
L’utilisation profanatoire d’églises parisiennes pour la programmation de la Nuit Blanche (dont la direction artistique avait été confiée à Barbara Butch), et l’action d’une cinquantaine de catholiques qui a conduit six d’entre eux à subir 44 heures de garde à vue avant d’être libérés avec un classement sans suite, continuent de susciter des réactions. Nous avons reçus ce courrier de Thibault Barge, père de famille nombreuse, placé en garde à vue avec son fils aîné pour avoir prié le chapelet. Ce courrier est une leçon de Foi et de charité.
Pierre-Alain Depauw
Pour l’honneur de Dieu
Il y a une semaine, j’allais passer ma deuxième nuit en cellule ainsi que 5 camarades pour avoir protesté par la prière à la profanation de l’église Saint-Laurent dans le 10e. Désormais libres et lavés des accusations qui pesaient sur nous, j’ai suivi les différentes réactions que notre action a suscitées et je ne peux aujourd’hui m’empêcher d’y répondre.
À l’intention de monseigneur Ulrich
Votre excellence Monseigneur Ulrich, archevêque de Paris, votre titre prestigieux et la lourde charge qui en découle vous donne autant de grâce d’état nécessaire pour accomplir pleinement et saintement votre mission. Vous devrez un jour rendre compte de votre gestion devant le Souverain Juge et je crains que de graves désordres s’accumulent dans votre diocèse. Votre silence ne vous exonère pas des fautes comme l’autruche cachant sa tête dans le sable ne l’exonère du danger. Permettre l’ouverture de vos églises, maisons de Dieu, pour des spectacles profanes, comme de vulgaires médiathèques, est une insulte au Saint Mystère qui s’y déroule habituellement.
Ces magnifiques édifices ont été bâtis par des artisans qui avaient la foi chevillée au cœur, recherchant l’excellence pour l’honneur et par déférence envers Dieu qui allait prendre possession des lieux. Ces églises ont vu des milliers de messes, baptêmes, de communions, mariages, enterrements. Ces murs ont entendu des millions de confessions, de supplications, des souhaits, des promesses, toutes tournées vers Dieu et le salut des âmes.
Comment permettre leur utilisation comme salles des fêtes, alors même que les règles de l’Église l’interdisent à juste titre ? C’est pour le catholique que je suis une grande incompréhension. Un péché public demande une réparation publique. Nous avons payé d’un peu de notre liberté la défense de ces lieux saints. Pour l’honneur de Dieu et le salut de votre âme vous devriez réparer publiquement l’utilisation profane de Ses églises, leur rendre leur but premier et unique qui est le culte que la créature doit à son créateur. Je vous le demande sans provocation ni animosité mais avec la charité d’un croyant qui en voit un autre (du moins je l’espère) s’égarer.
Je profite de ces quelques lignes pour vous supplier également de vous opposer de toute la puissance de votre charge et de la force de votre foi au changement des vitraux de Notre-Dame, l’artiste et les représentations choisies sont parfaitement déplacées pour s’inscrire dans ce joyau de la Chrétienté.
À l’intention de monsieur l’abbé Paul Dolier, curé de l’église Saint-Laurent
Faisant partie des catholiques venus prier dans votre église le samedi 6 juin, puis des interpellés qui ne pouvaient se résoudre à laisser votre belle église sous le patronage d’un si grand martyr de la foi être profanée, j’ai lu avec attention votre communiqué. Je voudrais y répondre sur quelques points.
La proposition qui vous a été faite et que vous relatez dans votre lettre était tournée malignement pour vous piéger et vous contraindre à accepter ce qu’il me semble que vous aviez commencé par refuser. Ayant perdu l’habitude d’affirmer sa foi, ses dogmes, ses principes pour une « ouverture » au monde mal comprise, l’Église catholique contemporaine par les choix de son ministre ne s’est pas sentie capable « d’être fermée » à l’art contemporain. Il suffisait simplement de rappeler avec charité et bienveillance qu’une église est la maison de Dieu et que c’est son unique affectation, témoignage de la foi dans les saintes espèces qui s’y trouvent.
Vous déclarez que l’oeuvre était respectueuse des lieux, j’invite tous les lecteurs honnêtes à rechercher les images de cette « performance » et à se faire leur propre idée. De ce que j’ai vu en sortant de cellule, il y avait une ambiance lugubre et glauque parfaitement déplacée dans une église. Vous soulignez également qu’il n’y avait pas de blasphème comme si cela autorisait de facto le reste.
D’ailleurs pour ce qui est du blasphème, l’organisatrice de cette soirée a déjà montré qu’elle pouvait s’en donner à cœur joie et ne présageait rien de bon sur ce qui allait se passer dans vos chapelles. Au vu des différents spectacles ces craintes se sont révélées malheureusement parfaitement justifiées.
