Comme nous l’avions déjà signalé, le 3 février s’est ouvert à Rome un colloque consacré au national-conservatisme.

Contrairement à ce qui était annoncé sur l’affiche, Matteo Salvini n’y a pas participé, préférant se rendre utile en tenant meeting à Palerme.

En l’absence de l’ancien ministre de l’Intérieur italien, toute l’attention s’est focalisée sur le hongrois Viktor Orban qui a tenu un discours de près d’une heure et demi.

Du côté italien, c’est Giorgia Meloni qui a occupé la place principale, précisant que si elle accorde de l’intérêt à tisser des liens avec d’autres mouvements nationalistes, c’est uniquement pour le peuple italien qu’elle travaille. Une remarque peut-être pas si innocente que cela dans un tel contexte.

En effet, officiellement ce colloque était organisé par l’association italienne Nazione Futura. Mais en vérité, ce sont deux Israéliens – Yoram Hazony et Ofir Haivry – qui sont les instigateurs de ce colloque.

D’ailleurs, à peine montée à la tribune vêtue d’une mini-jupe qui ne passait pas inaperçue, Marion Maréchal, représentante française à ce colloque, s’est empressée de remercier son ami Yoram Hazony.

Alors, qui sont Yoram Hazony et Ofir Haivry ?

On nous les présente volontiers comme les dirigeants de la Fondation Edmond Burke, ce qui validerait cette notion de national-conservatisme mise en avant. Mais cela n’est qu’un paravent. Nos deux comparses israéliens sont surtout les fondateurs et dirigeants du Herzl Institute.

Comme son nom l’indique, le Herzl Institute fait référence à Théodore Herzl, le père du sionisme.

Auparavant, Yoram Hazony et Ofir Haivry avaient déjà été à l’origine du Shalem Center et de la revue sioniste Azure : Ideas for the Jewish Nation. Une tendance sioniste influente tant en Israël qu’aux États-Unis, et qui peut compter sur le soutien des protestants évangéliques à la Mike Pence.

Yoram Hazony a aussi dirigé le projet de la Fondation John Templeton en théologie et philosophie juives et est membre du comité du Conseil israélien de l’enseignement supérieur chargé d’examiner les programmes d’études générales dans les universités et les collèges d’Israël.

Il anime également le blog Jerusalem Letters sur la philosophie, la politique, le judaïsme et Israël. Hazony collabore occasionnellement au New York Times, ainsi qu’au Wall Street Journal.

Hazony se considère comme un nationaliste israélien et un juif orthodoxe moderne. Il est l’auteur de plusieurs livres, dont La vertu du nationalismeL’État juif: la lutte pour l’âme d’Israël et New Essays on Zionism.

Quant à Ofir Haivry, il est actuellement vice-président du Herzl Institute et rédacteur en chef  de la revue Azure: Ideas for the Jewish Nation. Il est aussi membre du Conseil israélien de l’enseignement supérieur (CHE), du Conseil israélien d’archéologie, de l’équipe conjointe CHE-gouvernement supervisant les I-CORE (Israel Centers of Research Excellence), et membre de l’équipe de pilotage bilatérale pour la promotion des coopérations académiques entre Israël et l’Italie. Il a été membre du comité restreint de 2010 sur l’évaluation des règlements du prix Israël (rapport adopté par le ministre de l’Éducation) et du comité directeur 2009-2010 du projet TAMAR pour la restauration et l’autonomisation des infrastructures du patrimoine national d’Israël (à la réunion du Premier ministre).

Signalons quelques-uns de ses articles : «Israël dans l’œil de l’ouragan» dans Mosaic Magazine, janvier 2014  et Nouveaux essais sur le sionisme (Shalem Press, Jérusalem, 2006).

Un nouveau piège du national-sionisme

Cette promotion du national-conservatisme organisée par Yoram Hazony et Ofir Haivry a tout d’un piège bien ficelé. A Rome, en toile de fond du colloque s’inscrit la mention God, honor, country. De quoi facilement en séduire plus d’un. Mais de quel Dieu est-il question ? Celui de la Bible ou celui du Talmud ? Regardez donc de plus près les photos de la toile de fond du colloque. Le logo du Herzl Institute y apparaît clairement. C’est donc bien une habile manœuvre sioniste.

Or, que doit penser un catholique du sionisme ?

