C’est solide un pétrolier ! Le navire de guerre norvégien Helge Ingstad l’a appris à ses dépens. Cette frégate de lutte anti-sous-marine a été percutée dans la nuit du 7 au 8 novembre par le pétrolier maltais Sola TS au large du fjord Hjeltefjord près de Bergen, alors que le pétrolier venait de quitter son escale norvégienne de Stura le 6 novembre à 23h12.

Alors qu’elle prenait part aux exercices de l’OTAN Trident Juncture 18 au sein du au sein du Standing NATO Maritime Group 1, elle a percuté le navire, accident faisant au moins sept blessés légers parmi les marins norvégiens. Le choc a provoqué une importante voie d’eau, au point que l’évacuation de l’ensemble de l’équipage (137 marins) et l’abandon du navire a été décidée, la frégate prenant beaucoup de gîte par l’arrière, l’eau atteignant la piste d’hélicoptère et perforant la citerne de carburant du navire. Malgré la mobilisation de tous les moyens disponibles de la marine norvégienne, les câbles de fixations du navire se sont rompus et la frégate s’est enfoncée dans l’eau. Le 13 novembre, elle était considérée comme coulée, il ne restait plus d’émergé que sommet de son mât ainsi qu’une petite partie de la poupe. Le pétrolier, lui, est arrivée au même moment à bon port, remorqué jusqu’au Tetney Terminal, dans l’estuaire de l’Humber, à 8h47, d’où il est reparti à 23h59 le 17 novembre pour sa nouvelle destination, le port polonais de Gdansk.

L’amiral Nils Andreas Stensønes, chef d’état a sobrement déclaré : « C’est très dur de perdre un navire », navire qui était l’une des 11 frégates, le navire le plus gros de la marine norvégienne. La dernière fois que la marine royale avait perdu un navire, c’était il y a 16 ans presque jour pour jour, quand le dragueur de mines Orkia coula suite à un incendie le 19 novembre 2002. Le dernier navire de guerre coulé en temps de guerre fut la corvette Tunsberg Castle, cédée par le Royaume-Uni, qui a sauté sur une mine le 12 décembre 1944.

Ce naufrage suscite l’incompréhension : pourquoi ce navire militaire est entré en collision avec un pétrolier de 62.000 tonnes, alors que les conditions météorologiques étaient bonnes et que ses radars et autres capteurs étaient, a priori du moins, en parfait état de marche. Est-ce la raison pour laquelle elle a ignoré les avertissements radio du pétrolier, lesquels ont été attestés par les enregistrements auxquels un quotidien norvégien a eu accès ? En outre, les images radar semblent indiquer que le KNM Helge Ingstad naviguait à une vitesse élevée avant le choc…

Le navire coulé était une frégate lance-missile de 5.290 tonnes, mise en service le 29 septembre 2009 après 3 ans de construction dans les chantiers navals espagnols Navantia, à Ferrol. Sous le numéro de coque F-313, il fut le 4e navire de la classe Nansen, qui en comprend 5, et son tous nommés d’après des explorateurs norvégiens. Frégate multi-rôles – la nouvelle génération – de 134 mètres de long pour 16,8 de large, elle avait une vitesse de pointe de 50 km/h (27 nœuds) et était équipée de La frégate est dotée de trente-deux missiles anti-aériens RIM-162 ESSM de 50 kilomètres de portée (0.8 million de $ pièce), de huit missiles antinavires légers Naval Strike Missile (missile norvégien tirant 120 kilos d’explosifs à 185 kilomètres), d’un canon antiaérien italien Otobreda de 76 mm (tire 120 coups à la minute jusqu’à 8 kilomètres), de trois mitrailleuses lourdes françaises Sea Protector, de quatre tubes lance-torpilles britanniques Sting Ray (tire une torpille de 45 kilos d’explosif à 83 km/h jusqu’à 11 kilomètres) et de deux canons à son. L’équipement électronique comprend notamment le système de combat américain Aegis (radar avancé capable de suivre 200 cibles jusqu’à 320 kilomètres).  Elle embarque également un hélicoptère NH90, capable de tirer des missiles tant contre les avions que les navires et les sous-marins, pouvant voler pendant 880 km en combat à 260 km/h. En décembre 2013, cette frégate avait été mobilisée pour escorter les cargos Taiko (norvégien) et Ark Futura (danois), alors chargés des armes chimiques qui, déclarées par le régime syrien, devaient être détruites.

Le pétrolier avec qui la frégate fit collision est le Sola TS, pétrolier de classe Crude Oil Tanker en service depuis 2017, long de 250 mètres et large de 44 et jaugeant 62.557 tonnes à vide et 112.939 tonnes à plein.  Il appartient à la compagnie grecque Aframax et est géré par Tsakos Energy Navigation.

Hristo XIEP

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3 commentaires

  1. Je m en tiens quasi au titre et au debut de l article ,,donc pas de mort ,,otan ,,,gros plaisir pour moi ,,,”Qui prend l epee perira par l epee “ces gens la ,,des assassins en puissance je prefere les voir neutralise avant qu ils tuent “le juste et l innocent “”Enfin une bonne nouvelle .MDR
    une autre fois c etaient des marins pecheurs qui avaient fait les frais de leurs pitreries de criminels .

  2. Daniel Daflon says:

    Comme quoi il n’est plus nécessaire d’avoir des cuirassés pour faire la guerre sur mer : Des gros pétroliers sont suffisants.
    Ceci dit, il y a quand même de quoi être surpris et dubitatif sur les capacités professionnelles de la Marine norvégienne qui, si on en croit cet article, n’a pas vu un bâtiment de soixante mille tonnes et de deux cents cinquante mètres de long, qui, en plus l’a alerté par radio, alors qu’il s’agit d’une frégate dont le rôle est précisément de veiller à la sécurité des côtes norvégiennes en surveillant navires et avions intrus éventuels.
    Je pense que son commandant va devoir attendre longtemps avant de recevoir la médaille de la Marine !

  3. Un clin d’œil de la Grèce qui a si énorme dette vis à vis de l’Europe
    elle vient de mettre quelque s centaines de millions deuros au fond de la mer…

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