Le sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE), Boomer en argot militaire américain, est un sous-marin a propulsion nucléaire et qui a la capacité de lancer des missiles nucléaires sur des villes ennemies. Il ne faut pas confondre avec le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA), à propulsion nucléaire mais à vocation de couler les autres navires. Pour ajouter à la confusion, certains SNA peuvent tirer des missiles de croisière (SSGN), y compris des missiles nucléaires tactiques servant à atteindre des cibles militaires (forte concentration de navires, troupes au sol).

Au 16 septembre 2018, il y a SNLE en service dans le monde, soit de que le dernier pointage que nous avions fait dans un article précédent (daté du 26 avril 2017). Les Etats-Unis ont toujours leurs 14 SNLE de classe Ohio, tous mis en service entre 1981 et 1997 : Henry M. Jackson, Alabama, Alaska, Nevada, Tennessee, Pennsylvania, West Virginia, Kentucky, Maryland, Nebraska, Rhode Island, Maine, Wyoming et Louisiane. 4 sous-marins de cette classe ont été transformés en 2002 et revenus en service actif en 2008 en tant que SSGN : Ohio, Michigan, Georgia, Florida. Il s’agit des seuls SSGN de la flotte américaine en service aujourd’hui et avant leur transformation, il n’y a eu en tout et pour tout qu’un seul SSGN dans la marine américaine, le Halibut, en service en tant que tel de 1960 à 1965. Au total 60 SNLE ont servi dans la marine américaine, aucun n’est en chantier. Les Ohio seront retirés du service en 2029 où ils seront progressivement remplacés par la classe Columbia actuellement à l’étude ou par une version SNLE des SNA de classe Virginia.

La Russie, contrairement aux Etats-Unis, construit encore des SNLE pour remplacer les navires datant de l’ère soviétique. Par rapport à 2017, le Sviatoï Gueorgui Pobedonosets et le Polosk (improprement nommé Petrotavlovsk dans l’article susnommé, le Petrotavlovsk ayant été ferraillé en 2010) de classe Kalmar (Delta III selon le code OTAN) ont été retirés du service. Le nombre de SNLE russe n’est donc plus que de 12, à savoir : 1 de classe Kalmar (Riazan) ; 6 de classe Delfin, Delta IV selon le code OTAN (Briansk, Ekaterinbourg, Karelia, Novomoskovsk, Toula, Verkhotourié) ; 1 de classe Akula, Typhoon selon le code OTAN (Dimitri Donskoï) et 4 de classe Borei, Dolgoruliy selon le code OTAN (Iouri Dolgorouki, Alexandr Nevski, Vladimir Monomakh, Knyaz Vladimir). 2 SNLE de classe Akula sont en réserve (Arkhangelsk, Severstal), mais comme ils le sont depuis respectivement 12 et 14 ans, leur capacité à reprendre la mer est douteuse). 4 SNLE de classe Borei sont en construction : le Knyaz Oleg, le Generalissimus Suvorov, le Imperator Aleksandr III et le Knyaz Pozharskiy.

La Chine compte deux SNLE de plus. Seul pays du monde avec la Corée du Nord, qui dissimule le nom de ses navires, on ne sait pas grand-chose du programme chinois, si ce n’est que 6 SNLE sont en service, 1 du Type 092, Xia selon le code OTAN (406), le seul de son espèce, et 5 du Type 094 (Jin selon le code OTAN) plus 3 en chantier. Les Chinois planchent actuellement sur la prochaine classe, le Type 096. La Chine n’a pas eu d’autres SNLE que ceux-là, même si des rumeurs circulent qu’un second Xia mis en service en 1982 aurait accidentellement coulé en 1985.

La France a toujours ses 4 SNLE de la classe Triomphant (Le Triomphant, Le Téméraire, Le Vigilant et Le Terrible), qui ont remplacé les 6 SNLE de classe Redoutable (Le Redoutable, le Terrible, Foudroyant, L’indomptable, le Tonnant, l’Inflexible), la France ayant donc eu 10 SNLE dans son histoire.

Le Royaume-Uni en compte également 4 de la classe Vanguard, (Vanguard, Victorious, Vigilant, Vengeance), qui ont succédés à la classe Resolution, qui comptait également 4 navires. Le Vanguard va être retiré du service en 2019 et remplacé par un nouveau SNLE d’une nouvelle classe, le Dreadnought.

L’Inde compte 2 SNLE de la classe Arihant, soit un de plus qu’en 2017. En effet, le second navire de cette classe, le Arighat, termine ses essais en mer et sera opérationnel dans quelques semaines, un troisième navire (le Aridhaman ?) étant en construction.

La Corée du Nord compterait 1 SNLE de la classe Sinpo, enfin plutôt un SDLE (sous-marin diesel lanceur d’engin), dont 5 seraient actuellement en chantier et qui aurait lancé un missile d’essai en août 2016. Dans l’histoire, seule l’URSS avait des SDLE, a savoir les classes Golf et Zulu.

En ce qui concerne les SSGN, nous avons vu que les Américains en possédait 4. Ils font pendant aux navires russes de ce type, qui en comptent 8 en service :  6 de classe Oscar (Voronezh, Smolensk, Tver, Orel, Omsk, Tomsk), 2 en modernisation (Chelyabinsk, Irkutsk) et 2 en chantier (Volgograd, Barnaul) ; 2 de classe Yasen (Severodvinsk, Kazan), plus 5 en construction ; 5 de classe Shchuka (Pantera, Tigr, Gepard, Kuzbass plus 1 loué à l’Inde – Nerpa, devenu le Chakra – ), plus 8 en modernisation (Samara, Vepr, Bratsk, Leopard, Volk, Magadan) dont 2 pour être loués à l’Inde (Iribis, Kashalot).

Hristo XIEP

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Un commentaire

  1. Daniel Daflon says:

    Les coques des SNLE ex soviétiques sont en titane, un métal plus léger (presque 2 fois plus) et plus résistant à la pression que l’acier. Les bielles des moteurs de compétition sont façonnées dans ce métal, ce qui les rend plus légères et plus résistantes à la pression que l’acier.
    Il résiste aussi très bien à la corrosion en milieu marin.
    Pour ces raisons, certaines montures de lunettes sont fabriquées dans ce métal, ce qui m’a donné l’idée d’entrer en négociations pour racheter les coques des vieux sous marins à Vladimir Poutine afin de revendre le métal à Alain Affreuloup.