« La mécanisation du monde répond à un vœu de l’homme moderne, un vœu secret, inavouable, un vœu de démission. Les machines se sont multipliées dans le monde à mesure que l’homme se renonçait lui-même, et il s’est comme renoncé en elles. L’homme a fait la machine, et la machine s’est faite homme, par une espèce d’inversion démoniaque du mystère de l’Incarnation… » Georges Bernanos, La Liberté pour quoi faire ? 1946.
Dans cet essai stimulant « La vie machinale » Gaultier Bès oppose la résistance à la résignation, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes à la tyrannie du fait accompli. L’IA n’a rien d’une fatalité, c’est un projet, posthumain, imposé à tous par quelques milliardaires. Il ne suffit pas d’encadrer ses dérives, il faut combattre ses principes…
Un tsunami est en cours. Et nous fonçons droit vers la mer. Un fois de plus, une technique bouleverse l’ordre du monde, avec des conséquences vertigineuses. Une fois de plus, mais plus que jamais l’humain met toute son ingéniosité à se disqualifier lui-même.
De l’industrie à l’éducation, aucun domaine ne sera épargné, aucun métier, aucun lieu. Sans le moindre débat démocratique, l’IA progresse comme un virus surpuissant au cœur de nos vies, confinant davantage encore les masses dans leur passivité, concentrant toujours plus le pouvoir et l’argent dans les mains de quelques-uns. Des discours les pus béats aux voix les plus modérées, un seul mot d’ordre, unanime, martelé sur toutes les ondes, la tyrannie du fait accompli : « il faut s’adapter », « faire avec », réguler »… Mais : le fait de recevoir grâce à l’IA une masse considérable d’informations, sans possibilité de jugement critique, donne prise à toutes les manipulations par « la lobotomisation des consciences » et la pensée unique…!
Nous ne régulerons pas l’IA. Nous ne nous y adapterons pas. Nous ferons contre ? Nous résisterons à sa logique de toutes nos forces, . Nous la débrancherons de nos vies. Non par « peur » pis par désir. Non par dépit, mais par choix. Ce livre est un manuel de résistance à l’IA et ses conséquences négatives pour individus et la société.
Plaisir de lire, revue trimestrielle – Littérature et vie chrétienne -, dans le numéro 215 dont nous conseillons la lecture et l’abonnement à la revue, a fait une juste recension de cet ouvrage « Gaultier Bès nous propose ici une analyse approfondie de cette accélération technologique dans le domaine politico-économique, socioculturel, écologique et anthropologique. Il cherche à nous faire ouvrir les yeux sur une réalité qui nous envahit insidieusement sous couvert de progrès mais qui n’est en fait qu’une régression. Ne cherchez pas dans ce livre une solution magistrale pour lutter contre l’envahissement de l’IA : la résistance sera dans les petites choses du quotidien mais aussi dans les choix énergiques pour « se réenraciner dans le monde vivant » et ne pas céder devant Goliath. […] Pour qui ce livre ? Pour tous ceux qui veulent comprendre ce phénomène et ne pas devenir un « vivant diminué », sans même savoir ce qui leur arrive. Un livre à lire par tous dès 16 ans, même si certaines réflexions politiques n’engagent que l’auteur. »
Agrégé de Lettre modernes, Gaultier Bès est cofondateur de la revue Limite. Marié et père de quatre enfants, il est membre de l’éco-hameau de La Bénisson-Dieu dans le département de la Loire (Auvergne-Rhône-Alpes).
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La vie machinale, de Gaultier Bès, Editions Desclée de Brouwer, 224 pages, 17.90 €.
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