Alors qu’’il s’appelait encore le Pakistan oriental, en pleine guerre d’indépendance, le Bangladesh s’était vu attribuer par Jean Raspail dans son prophétique Camp des Saints le nom de « Gange ». Point de départ de la flotte d’invasion. Autant dire qu’à l’époque, les experts étaient très pessimistes sur l’avenir de cet état surpeuplé, à la démographique galopante (6.9 enfants par femmes) et une population qui avait augmenté de plus de 50 % entre 1961 et 1974 pour atteindre 76,4 millions d’habitants. Le Bangladesh, comme le Biafra, était devenu le lieu-commun quand il s’agissait de citer un pays en famine. Dans le sketch des Inconnus « Les Restaurants », le patron gauchiste de la crêperie Kenavo les potos propose ainsi « la crêpe Bangladesh » (« Y’a rien dessus, c’est un hommage »).

Presque 50 ans plus tard, le Bangladesh va mieux. Il est en plein développement économique (il va vraisemblablement faire partie de la future vague de pays émergeants avec le Myanmar, le Cambodge, éventuellement le Laos). L’industrie textile bas de gamme a été massivement délocalisée au Bangladesh, qui en plus a vu son indice de fécondité tomber à 2,3 alors que la population est désormais de 152,5 millions d’habitants. Il a désormais le taux de croissance le plus élevé du monde sur les 5 dernières années, soit 45 %. L’Inde et la Chine sont également à ce niveau. L’Indonésie a eu une croissance de 27 %. 24 % pour le Pakistan. La Corée du Sud est à 22 %. L’Egypte à 18 %, les Etats-Unis à 17 %. L’Allemagne à 15 %, de même que le Royaume-Uni, le Canada à 13 %, la France et l’Italie à 12 %, l’Arabie Saoudite et la Russie à 9 %, le Nigeria à 4 %… Quant au Brésil, il a perdu en 5 ans 1,2 % de PIB.

Hristo XIEP

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