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Samedi in Albis – Station à Saint-Jean-de-Latran – Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ.

DÉPOSITION DES HABITS BLANCS. Chacun des jours de cette semaine, l’Office des Vêpres s’est accompli avec la même solennité dont nous avons été témoins au Dimanche. Le peuple fidèle remplissait la Basilique, et accompagnait de ses regards et de son intérêt fraternel cette blanche troupe de néophytes qui s’avançait, chaque soir, à la suite du Pontife, pour revoir encore l’heureuse fontaine qui donne une nouvelle naissance à ceux qui y sont plongés. Aujourd’hui, le concours est plus grand encore ; car un nouveau rite va s’accomplir. Les néophytes, en quittant le vêtement qui retrace à l’extérieur la pureté de leurs ainés, vont prendre l’engagement de conserver intérieurement cette innocence dont le symbole ne leur est plus nécessaire. Par ce changement qui s’opère sous les yeux des fidèles, l’Église est censée rendre ses nouveaux enfants à leurs familles, aux soins et aux devoirs de la vie ordinaire ; c’est à eux maintenant de se montrer ce qu’ils sont désormais pour toujours : chrétiens, disciples du Christ. Au retour du Baptistère, et après avoir terminé l’Office des Vêpres par la station devant la Croix de l’arc triomphal, les néophytes sont conduits dans une des salles attenantes à la Basilique, et dans laquelle on a préparé un vaste bassin rempli d’eau. L’Évêque, assis sur un siège d’honneur, et voyant autour de lui ces jeunes agneaux du Christ, leur adresse avec émotion un discours dans lequel il exprime la joie du Pasteur, à la vue des heureux accroissements du troupeau qui lui est confié. Il félicite de leur bonheur ces élus de la grâce divine ; et venant ensuite à l’objet de leur réunion dans ce lieu, c’est-à-dire à la déposition des vêtements qu’ils reçurent de ses mains au sortir de la fontaine du salut, il les avertit paternellement de veiller sur eux-mêmes et de ne jamais souiller cette blancheur de l’âme dont celle des habits n’a été que la faible image.

Les vêtements blancs des néophytes leur ont été fournis par l’Église, ainsi que nous l’avons vu au Samedi saint ; c’est pour cette raison qu’ils viennent les remettre entre les mains de l’Église. L’eau du bassin est destinée à les laver. Après l’allocution, le Pontife bénit cette eau, en récitant sur elle une Oraison dans laquelle il rappelle la vertu que l’Esprit-Saint adonnée à cet clément de purifier les taches même de l’âme. Puis se tournant vers les néophytes, après avoir adressé à Dieu ses actions de grâces par la récitation du Psaume CXVI, il prononce cette belle prière : « Visitez, Seigneur, votre peuple dans vos desseins de salut ; voyez-le tout illuminé des joies pascales ; mais daignez conserver dans nos néophytes ce que vous y avez opéré vous-même, pour qu’ils fussent sauvés. Faites qu’en se dépouillant de ces robes blanches, le changement ne soit en eux qu’un changement extérieur ; que l’invisible blancheur du Christ soit toujours inhérente à leurs âmes ; qu’ils ne la perdent jamais ; et que votre grâce les aide à obtenir par les bonnes œuvres cette vie immortelle à laquelle nous oblige le mystère de la Pâque. »

