En avril 2009, Benoît XVI se voit attaqué sur tous les fronts et subit un véritable lynchage médiatique. Il lui est reproché le discours de Ratisbonne où il avait osé citer l’empereur byzantin lettré Manuel II Paléologue : “ Montrez-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau. Vous ne trouverez que des choses mauvaises et inhumaines, comme le droit de défendre par l’épée la foi qu’il prêchait ”. Mais le déchaînement médiatique atteint son comble quand lors de son retour d’Afrique il déclare à propos du sida : « …On ne peut résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, leur utilisation aggrave le problème ». Que n’avait-il pas dit-là ? Le pape se voit interpeller par la presse : « faute grossière », « énième bourde ». Des sondages exigent sa démission. Bref la « bien-pensance » pousse des cris d’orfraie attisés par la franc-maçonnerie : le Grand Orient, la Grande Loge féminine de France etc. expriment « leur stupéfaction et leur indignation devant ces propos irresponsables …Ces propos scandaleux…insupportable…attitude obscurantiste ». « Criminel» « Ignoble ». Bernard Kouchner qui ce jour ne portait pas son sac de riz sur l’épaule, déclare que « les propos du pape mettent en danger les politiques de santé publique ». De droite comme de gauche, la démission du pape est exigée. Tout le monde s’y met : pour Bachelot « ce pape commence à créer un véritable problème ». Pour Juppé, il est « autiste ». Pour Cohn Bendit « y en a marre de ce pape…meurtre prémédité ». L’Episcopat français est sur la réserve.

Presque personne ne tient compte d’un article publié par Le Monde du 11 avril 2009 intitulé « Et si le pape avait raison ! ». Il est écrit par Edward C. Green, responsable de la recherche sur le sida à l’Université de Harvard, la plus prestigieuse des Etats-Unis. Citation : « Il existe une relation systématique mise en évidence par nos meilleures enquêtes, y compris par l’organisme « Demographic Health Survey » entre l’accès facilité aux préservatifs et leur usage plus fréquent et des taux d’infection par le virus du sida plus élevés et non plus faibles ». En résumé, plus le préservatif est diffusé, plus il y a de sida.

Dix jours plus tard le 21 avril 2009 paraît un article des Diplomatic & International News titré de même « Et si le pape avait raison…. ». Le Pr Gnagni-Angaté Hervé, chirurgien thoracique et cardiovasculaire à Abidjan explique ce qui tient du bon sens : on voit des grossesses sous préservatifs. Le virus du sida est infiniment plus petit que le spermatozoïde. Le préservatif n’est pas fiable dans 10 % des cas chez les hétérosexuels et 30 % chez les homosexuels. En prenant l’exemple de l’Ouganda il explique que le seul moyen d’éviter le sida est la fidélité conjugale.

Or ce jour du 29 novembre 2013, Le Figaro fait une déclaration étonnante : « Le préservatif semble remis en question pour la prévention du sida chez les populations à risques qui ont tendance à faire davantage confiance aux tests de dépistage ou aux traitements antirétroviraux, selon deux études publiées aujourd’hui dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). » Presque une personne sur deux pense que le préservatif est inefficace. Mais qui au juste pense cela ? En réalité ceux qui sont concernés le plus directement par le nombre de personne infectées par le VIH. En pratique les populations vivant en Guyane, Martinique et Guadeloupe lesquelles « font apparaître des doutes grandissants». En réalité les mêmes que ceux émis par une « étude réalisée en 2011 auprès des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), un groupe très à risque. »

Et cela même le pape ne pouvait se permettre de le dire.

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