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21-22 juin 2026 : Négociations Iran-Etats-Unis,  en Suisse
21-22 juin 2026 : Négociations Iran-Etats-Unis, en Suisse

Les négociations américano-iraniennes ont conclu leur premier cycle ce lundi 22 juin 2026. Une feuille de route a été convenue. Téhéran approuve le retour des inspecteurs de l’AIEA.

Un rendez-vous sous haute tension

Après un week-end où diverses informations contradictoires et des vidéos maintenaient l’opacité sur le résultat du premier cycle de négociations entre l’Iran et les Etats-Unis, ce lundi, quelques indications sont parvenues à la presse sur l’aboutissement de la rencontre.

Retour sur ce rendez-vous sous haute tension. Mené sous l’égide du Pakistan et du Qatar, ce premier cycle se sont tenus dimanche en Suisse, dans la station alpine de Bürgenstock, entre les États-Unis et l’Iran. En présence des médiateurs qatariens et pakistanais, le vice-président américain JD Vance a rencontré du côté iranien le président du Parlement Mohammad Ghalibaf et le chef de la diplomatie Abbas Araghchi.

Un post de Donald Trump sur son réseau social Truth, menaçant de bombarder leur pays et déclarant que les négociateurs « n’arriveront même pas à retourner dans votre putain de pays » s’ils ne rouvrent pas tout de suite le détroit d’Hormuz, a mis le feu aux poudres ce qui a fait craindre un arrêt des pourparlers. À la suite de ces menaces, la délégation iranienne a refusé une photo avec le vice-président américain JD Vance et la partie américaine, quittant le lieu des négociations.

Panique

Une vidéo, où l’on voit la panique sur le visage du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif lorsqu’il apprend que les délégués iraniens quittaient les négociations avec les États-Unis, reflète les tensions régnantes entre les parties, et la détermination des Iraniens de ne pas se laisser dicter leur conduite par l’intempestivité de Trump. La version américaine, d’un diplomate de haut rang sur place, prétend que l’Iran n’a jamais quitté le lieu et que les discussions portaient sur la clarification des « messages iraniens confus » concernant Hormuz.

Quoi qu’il en soit, les Etats-Unis ayant désespérément besoin de mettre un terme à cette guerre, l’attitude ferme des Iraniens leur a permis d’obtenir des points non-négociables pour eux.

Tout d’abord concernant le Sud Liban, point non-négociable pour les Perses, Trump a instruit Netanyahu d’ordonner un retrait partiel du sud du Liban, selon la radio de l’armée israélienne. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a évoqué les « progrès significatifs accomplis dans la fin de la guerre au Liban ». Il a également déclaré que l’Iran avait bénéficié d’exemptions concernant les restrictions sur les exportations de pétrole et de produits pétrochimiques, que certains avoirs gelés avaient été débloqués et qu’un plan de reconstruction et de développement de 300 milliards de dollars avait été lancé : « Les exportations de pétrole et de produits pétrochimiques ne sont plus restreintes, le blocus est levé, certains avoirs gelés sont débloqués, et un plan de reconstruction et de développement majeur de l’Iran a été lancé. »

Progrès significatifs accomplis dans la fin de la guerre au Liban

De son côté, même si le programme nucléaire iranien, la raison entière pour laquelle cette guerre a commencé, n’a pas du tout été discuté, l’Iran a accepté le retour des inspecteurs de l’AIEA, a rapporté le journaliste d’Axios, Barak Ravid, avant d’annoncer que le vice-président américain J.D. Vance avait également confirmé ce retour.

Les négociations se sont conclues tôt ce matin, lundi 22 juin. Le Pakistan et le Qatar, médiateurs présents, l’ont annoncé dans un communiqué, précisant que, tandis que des progrès sont réalisés sur la sécurité dans le détroit d’Hormuz, le conflit au Liban et l’allègement de certaines restrictions imposées à l’Iran, les discussions techniques entre les deux parties se poursuivront jusqu’à la fin de la semaine. L’Iran et les États-Unis se sont entendus sur une feuille de route pour parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours. Ainsi, une ligne de communication a été mise en place pour éviter les incidents dans le détroit d’Hormuz, ainsi qu’une cellule de gestion des conflits, cellule de désescalade, visant à mettre fin aux combats au Liban.

Une fragile avancée : la clause libanaise exige un retrait israélien que Netanyahou a exclu

Les pourparlers se sont conclus dans un climat qualifié de « constructif et positif » par le Pakistan et le Qatar.

Cependant Téhéran a fait du Liban l’interrupteur d’arrêt. L’Iran suspendra, rapporte l’Agence de Presse Tasmin toutes les négociations si Israël ne se retire pas du sud du Liban, citant l’article 1. Sans cela, « les négociations sont fondamentalement dénuées de sens ». Netanyahou a déclaré que les soldats de Tsahal resteront dans la zone de sécurité aussi longtemps que nécessaire. Le principal danger pour les discussions est donc toujours présent.

Toute la structure de l’accord dépend de cette clause libanaise qui exige un retrait israélien que Netanyahou a exclu. Le problème massif du Liban, avant même que la question nucléaire ne soit discutée, ne donne pas de raison d’être optimiste.

Francesca de Villasmundo

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