C’est bien tard mais mieux que rien : le gouvernement italien donne son feu vert à la mission qui permettra aux navires de la marine italienne de venir en aide aux gardes-côtes de Tripoli.

C’est une première qui met fin à l’inaction qui jusqu’à hier était le propre de la politique italienne en matière de lutte contre le trafic de migrants.

Hier vendredi 28 juillet, le conseil des ministres italiens a donc approuvé la délibération sur la mission de support aux gardes-côtes libyennes « pour les activités de contrôle et de lutte contre l’immigration illégale ». De cette manière Rome répond aussi à l’interventionnisme suspect de la France en Afrique du Nord : le président Macron travaille en effet à y poser les bases d’une tutelle française en vue de intérêts économiques et politiques de son pays qui laisserait à l’Italie les soi-disant « réfugiés » et donnerait à la France le pétrole et le gaz libyens ! En Italie certains se demandent même si Macron, se prenant pour un nouveau Napoléon, ne veut pas agrandir ainsi sa sphère d’influence en Afrique en faisant de la Libye, ancienne colonie italienne, la chasse-gardée des Français.

Les relations entre l’Italie et la France, sur le dossier libyen, sont donc tendues et se sont détériorées dernièrement : le 25 juillet dernier, l’Italie n’a pas été conviée au sommet tripartite consacré à la Libye organisé par le staff d’Emmanuel Macron et qui a eu lieu à la Celle-Saint-Cloud en France. L’absence de l’Italie à ce colloque auquel assistaient le président du Conseil présidentiel de Tripoli, Fayez Serraj, le commandant de l’Armée nationale libyenne, Khalifa Haftar et le président de la République française Macron, témoigne d’un manque de coopération de la part de Paris avec l’Italie, ce qui préoccupe Rome, en première ligne face à l’invasion migratoire et qui a peur de perdre son leadership historique en Libye au profit de la France.

Cette mission italienne dans les eaux territoriales libyennes devrait permettre à l’Italie de reprendre en main le dossier libyen. Elle est décrite par le gouvernement italien de Gentiloni comme « un pas vers la stabilité de la Libye » et qui « peut être une importante contribution non seulement pour lutter contre le trafic d’êtres humains mais aussi pour gérer les flux migratoires ».

Francesca de Villasmundo

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