Rien ne va plus au FN entre la présidente Marine Le Pen et le vice-président Florian Philippot.

Les jeux sont faits : le bernard-l’hermite du FN quitte le mouvement fondé par Jean-Marie Le Pen en 1972.

Après moult rebondissements par presse interposée, le divorce semble consommé entre les deux amis de la veille. L’échec des Présidentielles et des Législatives laisse des traces.

 

Dans cette guerre d’égo et de factions, Marine Le Pen avait demandé à Philippot de renoncer à son association Les Patriotes ce que ce dernier avait refusé :

« J’ai demandé à Florian de choisir. Je vais le rencontrer. S’il n’accepte pas [de choisir], je choisirai pour lui »

avait ainsi déclaré Marine Le Pen, hier soir mercredi 20 septembre. Ce à quoi Florian Philippot avait rétorqué un peu plus tard dans la soirée qu’il n’avait « pas l’intention de quitter Les Patriotes ni de renoncer à [s]es idéaux ». Fanfaron il ajoutait : « Si on veut me démettre, il faudra le faire, je le regretterai ».

La sanction en demi-teinte ne s’est pas faite attendre. Dans un communiqué publié le soir-même la présidente du FN déclarait :

« Florian Philippot, sollicité par mes soins, n’a pas répondu à la demande de mettre un terme au conflit d’intérêts résultant de sa double responsabilité de vice-président du Front National chargé de la stratégie et de la communication et de président de l’association les Patriotes ».  « J‘ai pris la décision de lui retirer sa délégation à la stratégie et à la communication. Sa vice-présidence sera, à compter de ce jour, sans délégation ».  

Ce jeudi matin, Florian Philippot a donc annoncé qu’il quitte le Front :

« Je n’ai pas le goût du ridicule et je n’ai jamais eu le goût de ne rien faire. Donc, évidemment, je quitte le Front national »,

a-t-il expliqué.

Ce litige entre les deux révèle un conflit plus profond : celui entre l’aile droite du parti qui veut revenir aux fondamentaux du Front et à un discours plus identitaire, qu’une Marion Maréchal-Le Pen représentait, et l’aile gauche guidée par Philippot qui prône la dédiabolisation en axant le programme sur l’économie et le social tout en évitant les sujets qui fâchent l’establishment comme l’islam, la sécurité et surtout l’identité.

« Le FN est en train de changer complètement de ligne, de faire un retour en arrière absolument terrifiant, qui affole des milliers de personnes », il est en train d’être « rattrapé par ces vieux démons »

estime d’ailleurs Philippot.

Or c’est pourtant ce discours nationaliste que de nombreux militants et cadres souhaitent réentendre. Ils rendent son absence lors des dernières campagnes électorales responsable des échecs. Par déduction, c’est le grand manitou de cette « dédiabolisation » qui n’apporte rien de positif qui est mis sur la sellette.


 

Francesca de Villasmundo  

 

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