« Fils d’un immigré mort pour la France, Français par le sang reçu et par le sang versé, je n’ai que mépris pour les profiteurs arrogants qui, mis au monde, nourris, éduqués par la France, tiennent pour une humiliation de devoir demander la nationalité française.

Cette nationalité, mon père l’a acquittée de sa vie.

Je l’ai, moi, échangée contre mes joies d’enfant en devenant orphelin, c’est-à-dire adulte, à l’âge de sept ans.
Ce baptême de sang a fait de moi le compatriote de Vercingétorix, de Villon, de Rabelais, d’Ambroise Paré, de Perrault, de Bayard et de du Guesclin, de Pasteur, de jules Verne, de la Petite Thérèse, de Maurras, de Mermoz, de Berlioz.

Et de nos rois.

La Loi républicaine peut me contraindre à être le concitoyen des Français de papier qui ne se baissent même pas pour ramasser une faveur pour laquelle, naguère, on mourait.

Elle n’en fera jamais mes compatriotes. »

Serge de Beketch

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