Synode sur l’Amazonie – Un compte-rendu humoristique circulant sur les réseaux sociaux (et publié initialement sur le Forum Catholique) pour sourire un peu malgré les catastrophes dont nous sommes les témoins effarés.

Mon cher cousin,

Comme vous le savez, grâce à mon oncle qui est évêque de ce beau diocèse de France, je peux assister sur un petit strapontin, à côté des journalistes, au synode sur l’Amazonie qui se déroule actuellement à Rome. Je vous écris ces quelques lignes pour vous montrer à quel point notre Eglise semble enfin prendre conscience de l’étendue du monde et des peuples au dehors de son vieux carcan européen ! Ce n’est que du bonheur.
Il faut bien le dire ; tout cela, c’est grâce au pape François qui ne mesure pas sa peine. Après avoir enfilé un couvre-chef fait de plumes, regardé une femme dansant pieds-nus avec l’Evangile dans la basilique St Pierre, processionné suivi d’une pirogue et précédé d’un filet arc-en-ciel, s’être recueilli devant l’adoration des divinités aztèques (ou incas, je ne sais plus), il mène maintenant les débats d’une main de maître. Pour promouvoir l’écologie intégrale et libérée de toute idéologie, il a été décidé de recevoir hier au synode le chef Ranoï Kapakaye du Liberdas de Grosso Bouto ; quel grand moment ce fut ! Le chef est arrivé en costume traditionnel, particulièrement emplumé, suivi de quelques-unes de ses femmes, qui marchaient seins nus. L’une d’elles allaitait un petit chimpanzé et tout le monde fut touché de ce spectacle. Venait ensuite la pirogue sacrée, remplie de fruits, de palmes et d’excréments de tapirs, portée par des jeunes hommes particulièrement élancés et musclés qui ne laissèrent pas indifférents plusieurs pères synodaux. Ce fut un tonnerre d’applaudissements ! Notre bon pape François riait à gorge déployée, en levant le pouce en l’air…

Mais bien vite, l’assistance s’est recueillie car le Chef a entonné les prières rituelles qui montrent suffisamment l’expérience théologique et la connaissance du Royaume qu’il a pu acquérir grâce à la beauté de la nature amazonienne. Le pape François s’est aussitôt incliné, les yeux fermés, priant avec le Chef puis lui a demandé de le bénir afin de le guérir de ses faiblesses. Le Chef s’apprêtait à le faire mais son I-phone X, qu’il avait oublié d’éteindre, s’est mis à sonner. C’était son hôtel, le Baglioni Carlton de Rome, qui lui demandait si sa Suite lui convenait. Bref, le Chef a ensuite longuement parlé de sa vie en Amazonie et c’est là qu’on a pu voir tout ce qu’on peut apprendre de ces peuples. Il s’est beaucoup plaint de la pollution atmosphérique, des incendies déclenchés par Bolsonaro, de la nourriture qui, là-bas aussi, est de moins en moins bio, et aussi qu’il recevait très mal les chaînes infos et que c’était un scandale.
[…]

