Pour les partisans de la “boboïtude”, tous les codes physiologiques et lexicologiques, qui fondent notre société, sont obsolètes et démodés. Et, dans leurs discours, autoritaires et péremptoires, sur ces sujets comme bien d’autres, la liberté d’expression ne s’exprime qu’à sens unique, jamais pour les réfractaires ou les opposants à leurs délires verbaux. Car, ces messieurs-dames de la “branchouille” ont une vision sociétale hautement intellectualisée et strictement adaptée à leurs fantasmes.

Leur dernière trouvaille extravagante : l’application du genre neutre pour tout et n’importe quoi. Très à la mode, en ce moment, aux États-Unis, cette expérimentation dérive de ce que l’on a appelé “la théorie du genre”. Spéculation qui affirme que le masculin n’est pas forcément masculin et le féminin, non plus… Ce postulat, inspiré par la sociologue Ann Oakley, ne fait que reprendre les travaux d’un psychologue et sexologue néo- zélandais, John Money, qui employa le terme “genre” pour la première fois en 1955. Pourtant, le sérieux de ce “scientifique” a été, à juste titre, fortement remis en cause : en 1967, pour étayer ses analyses, il n’hésita pas à pratiquer, sur un enfant mâle de 22 mois, une opération chirurgicale de réattribution sexuelle (changement de sexe)… Après une vie de souffrance à vouloir récupérer son identité masculine dès ses quinze ans, le “cobaye”, David Reimer, se suicida à l’âge de 38 ans. Cela n’empêcha pas, en 2002, la Société allemande pour la recherche socio-scientifique sur la sexualité, de décerner à John Money la médaille Magnus-Hirschfel et en 2003, la première ministre de Nouvelle-Zélande, Helen Clark, attribua à l’Eastern Southland Art Gallery de Gore en Nouvelle-Zélande, une aile qui porte aujourd’hui le nom de John Money. Il est vrai que le “savant” était aussi un amateur d’art et qu’il légua à ce musée une part importante de sa collection…

Le genre neutre est naturellement encensé par les leaders LGBT qui trouvent là une justification bien pratique à leurs opérations de communication. Ainsi, un porte-parole de cette communauté a pu déclarer, avec arrogance, sur un des médias internet, Arrêt sur images : “je ne suis pas un homme !”, alors que son appartenance au genre masculin sautait aux yeux (barbe, voix, corpulence, vêtement). Cet intervenant voulait probablement signaler qu’il n’était qu’un être humain, ni masculin, ni féminin. Par provocation ou par incertitude ? En tout cas, cela a fait dire, non sans humour, à un ancien complice des Monty Python, Terry Gilliam : “maintenant, je dis que je suis une lesbienne noire en transition”… Les aberrations des tenants du genre neutre ne s’arrêtent pas là. Il n’y a pas si longtemps, pour combattre les stéréotypes sexistes, des féministes ont voulu nous imposer l’écriture inclusive, qui nous ferait écrire, par exemple : “artisan.e.s” ou “commerçant.e.s”. Heureusement, l’Académie française, à l’unanimité, dénonça l’absurdité : “La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit, abouti à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité”. Et le Premier ministre a banni l’écriture inclusive des textes officiels.

Si la théorie du genre peut s’exalter et se débattre sur des plateaux télé ou dans le cabinet d’un psy, dans la vraie vie, la vie quotidienne, c’est beaucoup plus problématique : des codes, bien définis, sont nécessaires à la cohésion sociale. Cela n’empêche pas une personne responsable, si elle le souhaite, d’assumer ou de transgresser son apparence, tant que l’ordre public n’en souffre pas. Mais son choix individuel ne doit pas influencer le législateur.

Claude PICARD

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