J’ai eu 44 heures pour méditer sur ce qui avait pu vous motiver à accueillir ces prestations, l’argument d’accueillir un public différent ne m’a donc pas surpris sous votre plume. Je ne partage pas du tout votre avis. En effet un public différent de vos paroissiens à franchi les portes de votre église mais qu’y ont-ils découvert ? Une paroisse vivante, confiante dans sa foi, proposant un enseignement et des réponses aux turpitudes du monde actuel ? Non, ils ont vu une église vide, qui avait fait la place à une œuvre profane, repoussée sur les extrémités, dominée par le son et l’image, timide et apeurée, un lieu dont le propriétaire légitime semblait y avoir été chassé.Les plus militants de vos visiteurs y sont venus en conquérants, pas en recherche de vérité, les quelques badauds qui s’y sont présentés n’y ont certainement pas vu un appel à la foi ou au sacré car ces deux choses semblaient avoir déserté les lieux.
Nous ne sommes pas venus défendre un édifice de pierre mais rendre témoignage de notre foi, il n’y a pas de timidité chez nous, nous sommes venus à visage découvert, le chapelet à la main pour l’honneur de Dieu et de l’église.
Pour finir il n’y a pas de dichotomie entre réclamer que les églises restent les maisons de Dieu et « prendre concrètement en charge ceux qui croisent notre route, dans leurs besoins matériels et spirituels ».
Vous pouvez nous concéder que nous sommes des catholiques convaincus et que notre ferveur ne s’arrête pas à tenter de stopper des profanations.À l’intention des catholiques sincères
Une cinquantaine de fidèles pour défendre les maisons de Dieu, cela semble un peu dérisoire. Cependant le torrent de messages ou de témoignages de soutien est le signe que cette torpeur pourrait vite s’estomper. Si nous avons pu être l’humble instrument du Bon Dieu pour réveiller un peu son troupeau, Deo gratias !
Gageons que les prochains assauts du Prince de ce monde contre l’Eglise de Notre Seigneur Jésus-Christ verront se mobiliser un nombre plus important de courageux catholiques avec quelques aumôniers.
Que tous les « influenceurs » de la sphère catholique se fassent l’écho de ce genre d’événements en plus de l’excellent travail qu’ils réalisent déjà au quotidien, peu importe de qui vient le premier coup de semonce, afin de faire bloc pour défendre l’honneur de Dieu.
À l’intention des élus, médias ou journalistes qui se sont répandus en calomnies, mensonges et récits partisans
« Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose. »
Après nous avoir affublés de tous les sobriquets infamants de la société moderne, après avoir fabulé des agressions sur des élus, permettant de répandre vos mensonges avec plus de facilité, de vendre quelques articles et de nous conserver en cellules, il s’est trouvé que malgré toutes les vidéos et les personnes présentes l’ensemble de ses accusations est tombé à l’eau.Vous nous accusez de violences, nous qui sommes venus avec le chapelet. Vous nous accusez de haine, nous qui sommes venus pour prier. Ce n’est pas une quelconque haine qui nous anime mais un amour sincère de la vérité et l’espérance de transmettre la Bonne Nouvelle que nous avons reçue, source de notre paix, de notre joie et de notre détermination.
Le visage de la haine était cependant bien présent mais pas du côté des jeunes catholiques qui tentaient de conserver l’utilisation cultuelle d’un lieu de culte. À l’image du maire d’Ivry-sur-Seine ne maîtrisant plus ses nerfs devant un crucifix, vos visages ne reflétaient pas vraiment la tolérance et l’ouverture à tous, que vous avez sans cesse à la bouche. Pour réagir comme cela devant un chapelet ou un je vous salue Marie, je vous conseille de consulter un prêtre exorciste, ce qui pourrait vous être d’un grand secour.
En vérité, ce qui vous rend fou, c’est que vous sentez que votre monde arrive au bout de ses contradictions. Malgré tous vos efforts, il y a un vrai retour à la foi antidote splendide à votre société nihiliste gavée d’antidépresseurs, de drogue, de psy, de culture de mort et d’égoïsme.
Vous parlez de cancel culture mais ce qui soutient vos œuvres et vos journaux ce ne sont ni les spectateurs ni les lecteurs mais les subventions. Faisons un rêve, coupons les subventions à la presse et à l’art, revenons au choix du public et au mécénat. Que restera-t-il dans 6 mois de votre sphère culturelle ? Une banane scotchée à un mur face à Michel-Ange, le tissu sonore Sous la peau du ciel face à Mozart ? La tribune pour légaliser la pédophilie de Libération contre la libre parole de Rivarol ? Comme dirait l’autre, « la question, elle est vite répondue » !
Notre foi n’est pas un simple vernis culturel ou identitaire mais elle est inscrite au plus profond de nos âmes. Dans la bataille eschatologique, nous avons résolument choisi notre camp qui est celui du Christ. « Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie». Vous y êtes appelés également.
Thibault Barge
Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !





