Le pape François fait le ménage au sein du Vatican !

Fait exceptionnel, il a remercié officiellement le cardinal Müller et a choisi pour le remplacer à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi monseigneur Luis Ladaria Ferrer. Or ne pas reconduire le préfet à la tête de cette éminente Congrégation romaine avant l’âge de la retraite canonique de 75 ans est un acte inédit, bien à l’image de ce pontificat révolutionnaire.

Cette décision pontificale de ne pas renouveler le mandat du cardinal allemand est donc vue comme une sanction et une mise à l’écart de Gerhard Ludwig Müller dont les prises de positions conservatrices publiques concernant la pastorale familiale s’opposaient aux innovations bergogliennes contenues dans Amoris Laetitia. A plusieurs reprises, le cardinal Müller avait affirmé que l’Exhortation ne changeait pas la doctrine antérieure de l’Église qui décrète l’impossibilité pour des personnes divorcés et remariés civilement d’accéder aux sacrements. De son côté, le pape a soutenu invariablement les différentes orientations pastorales émises par différents évêques sur la base du chapitre VIII d’Amoris Laetitia qui permettent le contraire, c’est-à-dire cette possibilité pour les concubins de recevoir les sacrements. L’opposition entre le pontife et le préfet était plus que manifeste. Le pape François vient d‘y mettre un terme en renvoyant tout bonnement le cardinal :

« Le non-renouvellement d’un préfet de l’ex-Saint-Office n’a pas de précédent récent, reconnaît le vaticaniste italien Andrea Tornielli. Mais il est vrai, aussi, qu’on n’avait jamais vu un préfet joué son rôle de cette manière. »

Quoiqu’on puisse savoir du cardinal Müller à la doctrine hétérodoxe sur d’autres sujets, force est de reconnaitre, ce que ne veut pas faire Tornielli, que sur cette question des sacrements aux divorcés remariés civilement, Mgr Müller n’a fait que rappeler la doctrine immuable de l’Église catholique envers et contre tout… contre le pape lui-même. En cela il a joué son rôle honnêtement.

Sur la question d’un possible accord avec la FSSPX, les deux hommes paraissaient aussi en désaccord : alors que le pape François a de nombreuses fois témoigné que les questions doctrinales ne l’intéressent guère mais qu’il est mu plutôt, dans « sa bienveillance envers votre Fraternité Sacerdotale » dixit Gerhard Ludwig Müller, par un « souci pour les rejetés de tous bords » ainsi que le soulignait le Supérieur Général de la congrégation sacerdotale dans un entretien à TV Libertés en janvier 2017, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi restait lui très attaché à une reconnaissance doctrinale publique du Concile Vatican II par cette même FSSPX. Sa dernière lettre sur le sujet, avant de quitter son poste, le démontre amplement.

Mgr Ferrer, son remplaçant à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, a semble-t-il un profil plus conforme aux besoins bergogliens pour mener à bien tant la révolution morale bergoglienne que les chantiers sensibles du pape François. Espagnol, jésuite, il avait été nommé en 2008 secrétaire de cette même Congrégation par Benoît XVI. Il est donc au courant de l‘avancée du dossier lefebvriste. Comme le note Famille chrétienne dans son édition d’hier

« Le jésuite espagnol, très au fait du dossier lefebvriste, pourrait d’ailleurs être au cœur des prochaines étapes du retour de la Fraternité sacerdotale Saint Pie-X dans le giron de Rome. »

Concernant d’autres sujets chers à François, le prélat avait été désigné par le pape argentin, le 2 août 2016, président de la Commission chargée d’étudier la question du Diaconat féminin et avait été nommé auparavant également dans la commission visant à simplifier les procédures de reconnaissance de nullités de mariage. Des postes qui témoignent donc de la confiance que lui porte le pape.

« En 2008, rapporte La Croix,  au mensuel italien 30 Giorni – une de ses rares interviews – il confiait être un « conservateur modéré ». «Les positions extrêmes ne me plaisent pas, qu’elles soient progressistes ou traditionalistes, expliquait-il. Je crois qu’il y a une voie moyenne, qui est celle que prend la majorité des professeurs de théologie ici, à Rome, et dans l’Église en général. Cette voie moyenne est, selon moi, la voie à suivre, même si chacun de nous a ses particularités. »

Avec Mgr Luis Ladaria Ferrer, El papa argentin se dote d’un préfet à la tête de la plus importante Congrégation vaticane certainement plus conforme à ses volontés et ses exigences.

Francesca de Villasmundo

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