Après l’attentat du pont de Crimée, la Russie a haussé le ton contre l’Ukraine : sa riposte via de bombardements sur des infrastructures stratégiques ukrainiennes montre qu’elle a encore bien des ressources et qu’elle n’est pas prête à perdre cette « opération militaire spéciale » dans les régions russophones de l’Est.

Une riposte qui entraine des rebondissements en Occident.

Pour le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg, la victoire de la Russie dans le conflit en Ukraine signera une défaite de l’Otan. C’est ce qu’il a déclaré mardi dernier à une conférence de presse précédant la réunion des ministres de la Défense des pays de l’Alliance, qui a lieu le 12 et le 13 octobre à Bruxelles. « C’est l’Ukraine qui doit gagner. Parce que si c’est Poutine qui gagne, ce sera une grande défaite pour l’Ukraine, mais aussi une défaite pour nous tous, car cela rendra le monde plus dangereux et plus vulnérable face à l’agression russe », estime-t-il.

Du côté ukrainien, le président Zelensky a affirmé que son pays n’était pas intimidé. « L’Ukraine ne peut pas être intimidée. Elle ne peut être que d’autant plus unie. L’Ukraine ne peut pas être stoppée » a-t-il affirmé, ajoutant que des combats douloureux attendaient encore la Russie.

Mais, derrière ses fanfaronnades du camp du Bien, certaines tractives pour ouvrir à nouveau la voie diplomatique au conflit voient le jour.

Etats-Unis, Russie, Turquie, les propositions de rencontre sous couvert sont lancées.

Vladimir Poutine semble ouvert à une rencontre avec Joe Biden, mais le président américain se retient en disant qu’il n’a pas l’intention de le voir en marge du G20, même s’il pourrait évaluer la possibilité selon le sujet.

Pendant ce temps, le chef du Kremlin voit Erdogan pour parler de paix.

N’excluant pas la possibilité d’un face à face entre les dirigeants russe et américain lors du sommet en Indonésie, le ministre des Affaires étrangères de Moscou, Serghei Lavrov, a d’abord déclaré : « Nous avons dit à plusieurs reprises que nous ne refusons jamais d’organiser des réunions. Si une proposition nous est faite, nous la prendrons en considération », a-t-il expliqué, précisant ainsi qu’il est prêt à envisager une éventuelle proposition de rendez-vous si elle est transmise.

Au cours d’un entretien exclusif avec CNN, si Biden a pourtant semblé écarter l’hypothèse de négociations il a utilisé la seule arme à sa disposition pour ouvrir la possibilité d’une rencontre avec Poutine, la variable Brittney Griner, une citoyenne américaine depuis quelque temps emprisonnée en Russie pour possession de drogue et depuis des mois au centre d’une intense activité diplomatique pour la ramener à domicile :

« Je n’ai pas l’intention de le rencontrer, mais par exemple s’il venait me voir au G20 et me disait qu’il voulait parler de la libération de Brittany Griner », l’Américaine en prison en Russie, « je le rencontrerais. Ça dépend. Cela dépendrait précisément de ce dont vous voulez discuter ». En tout cas, le locataire de la Maison Blanche a clairement fait savoir qu’il n’avait « aucune intention de négocier, et personne n’est prêt à le faire, avec la Russie sur son séjour en Ukraine, sur le maintien d’une partie de l’Ukraine ». Rappelant que les négociations pour une solution à la guerre doivent impliquer Kiev : « Rien sur l’Ukraine sans l’Ukraine ». Biden, à juste titre, a déclaré que les Russes devaient faire la paix avec Kiev mais en réalité ce n’est pas vrai, c’est avec Washington, mais il faut dire le contraire, pour les opinions publiques.

Le fait est que, si les deux présidents se rencontraient, cela se traduirait par une ouverture diplomatique évidente des États-Unis, en contraste frappant avec l’insistance monomaniaque actuelle sur les armes à Kiev et la volonté d’isoler Vladimir Poutine. Et ce pourrait être une bonne occasion d’ouvrir un canal de dialogue secret entre les deux présidents sur la crise ukrainienne.

Quelques heures après la diffusion de l’interview, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, est revenu sur la question en déclarant : « Pour autant que je sache, ni la partie russe ni la partie américaine n’ont pris de mesures pour organiser des contacts bilatéraux au plus haut niveau ».

« Nous ne refusons jamais des négociations ou d’autres contacts internationaux utiles. Nous ne retirons jamais une main tendue. Mais si nous entendons et comprenons qu’un partenaire ne veut pas nous rencontrer pour une raison ou une autre, nous ne nous imposons pas », a déclaré le conseiller diplomatique du Kremlin Iouri Ouchakov.

Pendant ce temps, Poutine rencontre aujourd’hui le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan à Astana, au Kazakhstan. « Nous voulons garder la porte de la diplomatie ouverte – a expliqué le porte-parole d’Erdogan, Ibrahim Kalin – Ceux qui croient qu’il n’y a plus de raison pour la diplomatie ont souvent tort, alors qu’au contraire cela devient encore plus important dans des moments comme ceux-ci, quand la guerre fait rage. »

Le conseiller diplomatique du Kremlin, Ouchakov, a expliqué qu’il s’attendait à ce qu’Erdogan fasse à Poutine une proposition concrète de médiation sur le conflit en Ukraine. « S’il doit y avoir des contacts (entre Moscou et Kiev), ils auront lieu sur le territoire turc », a-t-il ajouté, disant s’attendre à une « rencontre intéressante et, espérons-le, utile. » Alors que sur le refus du président ukrainien Volodymyr Zelensky de négocier avec le président russe, Ouchakov a déclaré : « Ne jamais dire jamais ».

On s’attend également à ce que le dirigeant d’Ankara présente ses propositions sur les formats d’éventuelles négociations entre Moscou et l’Occident.

Pendant ce temps-là pour certain acteur devenu président, tout ce drame reste du cinéma, pour d’autres c’est la guerre… Jusqu’au dernier ukrainien ? Non, il restera toujours l’hologramme Zelensky…

Francesca de Villasmundo

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