A l’occasion du jubilé de la Miséricorde selon la mode François, a été décidé la translation de la dépouille mortelle de Padre Pio du 3 au 16 février 2016. Père capucin, Padre Pio de Pietralcina fut un grand confesseur qui passa des heures et des heures dans son confessionnal pour soulager les âmes souffrantes et pénitentes. Il est également le deuxième grand stigmatisé de l’histoire de l’Église après son maître, Saint François d’Assise.

Pour la première fois, son corps quittera donc San Giovanni Rotondo où il repose en paix depuis sa mort le 23 septembre 1968. Il sera exposé deux jours à Rome, dans la basilique Saint Laurent de Verano en compagnie des reliques venant de Padoue de saint Léopold Mandic, autre capucin. A partir du 5 février, la dépouille mortelle sera transférée au Vatican, à la Basilique Saint-Pierre où elle restera jusqu’au 11 au matin. Différentes cérémonies qui seront présidées par la pape François sont prévues.

C’est ensuite dans sa ville natale de Pietralcina que le reliquaire contenant le corps du Padre Pio sera visible et offert à la vénération des fidèles.

Le 14 février, après avoir séjourné quelques heures dans le couvent Sainte-Anne des Frères Mineurs de Fioggia, la dépouille du saint repartira pour les Pouilles, à San Giovanni Rotondo. Là, avant de retourner dans la crypte de l’église à lui dédiée, il demeurera pour deux jours dans l’hôpital fondé par le Padre, la Casa Sollievo della Sofferenza (“la maison pour soulager la souffrance“) pour le plus grand réconfort des patients et du personnel hospitalier.

Padre Pio est un des saints les plus vénérés d’Italie et dans le monde. Le pape François n’a jamais caché sa propre dévotion au capucin stigmatisé. Il est bien malheureux cependant que cette vénération n’incite pourtant pas le Souverain Pontife à imiter le vigoureux refus de Padre Pio envers les nouveautés conciliaires, tant la nouvelle messe que l’aggiornamento de l’Ordre franciscain. 

Les quelques lignes suivantes, écrites par un père capucin d’aujourd’hui, le père Jean, du monastère capucin de Morgon, sont retranscrites pour rappeler le bon combat mené par ce véritable fidèle disciple de Saint François, le vir catholicus,  que cet autre François du XXIe siècle devrait prendre en exemple doctrinal :

Le saint moine envoyé par Dieu comme un signe pour notre temps. Alors que l’on veut nous faire croire à une nouvelle église « charismatique », il est étrange qu’on n’y trouve pas des saints thaumaturges comme ceux que nous rencontrons tout au long de l’histoire de l’Église à partir de la Pentecôte. Padre Pio semble, d’une façon magnifique, clore la longue litanie des saints, étant le seul prêtre qui a reçu les sacrés stigmates de Jésus-Christ.

Il était un modèle de respect et de soumission envers ses supérieurs religieux et ecclésiastiques, spécialement quand il était persécuté. Malgré cela, il ne put rester silencieux devant les déviations qui étaient funestes à l’Église. Avant même la fin du Concile, en février 1965, quelqu’un lui annonça qu’il allait bientôt devoir célébrer la Messe selon le nouveau rite, ad experimentum, en langue vernaculaire, rite qui avait été composé par une commission liturgique conciliaire en vue de répondre aux aspirations de l’homme moderne. Padre Pio écrivit immédiatement au pape Paul VI, avant même d’avoir vu le texte, pour lui demander d’être dispensé de cette expérience liturgique et de pouvoir continuer à célébrer la Messe de saint Pie V. Quand le cardinal Bacci vint le visiter pour lui apporter l’autorisation demandée, Padre Pio laissa échapper une plainte en présence du messager du pape : « Par pitié, mettez fin, vite, au Concile. »

« En 1966, le Père Général (des Franciscains) vint à Rome un peu avant le chapitre spécial qui devait traiter des constitutions, en vue de demander au Padre Pio ses prières et bénédictions. Il rencontra Padre Pio dans le cloître. ‘Padre, je suis venu pour recommander à vos prières le chapitre spécial pour les nouvelles constitutions…’ Il avait à peine prononcé les mots ‘chapitre spécial’ et ‘nouvelles constitutions’ que Padre Pio fit un geste violent et s’écria : ‘Tout cela n’est que du non-sens destructeur’. ­‑ ‘Mais, Padre, après tout, il faut tenir compte des jeunes générations… les jeunes évoluent d’après leurs propres modes… il y a des besoins, des demandes nouvelles…’ – ‘La seule chose qui manque, fit le Padre, c’est l’âme et le cœur, c’est tout, intelligence et amour.’ Il partit pour sa cellule, puis se retourna et dit, en pointant son doigt : ‘Nous ne devons pas nous dénaturer, nous ne devons pas nous dénaturer! Au jugement du Seigneur, saint François ne nous recevra pas comme ses fils!’ »

Si nous considérons que Padre Pio était un véritable alter Christus (autre Christ), que sa personne entière, corps et âme, était aussi conforme que possible à celle de Jésus-Christ, son refus total d’accepter le Novus Ordo et l’aggiornamento devraient être pour nous une leçon.” Père Jean dans Padre Pio, Vatican II et le Novus Ordo Missae

Francesca de Villasmundo

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