Pope Francis arrives for an audience with Lutheran pilgrims in the Paul VI Hall at the Vatican, Thursday, Oct. 13, 2016. (AP Photo/Alessandra Tarantino)

Rome et Luther : qui eut cru qu’un jour, les deux s’aimeraient d’un amour fou, que la statue de Luther trônerait au Vatican et que le pape vivrait dans l’attente fébrile de la commémoration du 500e anniversaire de la Réforme protestante ! Certainement pas les pontifes d’avant Vatican II qui ont toujours considéré Martin Luther et l’église protestante issue de sa révolution doctrinale respectivement un hérétique et une secte. Ils doivent se retourner dans leurs tombes pour ne pas voir ce spectacle affligeant !

Mais un vent nouveau, Notre Temps, fruit des réformes conciliaires, orgueilleux de sa puissante jeunesse souffle, depuis 50 ans, sur la colline du Vatican et défonce les portes de l’Église catholique pour l’ouvrir au monde et lui faire perdre, au passage, son latin et sa doctrine. Vent prométhéen annonciateur d’une renaissance qui n’est qu’un renoncement à une Vérité unique pour croire en une multitude d’opinions diverses et contradictoires et complaire à toutes les spiritualités. Vent transgenre qui change l’identité spirituelle de l’Église catholique. Vent progressiste d’où l’illumination des esprits surgit, telle une étincelle occulte, de rencontres œcuméniques en dialogue inter-religieux :

« Luthériens et catholiques prennent conscience que l’opposition du XVIe siècle est finie » avait déclamé déjà le cardinal Koch en 2013 en prophétisant sans le savoir tant Jorge Maria Bergoglio s’y atèle en athlète romain de la cause luthérienne : « le véritable succès de la Réforme ne peut être atteint que par le dépassement des divisions ». C’est donc au succès plénier de la Réforme, et non de l’Église catholique, que travaillent les instances de la Rome moderniste et, il faut le dire, tellement cet adjectif lui va comme un gant, néo-protestante.

La commémoration des 500 ans de la Réforme protestante par le pape François et les protestants approche à grands pas. Plus que trois jours avant le début de cette rencontre œcuménique à la gloire du luthéranisme. Plus que trois jours avant la concrétisation qui sera mondialement médiatisée de ce nouveau scandale de l’Église conciliaire, de cette nouvelle humiliation pour l’Église catholique, de cette victoire tardive des Luthériens sur le Concile de Trente.

Au Vatican, le voyage en Suède tant préparé, annoncé, loué, du pape argentin, admirateur du moine apostat Luther, pour fêter la révolution protestante dont l’anniversaire adviendra en 2017, année des 100 ans de Fatima, a été présenté, il y a deux jours, à l’invitation de la Salle de Presse du Vatican par… un pasteur protestant, le secrétaire général de la Fédération luthérienne mondiale, Martin Junge, et le cardinal Koch, préfet du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Pour bien scander sur tous les tons et toutes les gammes les louanges du déculottage romain dans cet accord entre luthériens et catholiques « sur la question de la justification » et « de cette commémoration commune des 500 ans de la Réforme de Martin Luther » ! Car pour un déculottage s’en est un : magistral… mais pas magistériel !

La nouveauté de ce voyage a souligné l’indéboulonnable cardinal Kurt Koch « consiste dans le fait que nous avons une commémoration commune » alors que dans le passé les commémorations étaient distinctes et sources de « polémiques ». Oh que c’est vilain la polémique. Paix, paix, paix, s’il vous plait ! Nous sommes tous frères !

Le responsable de la salle de presse du Vatican, Georges Burke, a précisé qu’il n’est pas prévu que le pape annonce des nouveautés sur le thème de l’inter-communion, en rappelant cependant que François avait déjà fait un geste significatif d’ouverture au cours d’une visite à l’église luthérienne de Rome en novembre 2015.

Et puis tant qu’on y est, il faut battre le fer tant qu’il est chaud, ce que s’empresse de faire l’inénarrable Koch, fervent défenseur lui-aussi de Martin l’apostat : ce voyage affirme-t-il témoignera de la nouvelle considération fraternelle qui consiste à enseigner que Luther n’entendait pas diviser l’Église mais la réformer « mais que cela n’a pas été possible, à la fin il y a eu des divisions et une horrible guerre confessionnelle ». Parce que, à entendre ces belles mentalités conciliaires, c’est pas la faute à Luther mais la faute à…, elles n’osent pas l’avouer tout haut mais le pensent tout bas, l’Église catholique ! Qui n’a pas su comprendre la belle âme réformatrice qui se cachait derrière les grossièretés, les blasphèmes, les beuveries et orgies, les coucheries et « ripalleries » dont se délectait ce bon Luther. Oh le pauvre chéri ! Si incompris ! Et vlan, cela a donné les guerres de religions ! Enfin un vent nouveaux lui ouvre les portes de l’amour fou conciliaire et pourquoi pas, bientôt, de la sainteté œcuménique…

Non-sens que les explications alambiquées du Kurt Koch sous perfusion protestante. Véritable sophisme ecclésiastique d’un fanatique cardinal œcuménique et vision révisionniste de l’histoire du XVIe siècle. Les horribles guerres de religions sont les funestes conséquences de la révolution doctrinale et politique prêchée par le moine défroqué, révolte violente qui n’est elle-même que le fruit de l’esprit névrosé et rebelle et de la sensualité concupiscente de Martin le désespéré.

Si pour Martin Junge, suivi par Koch, « nous [luthériens et catholiques] sommes sur la bonne route » et que « nous pouvons avancer sur le chemin d’une nouvelle déclaration » concernant les points relatifs au ministère, à l’Église et à l’Eucharistie, non encore clarifiés, pour tout catholique fidèle ce chemin œcuménique est celui de l’apostasie.

A ne pas suivre… il ne mène pas au Ciel !

Francesca de Villasmundo

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