Rappelons à ce sujet l’entretien avec le Pape Saint Pie X rapporté par Théodore Herzl, père du sionisme, dans son journal le 25 janvier 1904 :

Je fus conduit chez le Pape en passant par un grand nombre de petits salons. Il me reçut debout et me tendit la main, que je ne baisai pas (…).
Je lui soumis brièvement mon affaire. Il répondit sur un ton sévère et catégorique (…) :

« Nous ne pouvons pas soutenir ce mouvement [sioniste]. Nous ne pourrons pas empêcher les juifs d’aller à Jérusalem, mais nous ne pouvons en aucun cas soutenir cela. Même si elle n’a pas toujours été sainte, la terre de Jérusalem a été sanctifiée par la vie de Jésus-Christ. En tant que chef de l’Eglise, je ne peux vous dire autre chose. Les juifs n’ont pas reconnu notre Seigneur, c’est pourquoi nous ne pouvons pas reconnaître le peuple juif. » (…)

Et voilà, pensai-je, le vieux conflit qui recommence entre Rome et Jérusalem ; lui représente Rome, moi Jérusalem. (…)

« – Mais que dites-vous, Saint-Père, de la situation actuelle ? demandai-je.
– Je sais bien qu’il est désagréable de voir les Turcs en possession de nos Lieux saints, répondit-il. Nous sommes forcés de le supporter. Mais soutenir les juifs pour qu’ils obtiennent eux, les Lieux saints, c’est une chose que nous ne pouvons pas faire. »

Je soulignai que notre motivation était la détresse des juifs, et que nous entendions laisser de côté les questions religieuses.

« Oui, dit-il, mais nous, et plus spécialement moi en tant que chef de l’Eglise, ne le pouvons pas. Deux cas peuvent se présenter. Ou bien les juifs restent fidèles à leur croyance et continuent d’attendre le Messie, qui pour nous est déjà venu. Dans ce cas, ils nient la divinité de Jésus, et nous ne pouvons rien faire pour eux. Ou bien ils vont là-bas sans aucune religion, et dans ce cas-là nous pouvons encore moins les soutenir. La religion juive a été la base de la nôtre, mais elle a été remplacée par la doctrine du Christ, et dès lors nous ne pouvons plus reconnaître son existence. Les juifs, qui auraient dû être les premiers à reconnaître Jésus-Christ, ne l’ont pas fait jusqu’à ce jour. »

Je faillis dire : « C’est ce qui arrive dans toutes les familles. Nul n’est prophète dans sa famille. » Au lieu de cela, je déclarai : « La terreur et les persécutions n’étaient peut-être pas les meilleurs moyens pour éclairer les juifs. »

Il répliqua cette fois avec une simplicité désarmante :

« Notre Seigneur est arrivé sans disposer d’aucune puissance. Il était pauvre. Il est venu en paix. Il n’a persécuté personne, on l’a persécuté. Même les Apôtres l’ont abandonné. Ce n’est qu’ensuite qu’il a grandi. C’est seulement au bout de trois siècles que l’Eglise a été mise en place. Les juifs avaient donc le temps de reconnaître la divinité de Jésus-Christ sans aucune pression extérieure. Mais ils ne l’ont pas fait, ils ne le font toujours pas à l’heure qu’il est. »

« Mais, Saint-Père, dis-je, la situation des juifs est épouvantable. Je ne sais si Votre Sainteté réalise toute l’ampleur de ce drame. Nous avons besoin d’un pays pour les persécutés.
– Mais cela doit-il être Jérusalem ? demanda-t-il.
– Nous ne demandons pas Jérusalem, précisai-je, mais la Palestine, seulement le pays profane.
Il répéta : « Nous ne pouvons pas soutenir cela. »
«- Connaissez-vous, Saint-Père, la situation des juifs ? questionnai-je
– Oui, je l’ai connue à Mantoue, répondit-il. Il y a des juifs là-bas. J’ai d’ailleurs toujours eu de bonnes relations avec les juifs. Tout récemment, un soir, j’ai eu la visite de deux juifs. Il est vrai qu’il existe des rapports qui se situent en dehors de la religion : des rapports de courtoisie et de charité. Nous ne refusons aux juifs ni l’une ni l’autre. Du reste, nous prions pour eux, afin que leur esprit s’éclaire. Précisément en ce jour, nous célébrons la fête d’un incroyant qui, sur le chemin de Damas, s’est converti de façon miraculeuse à la vraie croyance [Saint Paul]. Ainsi, si vous allez en Palestine et si vous y installez votre peuple, nous préparerons des églises et des prêtres pour les baptiser tous. »

Theodore Herzl – Journal 1895-1904. Le fondateur du sionisme parle. Cité dans la revue « Le sel de la Terre ».

