Jacques Le Goff (1924-2014) est l’un des plus brillants médiévistes français, internationalement reconnu, et n’a cessé d’explorer cette période de l’Histoire aussi riche que décriée. Les éditions Perrin ont eu la bonne idée de rééditer en format de poche son livre Le Moyen Âge et l’argent. Il s’agit là d’un excellent essai d’anthropologie historique sur la question de l’argent à une époque où celui-ci est moins important, moins présent qu’il ne l’était dans l’Empire romain, et surtout beaucoup moins important qu’il ne le deviendra à partir du XVIe siècle, et particulièrement du XVIIIe.

Deux thèmes principaux retiennent l’attention de Jacques Le Goff. D’une part, quel a été le sort de la monnaie, ou plutôt des monnaies, dans l’économie, la vie et la mentalité médiévales ; d’autre part, dans cette société dominée par la religion, comment le christianisme a considéré et enseigné l’attitude que doit adopter le chrétien face à l’argent et l’usage qu’il doit en faire. Loin de notre époque contemporaine, le Moyen Âge, sous l’influence de la théologie catholique, condamnait l’avarice, péché capital, faisait l’éloge de la charité (bienfaisance) et enfin, dans la perspective du salut, essentielle pour les hommes et femmes du Moyen Âge, faisait l’exaltation des pauvres et présentait la pauvreté comme un idéal incarné par Jésus-Christ. Les images médiévales où apparaît de façon souvent symbolique l’argent, sont toujours péjoratives.

Le Moyen Âge et l’argent, Jacques Le Goff, éditions Perrin, collection Tempus, 272 pages, 9 euros

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