monuments men2Monuments Men bénéficie d’un casting prestigieux avec Georges Clooney, Matt Damon, Bill Murray, Cate Blanchett. On sait que ce n’est pas toujours gage de réussite. C’est le 5ème film de George Clooney en tant que réalisateur. Par ce film, il a voulu faire découvrir au public tout un pan de l’histoire que sont les Monuments Men. Alors que les Nazis pillent les églises, les musées et spolient les biens des Juifs et qu’Hitler par le décret Néro menace de tout détruire, un groupe d’hommes est chargé de les retrouver et de les expertiser afin de les rendre et de les sauver.

Le film essaye de rendre une ambiance bonne enfant des films de guerre des années comme le Jour le plus long donc peu d’hémoglobine et aucune scène de bataille à proprement parler mais ne nous y trompons les Monuments Men font l’expérience du feu même si ce ne sont pas du tout des hommes de guerre. On retrouve pêle-mêle architecte, peintre, conservateur etc… On peut y trouver une pointe d’humour avec quelques moments drôles qui sont là pour alléger l’atmosphère et donner de la fraîcheur au film. Il n’échappe pourtant pas à des moments dramatiques et parfois tristes qui viennent nous rappeler la gravité et le drame de la situation qu’est la fin de la deuxième guerre mondiale. Les Monuments Men, en l’espace de quelques jours, deviennent une bande d’amis qui partagent tout au fur et à mesure que la mission avance. Pourtant ce ne sont pas les seuls héros auxquels le film veut rendre hommage. On voit les prêtres belges tenter de sauver le retable de Gand (ndlr : on apprend que deux seront tués par les Allemands qui ont intercepté le convoi) puis  la Madonne de Bruges. C’est en voulant faire preuve de charité qu’ils se la feront volés. Le film met donc bien l’accent aussi sur une résistance au pillage du patrimoine artistique tout comme la secrétaire française qui profite de son poste pour espionner et tout noter sur un carnet qui se révélera bien précieux par la suite.

A travers le film se dessine une problématique qui revient sans cesse : « faut-il mourir pour sauver des œuvres d’art ? ». La mission est lancée par le professeur Stokes qui alerte le président Roosevelt sur le danger et la nécessité de sauver le patrimoine. Les Alliés, lors des bombardements en Italie, ont failli détruire la Cène de Léonard de Vinci. On peut comprendre que les militaires voient d’un mauvais œil les Monuments Men débarquer sur le théâtre d’opérations et ils n’hésitent pas à leur mettre des bâtons dans les roues. Le sauvetage du patrimoine ne doit pas mettre en danger les hommes. Du coup les Monuments Men se trouveront parfois bien seuls et devront faire preuve de débrouillardise. Ainsi la mission prend vie et au fur et à mesure qu’elle réussit, ils deviennent certains de son bien-fondé. On trouve de très beaux passages de réflexion sur le patrimoine, sa beauté et sa valeur. Stokes a compris qu’Hitler veut tuer la mémoire des peuples qu’il a conquis en leur enlevant leur patrimoine culturel, un patrimoine irremplaçable. Ainsi alors que certains considèrent cette mission comme ingrate et sans valeur, pour d’autres elle est tout simplement l’inverse. Mais il faut bien reconnaître que l’histoire, en général, les a un peu pour ne pas dire beaucoup oubliés.

Le film ne cherche pas la rigueur historique mais à rendre hommage ey à sortir de l’ombre les Monuments Men et tous ceux qui ont risqué leur vie pour sauver des œuvres d’art d’une valeur inestimable. Et c’est pourquoi, le film a déjà ses détracteurs, preuve en est l’accueil mitigé de la presse française. Dernière en date, on trouve le site Yagg. La raison est simple. L’unique femme du film Claire Simone, inspirée du personnage la résistante Rose Valland, n’est pas assez mis en valeur et son homosexualité est passée sous silence. Pire, elle flirte avec l’américain James Granger. Sexiste, trop « politiquement correct », le film n’aura pas la faveur du milieu LGBT et féministe. Il faut reconnaitre qu’au-delà du personnage un peu raté de Claire Simone qui aurait mérité autre chose, je trouve l’interprétation de l’actrice Cate Blanchett plutôt médiocre.

Ce film est américain et cela se sent bien sûr. On a même le privilège d’un climat d’avant-guerre froide puisque les Russes menacent aussi le patrimoine.  Ces derniers s’emparent des œuvres d’art qu’ils considèrent comme des compensations aux nombreux morts. Le mérite du film est de nous faire découvrir un pan de notre histoire mais aussi de poser la question de l’importance de l’art, de la culture et du patrimoine. Cette dernière problématique est vraiment intéressante. C’est vraiment un des points positifs du film alors qu’une partie de notre patrimoine part en déliquescence, faute de moyens.

Rappel de l’opération Printemps du Cinéma avec le prix de la place 3,50 euros jusqu’à mardi compris.

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