Pour finir son intervention, le Chef a absolument voulu allumer son calumet de guérisseur de la forêt, en signe de paix et pour qu’enfin, la Mère Terre et le Père Soleil puissent, avec le Fils Vent, vivre librement loin de l’oppression des salopards d’Occidentaux. Les Pères synodaux ont évidemment acquiescé de leurs applaudissements. Il a donc sorti un tabac qu’il a appelé Mapacho de la Selva, qui selon lui, peut donner des visions, notamment, celle du jaguar et aussi de l’anaconda. Le pape François était aux anges mais il a vite été indisposé et il a fallu évacuer le Chef Ranoï. Je l’ai revu par la suite, à la fin de la journée, dans une petite salle de la Sécurité du Vatican. Un inspecteur m’a glissé à l’oreille que son fameux tabac n’était en fait que de la marijuana qu’il avait achetée en venant, à « Giorgio la moustache », un petit voyou du quartier, qui deale régulièrement à 300 m de la Via Conciliazione.
Après un frugal déjeuner, constitué de manioc et de banane plantin, nous avons repris la séance et là encore, ce fut passionnant. Une religieuse originaire du Mexique, Teresita Bala deciel del Tiscalo, mais qui œuvre en Amazonie, est venue présenter un brave chef de village. Je n’ai retenu que la première partie de son nom : Yuma. Il a raconté, toujours grâce au traducteur, qu’il avait décidé de venir au synode en pirogue pour préserver la planète qui souffre atrocement à cause des hommes blancs. Il est donc parti il y a plusieurs mois de son village, mais hélas, sa pagaie s’est brisée à 600 mètres du village. Il a donc rejoint la Guyane française en car puis a pris un Boeing 747 direction Rome. Le synode tout entier s’est ému de ce récit et il a été décidé à l’unanimité de voter un crédit de 45 000 dollars pour compenser l’empreinte carbone de ce voyage, qui servira à planter tout un verger de chérimoliers non loin de ce village. Aidé par la bonne religieuse, Yuma nous a raconté sa vie, qui était juste et pure. Et tout comme le matin, les Pères ont pu poser des questions toutes plus intéressantes que les autres.
C’est ici que je dois relater un malheureux incident. En effet, Yuma ne cessait de nous parler des diversités bio-sociales, des croyances amazoniennes, de l’eau, de la flore et de la faune et c’était magnifique. C’est alors qu’un prélat africain s’est levé et lui a posé cette question : « Avez-vous entendu parler de Jésus-Christ ? » Malgré que cette question lui fût reposée plusieurs fois dans l’oreillette, il ne comprit point et fit pour finir un geste d’impuissance. Les pères synodaux furent très contrariés de cette question et un murmure réprobateur se fit entendre dans l’aula. On entendit même un « sale négro » tandis que du côté des évêques germaniques fusaient les « Ruhe ! » et « halt die Klappe ! » à l’intention du prélat qui se rassit bien vite, l’air malheureux.
Plus ennuyeux encore, l’imprudent Yuma, emporté dans son élan, ne cacha point qu’il existait encore en Amazonie des infanticides dans les tribus et que lui-même en avait pratiqués. Il y eut un flottement dans l’assemblée ; tout le monde regardait notre bon pape François pour savoir comment réagir ; mais le pape semblait absent et regardait ailleurs…On essaya bien de relancer le débat sur la communication, l’inculturation, le prophétisme amazonien et l’identité spiritualo-dialoguale mais non, décidément, la journée était gâchée et le plus contrarié fut le cardinal Baldisseri. En effet, il fallut biffer le nom du brave homme de la liste des « viri probati » car il arrivait en tête.
La journée se terminait. Un évêque suggéra d’entonner le « Magnificat » de Taizé pour rendre grâce mais un greffier lui fit remarquer sèchement que c’était beaucoup trop auto-référentiel et que sans doute il n’avait rien compris aux débats. Quant à moi, si j’ai un peu de temps encore, je continuerai à vous tenir informé…

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6 commentaires

  1. Savoureux récit !))) Merci beaucoup, on en redemande encore et encore des journées comme ça ! 🙂

  2. Serviteur says:

    Je ne saurais juger des intentions de l’auteur de ce texte mais, ce que je sais, c’est que le rire est le début de la relativité. Rire au sujet d’autant de blasphèmes et devant un tel manque d’intégrité morale de la part du successeur de Pierre, relève au mieux de la légèreté, au pire ou réellement de la trahison coupable. Lamentable. Quelqu’un s’imagine t’il rire de cela au pied de la Croix devant le corps sanguinolent du Fils de Dieu ? Ignoble.

  3. Serviteur says:

    J’ignorais que le sacrilège était une raison de faire de l’humour. Non, Efgy, c’est simplement pitoyable. Si le désespoir est la pire des erreurs pour un baptisé, cela ne l’autorise pas à faire de l”humour, même noir, au sujet du Crucifié à qui nous devons tout. En fait, ce genre de frasque ne devrait pas même être relatée. Vive la Christ qui est Roi des Francs, ou de ce qu’il en reste du-moins.

  4. Serviteur says:

    Pardon, vive LE Christ qui est Roi des Francs (etc.)

  5. Mieux vaut en rire qu’en pleurer ? Cet article a su nous démontrer le ”blasphème” de ces cérémonies.
    Il a su ridiculiser le ridicule. Par chance qu’il ne tue pas.

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