Comme chaque année, une grande procession s’est déroulée à Ekaterinbourg pour commémorer le massacre de la famille impériale de Russie par les bolcheviks. Celle-ci se déroule sur une distance d’environ 20 kilomètres, depuis le lieu de l’assassinat jusqu’au lieu où ont été cachés les restes de la famille impériale dans la mine n°7 jouxtant le monastère l’Eglise sur-le-Sang-versé de Ganina Yama dédié à ces saints martyrs. La procession a commencé immédiatement à l’issue de la divine liturgie, laquelle était présidée par le métropolite d’Astana et du Kazakhstan Alexandre. La liturgie commence à 3 heures du matin et suis le trajet du transport des dépouilles impériales. Les évêques se trouvaient à la tête de la procession. Cette année, comme l’année dernière, 60.000 personnes y ont participé. A 7 heures, les pèlerins arrivent au monastère qui les accueille au son des cloches avant d’assister à un office d’intercession.

Lors de son homélie, le métropolite Cyrille – évêque diocésain du lieu – a déclaré :

« La procession est passée non seulement par les rues de la ville, les champs et les forêts. Mais elle a principalement touché nos âmes. Y aurait-il maintenant un seul homme qui resterait indifférent au jour présent, à l’office et à la procession, qui constitue notre façon de nous repentir et de manifester notre amour envers le Tsar et notre patrie, la sainte Russie. Nous vous remercions tous, chers frères et sœurs, et nous espérons que chaque année, lorsque le Seigneur nous accordera Sa miséricorde, nous continuerons à venir en procession à ce lieu saint ». Le métropolite de Tachkent et d’Ouzbékistan  Vincent a félicité les pèlerins pour avoir achevé un chemin si pénible physiquement, mais plein de grâce pour l’âme : « Je voudrais tous vous féliciter pour avoir été dignes, par la grâce de Dieu et les prières des saints martyrs impériaux, d’accomplir ce chemin de croix et d’arriver à l’endroit de la profanation des restes de la famille impériale. Chacun de nous, qui vient avec piété et crainte de Dieu, avec amour, ressent la sainteté de ce lieu ».

Il y a 99 ans, le Tsar Nicolas II, la Tsarine Alexandra, le Tsarévitch Alexis, les Princesses Impériales Olga, Maria, Tatiana et Anastasia étaient assassinées par la vermine rouge dans la maison Ipatiev qui avait été détruite en 1977 par le responsable local du PCUS, Boris Eltsine (de son vrai nom Eltsman). Le Tsar avait tenté de trouver refuge en Grande-Bretagne chez son cousin le roi Georges V, mais ce dernier céda aux puissants milieux apatrides de la City et le laissa mourir. Le 22 avril 1918, Lénine voulu forcer le Tsar à reconnaître la légitimité du Traité de Brest-Litovsk signé avec le Reich allemand le 2 mars 1918 et qui privait la Russie de nombreux territoires (Pologne, Finlande, Estonie, Lettonie, Lituanie, Ukraine, Caucase, Biélorussie). Le refus de Nicolas II d’obtempérer signera son arrêt de mort.

Yankel Sverdlov (de son vrai nom Salomon, qui donnera son nom à la ville d’Ekaterinbourg sous l’URSS) chargea Jacob Iourovski, bijoutier issu d’une famille de juifs pratiquants, de cette besogne. Le 4 juillet, Yurovsky renvoie les soldats russes pour les remplacer par des révolutionnaires étrangers, à savoir des juifs hongrois que l’on retrouvera dans l’entourage de Bela Kun (Aaron Cohen), l’un d’eux laissant son nom dans l’histoire hongroise : Imre Nagy. De ce sinistre 4 juillet à leur mort, les princesses furent abusées par leurs geôliers, à l’exception de la plus jeune, Anastasia, que Jacob Iourovski  voulait pour son usage personnel.

A minuit, le 17 juillet 1918, le massacre commença, effectué par Iourovski,  Nikulin, Medvedev et Vaganov, quatre agents de la Tcheka de même confession (c’est d’ailleurs de là que proviennent les rumeurs stupides sur la prétendue judaïté de l’ancien Président russe Dmitri Anatolievitch Medvedev). Le tsar Nicolas II fut assassiné en premier par Iourovski, qui tua ensuite la tsarine. Olga, Tatiana et Marie furent les suivants. La domestique, Demidova, qui avait survécu à la fusillade, fut achevée par 30 coups de baïonnettes. Puis vient le tour du Tsarévitch. Les deux derniers à succomber furent le docteur Botkin et la princesse Anastasia, achevés à la baïonnette. Iourovski mourut de maladie le 2 août 1938 après avoir fait techouva pour ses crimes. Il est vrai que la déportation de sa fille au goulag en 1934 l’avait quelque peu décillé.  Sur le mur de la maison, une inscription en allemand fut faite : « Belsatzar ward in selbiger Nacht Von seinem Knechter umgebracht » (Balthazar fut, en cette même nuit, tué par ses esclaves).

Les cadavres furent exhumés le 12 avril 1989. Ils  avaient été démembrés et profanés et passés à l’acide sulfurique et il faudra attendre 2007 pour que ceux de Maria et d’Alexis le soient. En juillet 1998, quelques années après l’implosion du sanglant régime communiste, les cendres de la famille impériale ont été transférés et inhumés en grande pompe dans la cathédrale Pierre et Paul de Saint-Pétersbourg, en présence du président Boris Eltsine et des descendants de la famille Romanov. En 2000, le patriarcat de Moscou a canonisé Nicolas II, son épouse, ses enfants et leur personnel exécuté en 1918 et les a inscrits au calendrier liturgique comme « saints martyrs impériaux ».

Hristo XIEP

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