pape Benoît XV le 16 Mai 1920 fut porteuse de grâces pour la France même laïque et républicaine.


En effet, le 24 Juin 1920 la proposition d’instaurer une fête nationale de Jeanne d’Arc et du patriotisme du député nationaliste lorrain Maurice Barrès est adoptée à l’unanimité par la Chambre des députés et le Sénat.
Nous partageons avec vous cet extrait de son vibrant discours qui prouve s’il le fallait encore, que la mission unificatrice de Sainte Jeanne d’Arc est d’une grande actualité :
« Il n’y a pas un Français, quelle que soit son opinion religieuse, politique ou philosophique, dont Jeanne d’Arc ne satisfasse les vénérations profondes. Chacun de nous peut personnifier en elle son idéal. Êtes-vous catholique ? C’est une martyre et une sainte, que l’Église vient de mettre sur les autels. Êtes-vous royaliste ?
C’est l’héroïne qui a fait consacrer le fils de Saint Louis par le sacrement gallican de Reims. Rejetez-vous le surnaturel ? Jamais personne ne fut aussi réaliste que cette mystique ; elle est pratique, frondeuse et goguenarde, comme le soldat de toutes nos épopées… Pour les républicains, c’est l’enfant du peuple qui dépasse en magnanimité toutes les grandeurs établies. […]
Enfin les socialistes ne peuvent oublier qu’elle disait : “J’ai été envoyée pour la consolation des pauvres et des malheureux.” Ainsi tous les partis peuvent réclamer Jeanne d’Arc. Mais elle les dépasse tous. Nul ne peut la confisquer. C’est autour de sa bannière que peut s’accomplir aujourd’hui, comme il y a cinq siècles, le miracle de la réconciliation nationale. » (Maurice Barrès, le 14 avril 1920).
Sainte Jeanne d’Arc en 2026, dont l’exemple est aussi nécessaire que son intercession, voit son message instrumentalisé par des élus républicains et des pseudos libres-penseurs qui prennent grand soin d’effacer l’aspect surnaturel de sa mission, pour n’en garder que la partie politique et militaire.
De cette manière, ils empêchent la transmission à la jeunesse de France scolarisée à l’école publique, de la plus grande leçon de l’épopée johannique à savoir que toute grande action ne peut être menée qu’avec la Foi qui seule permet d’aller jusqu’au sacrifice ultime, pour le bien commun et le salut de la France sur laquelle le Christ veut régner en tant que fille aînée de l’Eglise.
Ce Dimanche 10 Mai nous invitons tous nos lecteurs fidèles à Dieu et à la France éternelle, à rejoindre les hommages rendus dans leur ville ou leur région tant par les autorités civiles et politiques que par les associations du camp national.
Nous les invitons aussi, s’il se peut, à se rendre au pied de toute statue ou de tout monument érigé en l’honneur de Sainte Jeanne d’Arc afin de lui adresser notre reconnaissance par notre présence, nos prières, nos chants patriotiques et nos fleurs fussent-elles glanées dans les champs.
Dispositions et sens de cette fête nationale
La Fête nationale de Jeanne d’Arc et du patriotisme doit se tenir le second dimanche de mai.
Elle fut instaurée par la loi du 10 Juillet 1920 dont voici la publication au Journal officiel datant du 14 Juillet 1920 [2] :

Actualités de cette fête et controverses politiques
En 2023 alors que plusieurs hommages de mouvements conservateurs avaient été interdits pour des motifs discutables, le député macroniste Renaissance Benoît Bordat s’offusquait dans une question écrite à la secrétaire d’État auprès du ministre des armées, chargée des anciens combattants et de la mémoire, de ce que cette fête soit encore au calendrier officiel républicain et en demandait carrément la suppression.
Si on peut regretter que le ministère en question cite Joseph Favre et non Maurice Barrès à l’origine de la fête du patriotisme, et qu’il semble réserver le droit de déposer des gerbes de fleurs aux seuls représentants de l’état, sa réponse affirme toutefois clairement la volonté du gouvernement de maintenir cette fête trans-partisane et qualifie la mémoire de Sainte Jeanne d’Arc de patrimoine de tous les Français.
La preuve que notre patrimoine immatériel, cousu des larmes et du sang de nos héros et de nos saints, ainsi que l’âme française, sont des réalités invisibles que mêmes les plus laïcs et les plus anticléricaux sont bien obligés de reconnaître.
Cassandre Fristot
[1] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k551683.texteImage
[2] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64762383/f2.item.zoom
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