La députée frontiste Marion Maréchal-Le Pen lors d'une conférence de presse dans la ville du Pontet, le 18 octobre 2014

“Je n’ai jamais été l’objet de mon grand-père”. (La Provence)

Marion Maréchal-Le-Pen n’est pas restée silencieuse durant la crise puisqu’elle avait donné une petite interview à Valeurs Actuelles dans laquelle elle se désolidarisait des propos de son grand-père dans Rivarol.  Ensuite elle était restée silencieuse. Mais aujourd’hui elle s’est rattrapée avec deux longues interviews, l’une au Figaro, l’autre à La Provence (Ici intégralement en ligne). Marion veut se démarquer de l’héritage Le Pen. Elle affirme: “Je n’ai jamais été l’objet de mon grand-père”. 

“Je m’étais détachée de ses propos lors de l’épisode sur “la fournée”. Je ne cautionne ce qu’il a dit ni sur la forme, ni sur le fond.” (La Provence)

D’après ses déclarations, la décision de Jean-Marie Le Pen est consécutive à leur rencontre. Selon elle, un marché a été conclu entre eux: il devait renoncer à  sa candidature et lui passer le flambeau. Elle fait observer qu’elle ne pensait pas obtenir ce renoncement, mais qu’il s’agit d’un message très fort de sa part  qui devrait éliminer tout recours à son exclusion du parti. Elle présente la conclusion de sa discussion avec son grand-père comme une victoire qu’elle a obtenue pour le bien du mouvement.

“Mon grand-père a eu un geste d’apaisement qui influera sur les décisions du Bureau politique. Je n’y croyais pas trop pour être franche. Là où le bât blesse, c’est comment concilier sa présidence d’honneur et sa liberté d’expression sur laquelle personne ne le suit. Il ne m’a rien promis du tout.” (La Provence)

Il semble qu’elle ait été très déçue du revirement de Jean-Marie Le Pen. Après avoir, dans un communiqué lundi, adoubé Marion, dés l’annonce de sa candidature par Bruno Gollnish, JMLP a finalement déclaré à BFMTV qu’il serait possible de partager les compétences entre eux deux. L’âpreté des propos de la jeune députée dans ces deux interviews, contre son grand-père et contre Bruno Gollnish qui n’y est pour rien, semblent relever d’un sentiment de trahison, mais sans doute pas seulement.

Un a-priori jeuniste face à un électorat âgé 

De ces deux interviews, l’une est plus dure que l’autre. La plus démarquée de Jean Marie Le Pen est celle qu’elle accorde à la Provence. Dans ces deux interviews elle proclame que la ligne du Front des années 1970 est dépassée. Elle brocarde Bruno Gollnish comme un homme du passé, précisant avec détermination qu’en aucun cas elle n’accepterait un ticket avec l’universitaire. Sans doute compte-t-elle davantage sur le jeune électorat que sur l’ancien, bien que la France ait un corpus électoral âgé avec un grand nombre de retraités et d’actifs de plus en plus âgés. De même si les pied-noir disparaissent peu à peu, gagné par l’âge, les familles pied-noir, elles, sont toujours aussi nombreuses et se multiplient dans la région qu’elle convoite. Il ne fait pas bon avoir dépassé les 60 ans au FN! Quant à l’exactitude historique et à l’expérience, ce ne sont que des reliques du passé, qu’il faut ensevelir! 

“Je ne peux pas être d’accord avec lui. Je ne suis pas de ce FN des années 70, de l’après-guerre d’Algérie. “

“je suis d’accord pour un ticket. Marine Le Pen décidera. Mais hors de question que ce soit avec Bruno Gollnisch. “(La Provence)

Marion Maréchal-Le Pen risque de souffrir du défaut de la jeunesse, en se montrant trop sûre d’elle-même, ainsi qu’elle l’avait manifesté dans le Vaucluse en affirmant qu’elle faisait de la défaite des candidatures Bompard (Ligue du Sud) “une affaire personnelle. Or elle a été désavouée par les électeurs sur ce point précis. A la suite du résultat des Départementales, trois élus de Cavaillon ont d’ailleurs quitté le FN pour la Ligue du Sud. (Le Dauphiné)

Pas de cumul de mandats

Par ailleurs la jeune femme précise que si elle était élue à la présidence de la région, elle démissionnerait aussitôt de son mandat de députée, ce qui serait une perte de représentativité pour le FN dont elle est l’une des deux seuls élus à la chambre des députés. Le troisième élu de la Droite nationale étant précisément de la Ligue du Sud en la personne du maire d’Orange, Jacques Bompard. Elle ne réfute pas, par contre, un éventuel ticket avec Stéphane Favier et s’en remet à l’autorité de sa tante Marine, bien qu’elle fasse observer que dans ce cas celui-ci serait atteint par le cumul des mandats étant déjà sénateur et maire d’arrondissement de Marseille.

“Ceux qui pensent qu’il y a d’un côté un FN républicain et de l’autre un FN plus conservateur se trompent.” (La Provence)

“J’ai été surprise par la véhémence de certains propos”

A propos de commentaires hostiles de la part de responsables FN, elle déclare:

“Certains commentaires n’étaient pas utiles, notamment de la part de gens auxquels on n’avait rien demandé. Je le regrette. Dans une situation de crise grave, on évite de perturber encore plus la concorde du parti. J’ai été surprise par la véhémence de certains propos, d’un côté comme de l’autre. Comme l’a souligné Louis Aliot, certains commentaires sur Twitter étaient incompréhensibles. C’est la raison pour laquelle je n’ai pas souhaité y participer.” (Figaro)

A propos de Florian Philippot elle déclare:

“Je n’ai pas compris pourquoi il avait lancé un débat sur l’exclusion alors même que cela n’était pas l’objet du débat initial. Il a pris une initiative personnelle. J’aurais aimé qu’elle soit prise en concertation avec la présidente du mouvement.” (Figaro)

Marion  Maréchal-Le Pen entend donc prendre de l’avance dans le combat qui s’annonce pour la tête de liste de Provence-Alpes-Côte d’Azur, mais gageons que Bruno Gollnish qui, seul entre tous a eu le courage de ne pas hurler avec les loups tout en affrontant sereinement les questions des médias, sans attaquer personne dans son camp, se présentera à la commission d’investiture avec des chances quasi-nulles de l’emporter. La vieille garde est très mal tolérée au sein des instances du FN depuis la prise de pouvoir de Marine Le Pen.

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