Le gouvernement du nouveau Premier ministre italien est lancé : Giorgia Meloni et ses ministres ont prêté serment devant l’indéboulonnable Président de la République italienne Sergio Mattarella, toujours à la manœuvre

La présidente de Frères d’Italie, le parti qui a remporté les élections, devient ainsi le 31e Premier ministre mais le premier à être une femme. « Je jure d’être fidèle à la République, d’observer loyalement la Constitution et les lois et d’exercer mon mandat et mes fonctions dans l’intérêt exclusif de la nation », a déclaré Giorgia Meloni, émue, répétant la formule standard, la même aussi pour les ministres.

Il y a des signes indéniablement positifs et très innovants dans la naissance du gouvernement Meloni. Tout d’abord la vitesse avec laquelle il a été formé. Les négociations entre les partis de centre-droit, pourtant compliquées et non sans surprises, ont rapidement abouti à une synthèse qui a satisfait tous les acteurs du terrain. Et c’est certainement un mérite du centre-droit, qui le différencie de ceux qui l’ont précédé. Même le chemin qui a conduit à la naissance de gouvernements de solidarité nationale, comme celui dirigé par Draghi, a été parsemé de veto et de négociations épuisantes.

« L’autre signe de bon augure, note le quotidien italien catholique conservateur, LNBQ, est l’originalité des noms de certains ministères, qui se transforment en quelque chose de moins conventionnel et idéologique et décidément plus pragmatique. Quelques exemples : le ministère de l’Éducation, attribué à Giuseppe Valditara, devient le ministère de l’Éducation et du Mérite, comme pour souligner la nécessité de surmonter une idéologie de gauche dévastatrice dans le monde scolaire qui, au fil du temps, a produit l’homologation et l’aplatissement vers le bas, sans améliorer l’excellence et de vraies compétences ; Eugenia Roccella, qui s’est toujours distinguée par sa sensibilité marquée aux principes de la famille naturelle, est désignée pour le nouveau ministère de la famille, de la natalité et de l’égalité des chances.

« Troisième exemple : le ministère de la Transition écologique est annulé, remplacé par un ministère de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, confié à Paolo Zangrillo. En d’autres termes, l’idéologie, ou plutôt l’idolâtrie verte, cède la place à une vision plus équilibrée de la relation entre l’homme et l’environnement, qui prend en compte la nécessité de ne pas trop pénaliser le développement économique et les initiatives entrepreneuriales.

« Quelques défauts ne manquent cependant pas. Le ministère de la Santé est confié à Orazio Schillaci, qui était conseiller du ministre sortant, ayatollah du passe sanitaire, Roberto Speranza. On aurait peut-être pu s’attendre à une plus grande discontinuité, tant dans la gestion de la structure ministérielle que dans les positions sur le Covid, mais évidemment le nouveau titulaire du Ministère devra être évalué sur les faits et sur les choix concrets qu’il fera.

 «Par ailleurs, la suppression de toute référence au numérique apparaît discutable. Qui portera les projets de numérisation initiés jusqu’à présent par Vittorio Colao ? Il est important pour l’Italie de renforcer les infrastructures de réseau et d’assurer une couverture adéquate, d’ici 2026, de l’ensemble du territoire national du côté du haut débit et de l’ultra haut débit. »

Le plus discutable est cependant la nomination au Ministère des Affaires étrangères de l’européiste convaincu, Antonio Tajani, ancien Président du Parlement Européen. Après des jours de débats et de polémiques, le coordinateur national de Forza Italia a été nommé nouveau ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre du gouvernement dirigé par Giorgia Meloni. Et son premier acte à la tête de la Farnesina trace une direction : sa première action en tant que ministre des Affaires étrangères sera « un appel téléphonique à son collègue ukrainien Dmytro Kuleba » pour exprimer « la solidarité et la proximité avec un pays envahi par la Russie qui, avec le soutien de l’Otan et de l’UE, défend son indépendance ». La réaction du Président ukrainien Zelensky ne s’est pas fait attendre :

« Je me réjouis de la poursuite d’une coopération fructueuse pour assurer la paix et la prospérité en Ukraine, en Italie et dans le monde ».

Même Ursula von der Leyen qui avait menacé l’Italie de « représailles » économiques avant ces dernières élections si les Frères d’Italie arrivaient en tête, a envoyé ses félicitations au nouveau gouvernement :

« Prêt à travailler de manière constructive avec Meloni ». Tous les plus hauts responsables de l’UE ont félicité la nouvelle première ministre italienne et son équipe. Des signes qui, en théorie, n’augurent rien de bon mais en réalité il faudra attendre les faits pour juger de ce nouveau gouvernement.

Comme l’écrivait Mgr Viganò le 27 septembre dernier après l’annonce de la victoire de Giorgia Meloni, cette dernière, « ne pourra manquer de prendre en compte le fait que ses électeurs exigent d’elle des choix radicaux, et qu’ils considèrent sa modération préélectorale simplement comme un geste stratégique pour rassurer « les marchés ». Des choix que même beaucoup dans la Lega et dans Forza Italia verraient favorablement, au-delà du zèle vaccinal et du zèle belliciste de tel ou tel parlementaire ou gouverneur ».

A Giorgia Meloni, intronisé Premier ministre, de faire maintenant les bons choix pratiques pour l’Italie et les Italiens, choix qui se conjuguent avec moins d’Union Européenne et plus de souveraineté, moins d’atlantisme et plus de réalisme. Sans eux, elle ne pourra que décevoir les Italiens qui l’ont porté à la tête de l’exécutif italien… et être finalement rejetée.

Francesca de Villasmundo

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