diaconatfeminin.Le pape en avait parlé en mai dernier et a tenu parole : il vient d’instituer, après “une prière intense” et une “mûre réflexion” “une commission officielle d’étude sur le diaconat féminin”. Elle sera présidée par Mgr Luis Francisco Ladaria Ferrer, archevêque de Tibica, secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

Comme il se doit, en ce siècle de parité absolue qui envahit aussi le petit monde du Vatican, elle est composée de 6 femmes et de 6 hommes. Si ces derniers sont tous des ecclésiastiques, deux religieuses diplômées et 4 professeurs laïcs composent l’équipe féminine.

Outre leur C.V. réellement impressionnant, elles ont un point commun important : elles sont toutes, plus ou moins, préoccupées ou acteurs de la féminisation de l’institution ecclésiale et de la société : par leur situation professionnelle au sein des grandes universités européennes ou romaines, et  leurs hauts postes dans les Commissions vaticanes, et par leurs déclarations personnelles et publiques.

Sœur Nuria Calduch-Benages, membre de la commission pontificale biblique, évoque la discrimination dont elle a pu être victime par “des personnes à la mentalité fermée ou victimes des préjugés” au sein de l’Université Grégorienne où elle est professeur. Quant à Sœur Mary Melone, l’autre religieuse de la Commission, elle est la première femme Recteur de l’Université pontificale antonienne de Rome. Elle est aussi le symbole de “la révolution rose” du pape François. En mai dernier, elle avait applaudi à l’idée d’une étude sur le diaconat féminin lancée par Jorge Bergoglio :

“L’affirmation de François exprime encore une fois sa volonté sérieuse d’assurer aux femmes un rôle effectif, décisionnel, dans l’Église (…) Je respecte beaucoup tant de femmes cultivées et amoureuses de l’Église qui revendiquent le sacerdoce et souvent pour cela ont payé de leur personne. Par ma formation, toutefois, je ne partage pas cette aspiration. Je ne pense pas que l’ordination sacerdotale soit la seule condition pour garantir un rôle significatif aux femmes.”

Le Professeur Phyllis Zagano de la “Hofstra University”, Hempstead, New York, a écrit un livre intitulé : “Le samedi Saint : un argument pour la restauration du diaconat féminin dans l’Église catholique.”

Tous les membres de cette nouvelle commission sont spécialistes en patristique, ecclésiologie, théologie dogmatique ou spirituelle. Ils étudieront le “diaconat féminin” des premiers siècles de l’Église.

Dans le passé récent, après le concile Vatican II qui a ouvert la voie à bien des innovations doctrinales et liturgiques, la question du diaconat sacerdotal et de la prêtrise pour les femmes avait été soulevée bien que la Tradition eut définitivement clos le sujet. Tant sous Benoît XVI que Jean-Paul II, les commissions de l’époque avaient donné une réponse négative aux souhaits de certains égalitaristes extrémistes de faire accéder les femmes au sacerdoce.

Avec l’ascension au trône pétrinien de François l’argentin, au comportement si révolutionnaire dans tant de domaines doctrinaux, le sujet ne pouvait que revenir à nouveau sur le tapis. Avec l’espoir pour les militantes et militants féministes qui veulent mettre un terme à ce qu’ils appellent “le sexisme” de l’Église catholique de gagner, cette fois-ci, la bataille.

A suivre…

Francesca de Villasmundo

http://press.vatican.va/content/salastampa/it/bollettino/pubblico/2016/08/02/0569/01268.html

http://www.stpauls.it/vita03/0308vp/0308vp48.htm

http://roma.corriere.it/notizie/cronaca/16_maggio_13/diaconato-femminile-suor-melone-le-donne-fanno-crescere-chiesa-d3bc2ada-191e-11e6-a60e-5fac25fd8ba7.shtml

https://www.ncronline.org/authors/phyllis-zagano

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