Donald Trump qualifie le Brexit de « bonne chose », l’OTAN d’«obsolète» et la position de Merkel sur les migrants de « catastrophique. » Ces commentaires, inédits chez les présidents américains plongent nos gouvernements européistes dans la consternation. Chez qui vont-ils donc, désormais, pouvoir prendre leurs ordres ?

Quand, dans une interview accordée au journal britannique theTimes et au quotidien allemand Bild, Trump salue la décision de la Grande-Bretagne de quitter l’Union européenne et prédit que d’autres pays suivront, nos gouvernants pro-européens toussent, déjà inquiets qu’ils sont du rapprochement probable de l’administration Trump avec le Kremlin. Un brin gênée, Angela Merkel déclare « Nous, Européens, avons notre destin en main », ajoutant qu’elle fera en sorte que l’UE renforce son économie et lutte contre le terrorisme… Cela sonne comme une parole d’orpheline, peu convaincante.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a franchement avoué que les dirigeants actuels de l’OTAN étaient « stupéfaits » par les remarques de Trump sur l’OTAN. L’interview avait causé « l’étonnement et l’agitation », selon Steinmeier. À Paris, le président François Hollande a déclaré que l’Union européenne n’avait « pas besoin de conseils de l’extérieur ». Au vu de la politique étrangère française de ces dernières années, on se doute que nos gouvernants pro-européistes et pro-migrants n’auront désormais effectivement « plus » recours aux conseils de Washington. 

“L’Europe sera toujours prête à poursuivre la coopération transatlantique, mais elle déterminera son chemin sur la base de ses propres intérêts et valeurs”, a déclaré le président français, lors d’une cérémonie pour l’ambassadrice américaine sortante, Jane Hartley. 
Le seul problème sera de retrouver où sont nos intérêts et nos valeurs. Pourra-t-on encore penser, comme l’ex-ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qu’Al Nosra (Al Qaida) fait du « bon boulot » en Syrie ? Que l’Arabie Saoudite et le Qatar, qui financent le djihadisme international et la radicalisation de nos banlieues, sont nos « amis » ? Que les bosniaques sont forcément moins coupables de crimes de guerre que nos amis et alliés historiques serbes ? Que les chrétiens Francophiles du Liban et de tout le Moyen-Orient peuvent continuer d’être ignorés ? Où est la politique de la France ? Où sont ses valeurs ?
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, répond que “la meilleure réponse” aux propos de Trump est « l’unité des Européens »… Où est l’inspiration, où est la vision de la France ?

Les dernières remarques de Trump ont surtout causé la consternation des membres de l’OTAN situés sur les frontières de l’Est. On peut comprendre leur nervosité face à Moscou, après l’annexion de la Crimée et l’implication russe en Ukraine. Mais, Donald Trump critique l’obsolescence de la doctrine de l’OTAN, née juste après 1945, dans le contexte de la guerre froide. Ensuite, Donald Trump parle chiffres : il a dit qu’il y penserait à deux fois avant d’aider les alliés de l’OTAN si les Etats-Unis n’étaient pas « raisonnablement remboursés » du coût de cette défense. C’est un discours nouveau mais pas irrationnel, du point de vue des contribuables américains. Le chef de l’OTAN, M. Stoltenberg, peut toujours affirmer sa pleine confiance dans l’engagement des Etats-Unis envers l’Europe, il est raisonnable d’en douter. 

Trump a enfin critiqué directement Angela Merkel pour avoir laissé entrer tant de migrants sans papiers en Allemagne, insinuant que cela le risque d’attaques djihadistes en Europe.
« Je pense qu’elle a commis une erreur catastrophique », a-t-il déclaré. Effectivement, venant d’un commentateur de cette importance, c’est embarrassant pour nos gouvernants européistes et favorables à l’arrivée de ces migrants, de ces « nouveaux habitants » de l’Europe, comme ils aiment à les appeler.

Trump menace d’imposer 35 % de taxes aux constructeurs automobiles allemands, comme BMW, qui font construire leurs voitures au Mexique et non aux États-Unis. Pourquoi ce qui devrait être une évidence pour tout gouvernant soucieux des intérêts de son industrie et de ses travailleurs, devient un propos odieux en Europe ?

Le secrétaire d’État américain sortant, John Kerry, a cru devoir déclarer qu’il était « inapproprié » pour Donald Trump de s’immiscer directement dans la politique d’un autre pays. Donc, quand le président sortant, Barack Obama, déclare, lors de sa visite d’adieu à Berlin, que la chancelière Angela Merkel avait été une partenaire « extraordinaire » et que s’il était allemand, il pourrait la soutenir si elle se représentait aux élections, ce n’est pas « inapproprié ». 

Heureusement, Angela, François et les autres le savent bien ; Washington n’est pas le centre de commandement américain, c’est Wall Street.

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