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La veille de son arrestation, soit le 5 juillet 2019, Jeffrey Epstein négociait l’achat d’un palais au Maroc pour plusieurs millions de dollars. Ce jour-là, Epstein a effectué un virement bancaire de 14,95 millions de dollars, suite à un accord portant sur le rachat de la société offshore propriétaire du palais Bin Ennakhil pour 18 millions d’euros.
Palais luxueux avec trois piscines
Situé dans le quartier huppé de la Palmeraie à Marrakech, ce luxueux palais, avec trois piscines, faisait l’objet de tractations d’Epstein depuis 2011. À cette époque, Epstein estimait que le palais, propriété du magnat allemand des déchets Gunter Kiss, était surévalué à 55 millions d’euros. Arrivé enfin à un accord avec le vendeur, Epstein n’aura pas pu profiter de ce chef-d’œuvre architectural construit par 1 300 artisans et orné de sculptures et de mosaïques raffinées.
Trois jours après son arrestation, Richard Kahn, comptable d’Epstein, a annulé le virement et l’achat n’a finalement jamais été finalisé.
Il est à noter que le Maroc n’ayant pas de traité d’extradition avec les États-Unis, Epstein aurait pu y trouver refuge et continuer à y vivre comme un nabab.
Voyages fréquents au Maroc
Virginia Giuffre, l’une des victimes les plus connues d’Epstein et de son réseau, a raconté dans ses mémoires avoir été emmenée, début des années 2000, à Tanger par Epstein et Ghislaine Maxwell venus examiner la décoration intérieure de plusieurs propriétés de luxe.
À l’époque, Epstein souhaitait réaménager certaines parties de sa résidence insulaire dans un style marocain.
En 2002, Epstein a assisté au mariage du roi Mohammed VI du Maroc en compagnie de Ghislaine Maxwell, sur invitation de l’ancien président américain Bill Clinton.
Epstein a été condamné aux États-Unis en 2008 pour incitation à la prostitution de mineures. Libéré de… son assignation à résidence en 2010, il s’est de plus intéressé au Maroc.
Parmi les documents de l’affaire Epstein rendus publics par le ministère de la Justice des Etats-Unis figure une demande adressée en 2010 par Epstein à Peter Mandelson, ancien ministre britannique travailliste, de lui dégoter un assistant capable de lui « trouver une maison à Marrakech ». Les documents détaillent les visites régulières d’Epstein au Maroc à partir de 2012. Il séjournait dans le quartier huppé de la Palmeraie, où réside une riche communauté d’expatriés, parmi lesquels Jabor al Thani, membre de la famille royale du Qatar, qu’il qualifiait de « frère arabe ».
Karyna Shuliak, dernière compagne de longue date d’Epstein, effectuait également des recherches de propriété à Marrakech. De nombreuses visites et négociations figurent dans des courriels signés de son nom. Elle prétendait parfois agir pour le compte du milliardaire Leon Black, ami d’Epstein.
Les documents mis en ligne par la justice américaine montrent que Kensington Luxury Properties a proposé à Epstein une « stratégie de vente et de fiscalité », selon laquelle la propriété serait enregistrée auprès des autorités marocaines comme vendue pour 10 millions d’euros, tandis qu’une transaction de 20 millions d’euros aurait lieu pour les actions d’une société offshore propriétaire de la propriété. Par ce subterfuge, Epstein serait devenu propriétaire du palais et aurait réalisé une économie d’impôts à payer aux autorités marocaines. Mais au final, Epstein a décidé d’acquérir le bien uniquement en payant les parts de la société offshore et était en train de déterminer comment l’enregistrer au Maroc lorsqu’il a été arrêté le 6 juillet 2019.
Alain Escada





