« Tout est politique ! » disait Antonio Gramsci. L’affaire de l’assassinat du petit Grégory Villemin en octobre 1984, qui vient de reconnaître de nouveaux rebondissements, en est la parfaite illustration.

Le traitement médiatique de l’affaire, passé et présent, notamment à travers la multiplication de thèses délirantes mais politiquement orientées, par exemple dans le quotidien gauchiste Libération, spécialiste de ce genre de dérives… montre que cette affaire est éminemment politique, mais comme elle est dans le sens inverse, cette aspect est intégré dans la propagande de gauche, mais camouflé.

L’assassinat du petit Grégory n’est pas seulement un fait-divers rural, dans ces petits villages de la France profonde où rien ne s’oublie. C’est aussi une vengeance de nature politique, suscitée par l’envie, la rancœur, la jalousie qui – on l’oublie trop souvent  – a souvent été le moteur des différentes moutures du socialisme.   Il y a deux hommes dans cette histoire. L’un, le chouchou du clan Jacob, Bernard Laroche, communiste, surnommé « Popov » et encarté à la CGT. Il venait juste d’être nommé contremaître (après 6 ans d’attente) aux ateliers de tissage Ancel de Granges-sur-Vologne. Pour se faire un alibi, il s’est appuyé sur sa tante Louisette, une simplette qui avait été engrossée par son propre père, Léon Jacob, donnant naissance à sa fille unique Chantal. L’autre homme, c’est Jean-Marie Villemin, marié à Christine Blaise, et rejeté par le clan Jacob à cause de sa réussite sociale, lui qui était devenu contremaître chez Auto Coussin (où il était entré sans qualifications) dès 1981 – soit 3 ans avant son cousin – où il dirigeait une vingtaine d’hommes. Il y avait aussi une rivalité sur les enfants Grégory Villemin avait le même âge que Sébastien Laroche, mais ce dernier était handicapé. « Le Chef », « Giscard » étaient les sobriquets que les « rouges » lançaient à celui qui avait le tort d’être un « bleu ». Grégory Villemin a été assassiné pour des raisons politiques, les communistes n’ayant jamais répugné à liquider les enfants de leurs adversaires (cela se constatait d’ailleurs pendant la guerre d’Espagne : les enfants de parents rouges liquidés par les franquistes étaient placés en institution religieuse, les enfants de parents bleus liquidés par les républicains étaient massacrés avec leurs parents).

La famille Villemin a également été éreintée par la presse de gauche, notamment par Libération. Il y a eu bien sur les délires de Marguerite Duras le 17 juillet 1985, « Sublime, forcément sublime Christine V. », version caviardée d’une première tribune refusée par la rédaction du journal et dans laquelle Marguerite Duras « développait l’idée qu’une mère qui donne la vie a le droit de la retirer » (une sorte d’IVG post-natale en quelque sorte…). Ce dérapage lui avait valu du cruel et néanmoins pertinent Pierre Desproges d’être qualifiée d’« apologiste sénile des infanticides ruraux ». Inutile de rappeler le long compagnonnage de Duras avec le PCF et qu’elle avait été en 1944 tortionnaire dans les geôles de l’épuration…  Libération, même 33 ans après les faits, titrait encore le 17 juin 2017 : « Les Villemin, un clan miné par l’envie ». Or, ce n’est pas le clan Villemin qui est au cœur de l’affaire, mais le clan Jacob ! En effet, les corbeaux soupçonnés sont Marcel Jacob (frère de la mère de Jean-Marie Villemin, Monique Jacob-Villemin) et son épouse Jacqueline. Bernard Laroche, assassin présumé de Grégory et abattu par son père en représailles le 29 mars 1985, est le fils de Thérèse Jacob (la sœur de Monique), épouse de Marcel Laroche et a été élevé par Jacqueline Thuriot-Jacob. Muriel Bolle, le témoin principal, est la petite sœur de Marie-Ange Bolle-Laroche, veuve de Bernard…  Pas plus de Villemin que de beurre en broche. Mais bon, les Villemin étant de droite, ils doivent « expier » pour le torchon mao-rothschildien. Il fallait que Christine Villemin soit coupable parce qu’elle était de droite et que l’assassin présumé de son fils ne l’étais pas.

Ce n’est pas la première fois que Libération dérape dans ce registre. En 1972, il avait organisé le lynchage médiatique de Maître Pierre Leroy, notaire de Bruay-en-Artois, accusé à tort du meurtre de Brigitte Dewèvre, 15 ans ½, fille de prolétaires. Sur le seul critère de sa classe sociale, Libération  hurla à la culpabilité du notaire, avec ce jugement définitif : «  il n’y a qu’un bourgeois pour avoir fait ça ! ». Et c’est Jean-Paul Sartre qui l’a dit ! Il savait de quoi il parlait, lui le bourgeois marxiste alimenté par sa femme Simone de Beauvoir en gamines vierges… La vérité était bien sur toute autre : le coupable avoué était l’un de ses camarades de classe, tout aussi prolétaire, Jean-Pierre Flahaut. En 1979, c’est l’abominable affaire Dugué. Jacques Dugué, employé de la mairie communiste de Saint-Ouen, réalisait des clichés pornographiques avec les petits garçons de l’équipe du Red Star, section basketball, qui étaient diffusés internationalement. Dans son « fichier client », se trouvait le nom de Christian Ranucci, assassin de la petite Marie-Dolores le 3, mars 1974… et lui aussi défendu par des proches du PCF… Lors de l’interpellation de Dugué, la CGT a tenté d’empêcher les forces de l’ordre de faire son travail et le 21 janvier 1979, Libération publiait un texte apologétique de la pédophilie du dit Dugué. Dugué fut d’ailleurs interpellé à Chambéry en 2000 pour récidive.

L’affaire Villemin n’est pas la seule affaire avec de forts sous-entendus politiques.  Récemment, l’affaire Bodein, l’affaire Turquin (qui vient elle aussi de connaître un curieux rebondissement…), jadis les affaires Seznec, Dominici et Syveton, en sont d’autres exemples. Aux Etats-Unis, l’affaire Steele est également à mettre dans ce registre.

Hristo XIEP

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