Les chiffres quotidiens sur les contaminations, les intubations et les décès provenant d’Italie et d’Espagne sont très inquiétants. Le point commun entre Madrid et Rome ? Des coupes budgétaires drastiques pendant la dernière décennie, aboutissant à un abandon plus ou moins marqué de secteurs vitaux comme la santé. L’Italie affiche le taux de mortalité le plus élevé, suivie par l’Espagne. L’austérité « tue » littéralement des citoyens italiens et espagnols, au nom des équilibres budgétaires imposés par Bruxelles. Cet article vous est proposé par parlorama.eu, le spécialiste de l’UE.

Vers un Italexit à court terme ?

Le fait que l’Europe du Nord résiste à des mesures, même symboliques, en vue d’une réponse fiscale commune à la crise économique dérivée de la pandémie provoque un réel préjudice aux relations entre le nord et le sud de l’Europe. Au moment où l’Italie et l’Espagne ont le plus besoin d’aide et attendent une aide directe du reste de l’Europe, celle-ci se montre incapable de fédérer, arborant à nouveau cette forme de coquille vide.

L’Italie pourrait être contrainte d’accepter des prêts du mécanisme de stabilité européen, mais ceux-ci pourraient être assortis de conditions strictes que le pays ne peut tout simplement pas accepter en l’état actuel des choses. L’Italie et l’Espagne n’oublieront pas de sitôt l’aide qu’elles ont reçue de la Chine et de la Russie, malgré les critiques européennes sur « le risque d’espionnage » conséquent à « l’envoi de militaires russes en Italie ». Les conséquences géopolitiques risquent d’être énormes, surtout lorsque l’on sait que les dirigeants chercheront à canaliser la colère de la population. On parle même d’un Italexit à court terme…

L’exacerbation du scepticisme à l’égard de l’OTAN

Les États-Unis ont été complètement absents de l’arène internationale dans cette crise. Nous sommes loin de l’implication américaine pendant la crise de 2008 sous les présidents Bush et Obama. Le pays se montrait alors particulièrement actif dans la coordination du G20, ainsi que dans les réponses fiscales et monétaires. Le contraste est frappant. Le président Trump n’a aucun intérêt à jouer un rôle de leader, et les Chinois ne se font pas prier pour combler le vide tout en « réécrivant » l’histoire de la pandémie du Covid-19 pour mettre l’accent sur l’aide chinoise aux pays sinistrés.

Il est fort probable qu’une fois cette crise terminée, les relations entre l’Italie d’un côté, et la Russie et la Chine de l’autre, se réchauffent, aboutissant à un scepticisme aigu à l’égard de l’OTAN et de l’alliance atlantique qui a été le fondement de l’ordre international libéral dirigé par les États-Unis.

L’UE a échoué dans sa lutte contre le coronavirus et pourrait ne jamais complètement s’en remettre

Le rythme auquel Covid-19 s’est répandu dans le monde entier a laissé les gouvernements et les institutions internationales paralysés. Mais peu ont connu un coup de fouet aussi fulgurant que celui qui a frappé Bruxelles. L’Union européenne a commencé cette année plutôt revigorée, après un Brexit qui s’est « plutôt bien passé ». Sa nouvelle équipe dirigeante, représentée par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a été redynamisée par la vision de l’UE en tant que leader mondial en matière de durabilité climatique et de normes démocratiques… mais ce n’était qu’une illusion.

Il fallait une pandémie mondiale pour mettre à nu les dysfonctionnements structurels, que d’aucuns jugent irréversibles, d’une organisation supranationale incapable d’aller au-delà de la technocratie. D’une réponse politique lente à la crise à d’âpres querelles internes sur la manière d’atténuer les effets économiques du coronavirus, les États membres de l’UE se sont retournés les uns contre les autres, et contre eux-mêmes. Même si la propagation de la pandémie ralentit et que la vie peut progressivement revenir à la normale, les répercussions des derniers mois se feront sentir pendant des années. L’UE passera très probablement les prochaines années à réfléchir à la manière dont elle a réagi à cette crise, et devra affronter une gronde populaire de plus en plus insistante.

Comme l’a déclaré une source diplomatique à CNN, « une fois que tout cela sera terminé, nous ne pourrons pas tous retourner nous asseoir autour de la table et prétendre que ce n’est pas arrivé ».

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