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7 commentaires

  1. Très éclairant. Les bourreaux qui veulent se faire passer pour des victimes. Les comploteurs pharisiens qui veulent la destruction du christianisme et qui jouent les pleureuses.
    Il est évident que la solution n’est pas dans un bulletin de vote, mais dans le renoncement à l’apostasie par les Catholiques, seul moyen de convertir les Juifs. La lucidité de St Pie X est prophétique, dommage qu’il n’ait pas pu neutraliser les conséquences de la naïveté de Léon XIII avec son ralliement à la république maçonnique française. C’était prendre des démons pour des anges et on l’a chèrement payé et on le paye toujours…
    Après la féministe avorteuse Marine on va nous servir la Marion plus présentable en apparence bien que court vêtue? C’est une minijupe de deuil? De deuil de quoi?

  2. Guillaume DUJON says:

    En fait je ne comprends pas d’un côté l’intérêt que vous portez par exemple a l’engagement des catholiques aux élections municipales et donc au vote républicain dont on sait bien qu’elle est sa valeur profonde et de l’autre ce discredit à l’action de MM, qui est d’une autre trempe et profondeur que sa soeur, et qui entend justement mobiliser des hommes politiques courageux comme peut l’etre un Viktor Orban .Tout n’est-il donc que pourri et desesperant ? C’est un peu le ton du sel de la terre (sedevacantiste) donc je ne suis pas totalement étonné.

    • Yann Esteveny says:

      Message à Mr Guillaume Dujon,

      L’engagement des catholiques dans la vie des communes et dans des instances dirigeantes de la commune est une priorité pour construire un destin commun au niveau local plutôt que d’espérer des messies politiques au niveau national. Le vote en soi n’est ni une invention ni une propriété de la République malgré leur réécriture constante de l’histoire.
      Que les instances dirigeantes d’une commune soit aux mains d’un conseil municipal désigné par vote organisé par des instances républicaines ne doit pas être pour nous une excuse pour abandonner nos communes.

      Respectueusement

      • cathelineau says:

        Il y a deux sortes de catholiques sincères, ceux qui sont déjà morts par leur immobilisme et les combattants, à l’image de ST Jehanne d’Arc.
        les catholiques et les Français patriotes qui ont encore une famille et des enfants ont le devoir de résister par tous les moyens tant spirituel que temporel au rouleau compresseur Mondialiste.

  3. Jean-Marc Coudray says:

    L’engagement politique est un devoir, mais je pense qu’il faut faire de la politique autrement, le but premier est de renforcer les réseaux ou bien de créer des réseaux afin de redonner de l’espoir aux français.
    Se regrouper avec des personnes de même sensibilité, dans des villages ou bien des régions retirées, afin de se préparer à un chaos inévitable.
    Le mondialisme est fléau qui ronge notre patrie, l’ouverture des frontières, immigration, insécurité, la concurrence déloyale…le grand remplacement est une réalité !
    En revanche en politique, il nous faut Dieu, afin qu’il puisse intervenir, car sans le spirituel et sans l’action, rien n’est possible !!!

  4. Élysée says:

    Qu’elle commence par se vêtir correctement Marion Maréchal Auque, fille de Roger Auque agent du Mossad !

    Les Sionistes ont plus d’une carte dans leur manche et la soutienne à fond car elle sert leurs desseins.
    Quand les Français vont-ils enfin ouvrir les yeux ?

  5. Qu’est ce qui l’autorise à se vêtir de cette façon ? Ou à se croire autorisée ?
    “Quand les Français vont-ils enfin ouvrir les yeux ?” demandez-vous.
    La réponse est simple :
    Lorsqu’ils réformeront leur vie en n’acceptant plus par exemple et entre autres cette super-érotisation de leur quotidien et qu’ils demanderont à leurs épouses et à Auque de se vêtir avec décence. A ce moment là un bon bout de chemin sera parcouru, je vous laisse imaginer la “révolution” que représenterait un refus massif de la pornographie.
    Mais il ne faut pas rêver, le camp dit “national” est infesté de fantasmes païens et autres obsessions autour de la force brute, ce qui est du pain béni pour le camp d’en face.
    Vouloir la Révolution nationale sans révolutionner sa propre vie ou pisser dans un violon, c’est kif-kif la bourrique.