L’immigration massive a parfois des conséquences inattendues. Pour la première fois depuis 1996, la population de l’Allemagne a évolué de manière plus favorable que la population française. Elle a en effet augmenté de 430 000 habitants entre le 31/12/2013 et le 31/12/2014 (de 80 767 500 habitants à 81 197 500), soit davantage que la population de la France métropolitaine (284 000 habitants supplémentaires) qui est passée de 63,920 millions d’habitants à 64,204 millions sur la même période.

De 1988 à 1996, la même cause avait produit les mêmes effets: c’est l’immigration massive subie par l’Allemagne qui faisait progresser sa population plus vite que la population française. En effet, la France avait à l’époque un solde migratoire nettement moins important que celui de l’Allemagne. C’est à nouveau le cas depuis 2010, c’est-à-dire depuis que l’Allemagne a retrouvé un solde migratoire nettement (et de plus en plus) positif.
Si cela reporte dans le temps un éventuel rattrapage de la population allemande par la population française et rend même ce rattrapage douteux (ce qui n’était guère prévisible jusqu’en 2011 inclus), il pose et va poser des problèmes économiques, sociaux et politiques majeurs à l’Allemagne.
Des problèmes économiques, car l’accueil matériel des migrants coûte cher (même lorsque les migrants sont de bonne volonté), ainsi que leur formation (ne serait-ce que l’apprentissage de l’allemand) et leur santé.
Des problèmes sociaux, car tous ne partagent pas les valeurs de l’Allemagne, notamment en ce qui concerne le respect de la femme dans la société, mais aussi son modèle économique très organisé. Encore que le scandale de Volkswagen vient d’écorner cette réputation économique.
Des problèmes politiques enfin, car la détérioration des finances de l’Allemagne, déjà bien entamée quoique sa situation soit moins mauvaise que celle de la France, mettra en grand danger son modèle d'”économie sociale de marché” et ce qui lui est lié, à savoir notamment des déficits moins importants et un taux de chômage plus bas qu’en France
Enfin, l’amélioration apparente de la situation démographique allemande risque d’anesthésier le peuple allemand qui se rendra moins compte qu’il est train de disparaitre. Rappelons à ce sujet qu’un indice synthétique de fécondité d’1,38 enfant par femme implique une réduction d’un tiers du nombre de naissances, à chaque génération, soit tous les 30 ans environ. En effet, le seuil de renouvellement des générations est actuellement de 2,07 en Allemagne, d’où 1,38/2,07= 2 tiers. Tout ceci arrivant inéluctablement lorsqu’on suppose un solde migratoire nul parmi les femmes en âge de procréer.
On peut aussi remarquer que les politiques de lutte contre l’immigration excessive ne peuvent réussir sur le long terme que si elles s’accompagnent de mesures en faveur de la famille et de la natalité. Parmi ces mesures, les plus importantes me semblent être les mesures en faveur du logement, de la stabilité de l’emploi et, bien entendu en faveur de la stabilité de la famille (lutte contre le divorce, le concubinage, la contraception et l’avortement). Je n’inclus bien entendu pas dans la contraception l’usage légitime de la régulation naturelle des naissances.
C’est sans doute pour cela que la politique initiale d’Angela Merkel contre l’immigration n’a été appliquée efficacement que de 2006 à 2009, avant d’être abandonnée par la suite.
Il y a toutefois une évolution positive en Allemagne: le nombre de divorces tend à diminuer, quoique de manière irrégulière, depuis 2003. En 11 ans (de 2003 à 2014), il est passé de 213 975 à 166 199 (-22,3%). En 2014, le nombre de divorces représente désormais 43,1% du nombre des mariages contre 55,9% en 2003.

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