Après cette prière, les néophytes aidés, les hommes de leurs parrains, et les femmes de leurs marraines, dépouillaient les vêtements blancs, qui étaient consignés aux mains des serviteurs de l’Église charges de les laver et de les conserver. Ils se revêtaient ensuite de leurs habits ordinaires, toujours aides de leurs parrains et marraines ; et enfin, reconduits aux pieds du Pontife, ils recevaient de sa main le symbole pascal, l’image en cire de l’Agneau divin. Le dernier vestige de cette touchante fonction est la distribution des Agnus Dei que le Pape fait en ce jour, à Rome, la première et chaque septième année de son pontificat. On a vu comment ils ont été bénis par le Pontife le Mercredi précédent, et comment les rites que le Pape emploie dans cette occasion rappellent le baptême par immersion des néophytes. Le samedi suivant, dans les années dont nous venons de parler, il y a Chapelle papale au palais. Après la Messe solennelle, le Souverain Pontife étant sur son trône, on apporte dans des corbeilles les Agnus Dei, qui sont en très grand nombre. Le Prélat qui les présente chante ces touchantes paroles empruntées à l’un de ces beaux Répons que nous avons cités : « Saint Père, voici ces agneaux nouvelets qui nous ont annoncé l’Alléluia ; ils sortent à l’instant de la fontaine ; ils sont tout brillants de lumière. » Le Pape répond : Deo gratias. La pensée se reporte alors à ces temps où, en ce jour même, les nouveaux baptisés étaient amenés aux pieds du Pontife comme de tendres agneaux à la blanche toison, objet des complaisances du pasteur. Le Pape fait lui-même de son trône la distribution des Agnus Dei aux Cardinaux, aux Prélats et à tous ceux des assistants que les maîtres des cérémonies laissent approcher ; et ainsi se termine cette cérémonie si intéressante et par les souvenirs qu’elle retrace, et par son objet actuel.

Nous n’achèverons pas les récits qui se rattachent à ce dernier jour de l’Octave des nouveaux baptisés, sans avoir dit un mot de la Pâque annotine. On nommait ainsi le jour anniversaire de la Pâque de l’année précédente ; et ce jour était comme la fête de ceux qui comptaient une année révolue depuis leur baptême. L’Église célébrait solennellement le Sacrifice en faveur de ces nouveaux chrétiens, auxquels elle remettait ainsi en mémoire l’immense bienfait dont Dieu les avait favorisés en ce jour ; et c’était l’occasion de festins et de réjouissances dans les familles dont les membres avaient été, l’année précédente, du nombre des néophytes. S’il arrivait, à raison du mouvement irrégulier de la Pâque, que cet anniversaire tombât, l’année suivante, dans quelqu’une des semaines du Carême, on devait s’abstenir cette année-là de célébrer la Pâque annotine, ou la transférer après le jour de la Résurrection. Il paraît que, dans certaines Églises, pour éviter ces continuelles variations, on avait fixé l’anniversaire du Baptême au Samedi de Pâques. L’interruption de l’usage d’administrer le Baptême dans la fête de la Résurrection devait amener peu à peu la suppression de la Pâque annotine ; on en trouve cependant encore des traces en quelques lieux jusqu’au XIIIe siècle, et peut-être au-delà. Cette coutume de fêter l’anniversaire du Baptême étant fondée sur la grandeur du bienfait qui pour chacun de nous se rattache à ce jour, n’a jamais dû sortir des habitudes chrétiennes ; et de nos temps, comme dans l’antiquité, tous ceux qui ont été régénérés en Jésus-Christ doivent au moins porter à ce jour où ils ont reçu la vie surnaturelle, le respect que les païens portaient à celui qui les avait mis en possession de la vie naturelle. Saint Louis aimait à signer Louis de Poissy, parce que c’était sur les fonts de l’humble église de Poissy qu’il avait reçu le baptême ; nous pouvons apprendre d’un si grand chrétien à tenir mémoire du jour et du lieu où nous fûmes faits enfants de Dieu et de son Église.

Le septième jour de cette semaine durant laquelle nous avons suivi toutes les phases de la création, à partir du moment où la lumière, sortant du néant, désigna le jour où celui qui est la lumière incréée et infinie devait sortir lui-même des ombres du tombeau ; le septième jour s’est levé, et nous y révérons le repos du Seigneur qui cesse de créer. Mais ce jour est aussi celui du repos que le même Seigneur a voulu prendre dans son glorieux sépulcre. Honorons aujourd’hui ce second mystère qui nous révèle, bien plus vivement encore que le premier, l’amour du Fils de Dieu pour l’homme ; et payons notre hommage du Samedi, en lui offrant la prière que le Bréviaire mozarabe consacre aujourd’hui à l’accomplissement de ce devoir.

Sanctoral

Bienheureuse Marie de l’Incarnation, Carmélite (1545-1618)

La bienheureuse Marie de l’Incarnation naquit à Paris. Elle fut, dès sa jeunesse, attirée vers la vie religieuse. Ses parents s’opposèrent à sa vocation, préférant pour elle un riche mariage. La pieuse enfant dut se résigner; après quelques années qu’elle passa dans l’humilité, la prière et la mortification, elle fut mariée à un noble gentilhomme nommé Pierre Acarie. Une fois son sacrifice fait, la jeune épouse ne songea plus qu’à se sanctifier dans ce nouvel état. Elle éleva ses trois garçons et ses trois filles avec un rare dévouement, surveillant leurs prières, leurs travaux, leurs jeux, et les soumettant à une règle sage toujours ponctuellement exécutée: “Maintenant je suis vraiment heureuse, leur dit-elle un jour, je vois que vous aimez Dieu et que Dieu vous aime!”  Son mari eut à subir de grandes épreuves, qu’elle partagea avec une parfaite résignation. Plus tard, elle n’en parlait qu’avec joie: “Quel temps! Quels heureux jours! Qu’on trouve bien Dieu dans l’épreuve!”  Mme Acarie eut la plus grande part à l’introduction des Carmélites en France. Elle entra elle-même au Carmel après la mort de son mari, à la condition de n’être que soeur converse: “Ma Mère, dit-elle en arrivant, je suis une pauvre mendiante qui vient supplier la Miséricorde divine et me jeter dans les bras de la religion.” On la vit toujours occupée aux plus bas offices, cuisine, vaisselle, raccommodage. Parmi les belles paroles qu’on cite d’elle, en voici quelques-unes:  “Le seau du puits ne s’emplit pas à moins qu’il ne s’abaisse; moi, je reste vide faute de m’abaisser.”   “Je suis gonflée d’orgueil comme les reptiles sont gonflés de venin.” Dans ses souffrances: “Quoi! Mourir sans souffrir! Le désir de souffrir me fera mourir!” Peu avant sa mort: “Ce que je souffre n’est rien en comparaison de ce que je voudrais souffrir, et pourtant quelles douleurs! Mon Dieu, ayez pitié de moi.” Cette âme admirable s’envola vers Dieu le 18 avril 1618.

Martyrologe

Au mont Sénario, en Toscane, l’anniversaire de saint Amidéi confesseur, l’un des sept fondateurs de l’Ordre des Servites de la bienheureuse Vierge Marie. Il se signala par son très ardent amour de Dieu. Sa fête se célèbre avec celle de ses compagnons la veille des ides de février (12 février).

A Rome, le bienheureux Apollonius sénateur. Sous l’empereur Commode et le préfet Perennius, il fut dénoncé comme chrétien par un de ses esclaves; obligé de rendre raison de sa foi, il composa une excellente apologie qu’il lut en plein Sénat, mais, par une sentence de cette assemblée, il fut néanmoins décapité pour le Christ.

A Messine, en Sicile, l’anniversaire des saints martyrs Eleuthère, évêque d’Illyrie, et Anthie sa mère. Célèbre par la sainteté de sa vie et la vertu de ses miracles. Eleuthère fut, sous l’empereur Adrien, étendu sur un lit de fer chauffé au rouge, jeté ensuite dans une chaudière d’huile et de résine bouillante, puis exposé aux lions, qui ne lui firent aucun mal; enfin on lui coupa la gorge en même temps qu’à sa mère.

A Cordoue, saint Parfait, prêtre et martyr, massacré par les Maures, pour avoir invectivé contre la secte de Mahomet et proclamé avec force la foi au Christ.

A Messine, en Sicile, saint Corèbe préfet: converti à la foi par saint Eleuthère, il périt par le glaive.

A Brescia, saint Calocer martyr. Attiré au Christ par les saints martyrs Faustin et Jovite, il accomplit son glorieux combat pour la foi, sous l’empereur Adrien.

A Milan, saint Galdin, cardinal et évêque de cette ville. Il rendit son âme à Dieu en achevant un sermon contre les hérétiques.

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