Vigile de la Pentecôte

Aujourd’hui est une vigile solennelle et, par suite, un jour de pénitence complet, avec jeûne et abstinence (dans certains diocèses, cependant, cette obligation ne s’impose plus sous peine de péché ; ce n’est plus qu’un simple conseil). La vigile est toujours un jour de préparation. La maison de l’âme doit être nettoyée et parée pour la grande fête. Deux pensées occupent le chrétien qui vit avec l’Église : a) il se rappelle son baptême ; b) il se prépare à la Pentecôte.

Dans l’antiquité, cette journée ressemblait à celle de la veille de Pâques. Sur le soir les fidèles se rendaient à l’église pour prendre part aux solennités de l’administration du baptême. Dans la nuit qui suivait, le sacrement de la régénération était conféré aux catéchumènes que l’absence ou quelque maladie avait empêchés de se joindre aux autres dans la nuit de Pâques. Ceux qu’on n’avait pas jugés suffisamment éprouvés encore, ou dont l’instruction n’avait pas semblé assez complète, ayant satisfait aux justes exigences de l’Église, contribuaient aussi à former le groupe des aspirants à la nouvelle naissance qui se puise dans la fontaine sacrée. Au lieu des douze prophéties qui se lisaient dans la nuit de Pâques pendant que les prêtres accomplissaient sur les catéchumènes les rites préparatoires au baptême, on n’en lisait ordinairement que six ; ce qui amène à conclure que le nombre des baptisés dans la nuit de la Pentecôte était moins considérable. Le cierge pascal reparaissait durant cette nuit de grâce, afin d’inculquer à la nouvelle recrue que faisait l’Église, le respect et l’amour envers le Fils de Dieu, qui s’est fait homme pour être « la lumière du monde ». Tous les rites que nous avons détaillés et expliqués au Samedi saint s’accomplissaient dans cette nouvelle occasion où paraissait la fécondité de l’Église, et le divin Sacrifice auquel prenaient part les heureux néophytes commençait dès avant le point du jour. Dans l’Antiquité, comme le rapporte Schuster, la célébration, au même titre que la Vigile de Pâques, se faisait au Latran durant la nuit du samedi au dimanche. Au XIIe s., elle fut anticipée dans l’après-midi. Vers la fin du jour, le pape se rendait alors à Saint-Pierre pour le chant des vêpres et des matines solennelles. L’extension de la célébration du baptême à d’autres jours, la pratique du baptême des enfants « quam primum » a enlevé l’exclusivité de ces célébrations à la veille de Pentecôte, réduisant cette journée au rang de préparation à la fête, au même titre que les autres vigiles, tout en lui gardant une célébration propre au caractère clairement baptismal.

Sanctoral

Saint Félix I, Pape et Martyr

Félix 1er était Romain de naissance. Son père s’appelait Constance. C’est au pape saint Félix, qui devait lui-même mourir martyr quelques années plus tard, en 274, que remonte le décret prescrivant de célébrer la sainte messe sur les tombes des martyrs. Cette prescription est toujours observée, puisque dans toute pierre d’autel il y a une petite cavité, appelée tombeau, où sont déposées et scellées des reliques de martyrs. Cet usage d’unir le souvenir des martyrs au sacrifice de la messe montre, qu’aux yeux de l’Église, les souffrances des chrétiens tirent tout leur prix de leur union aux souffrances et au sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il fit deux ordinations au mois de décembre dans lesquelles il ordonna neuf prêtres, cinq diacres et cinq évêques pour différents sièges. Il souffrit le martyre.

Sainte Jehanne d’Arc, Vierge et Martyre, Libératrice de la France

Désignée par Pie XI comme patronne secondaire de la France, « Jeanne, épouse du Christ, patronne et gardienne de la France », « fut suscitée miraculeusement par Dieu pour défendre la foi et la patrie ». « Instruite par des voix célestes et remplie de la lumière de Jésus », elle sut, par sa sagesse, « s’imposer à l’admiration des princes et des grands, soumettre des nations étrangères, et laisser à la postérité un souvenir éternel ». « Revêtue de la cuirasse de la justice et les reins ceints de la vérité », la Pucelle « quitte par obéissance son père et sa mère, et devenue soldat de Dieu, elle s’en va chevauchant sans peur où l’Archange Michel l’envoie ». « Au milieu des dangers mortels, elle ne craint pas, car le Seigneur Jésus qui est avec elle », « la revêt de sa force », « la nourrit de son pain céleste et lui accorde la victoire ». « Environnée de flammes, elle invoque Jésus et embrassant la croix elle s’envole vers lui comme une innocente colombe ». Elle « va se joindre aux chœurs bienheureux des Vierges », « où elle prie sans cesse pour son peuple et pour toute la nation française ». Elle mourut à Rouen en 1431.

Saint Ferdinand de Castille, Tertiaire capucin

Saint Ferdinand (1199 – 1252) est, sans exagération, l’espagnol le plus illustre de l’un des plus grands siècles de l’histoire humaine, le treizième, et l’une des figures les plus hautes de l’Espagne ; il est peut-être, avec Isabelle la Catholique, le personnage le plus complet de toute notre histoire politique. Il est l’un de ces modèles humains qui conjuguent au plus haut degré la piété, la prudence et l’héroïsme ; l’un des greffons les plus heureux, en quelque sorte, des dons et des vertus surnaturels sur les dons et les vertus humains. A la différence de son cousin germain saint Louis IX de France, Ferdinand III n’a pas connu la défaite, ni même l’échec. Il a triomphé dans toutes ses entreprises intérieures et extérieures. Dieu a porté ces deux cousins à la sainteté par des voies humaines opposées : l’un sous le signe du triomphe terrestre, l’autre sous celui du malheur et de l’échec. Ferdinand III a uni définitivement les couronnes de Castille et de León. Il a reconquis la quasi-totalité de l’Andalousie et de Murcia. Les sièges de Cordoue, de Jaén, de Séville, et la conquête de bien d’autres places de moindre importance ont revêtu une grandeur épique. Le roi maure de Grenade est devenu son vassal. Une première expédition castillane a pris pied en Afrique, et notre roi est mort alors qu’il planifiait le passage définitif du détroit. Il a entrepris la construction des plus belles de nos cathédrales (Burgos et Tolède certainement, peut-être León, qui a commencé sous son règne). Il a pacifié ses Etats et les a administrés avec une justice exemplaire. Il fut tolérant envers les Juifs et rigoureux à l’égard des apostats et des faux convertis. Il promut la science et consolida les universités naissantes. Il créa la marine de guerre castillane. Il protégea les récents Ordres mendiants, franciscains et dominicains, et prit garde à l’honnêteté et à la piété des soldats. Il prépara la codification de notre droit, instaura le castillan comme langue officielle des lois et des documents publics, à la place du latin. Il est de plus en plus certain, historiquement, que le fleurissement juridique, littéraire et même musical de la cour d’Alphonse X le Sage [son fils] fut le fruit de l’œuvre de son père. Il a peuplé et colonisé consciencieusement les territoires conquis. Il a institué ce qui allait devenir les Conseils du Royaume, en désignant un collège de douze hommes savants et prudents pour l’assister. Il a observé rigoureusement les pactes et les engagements pris à l’égard de ses adversaires, les chefs maures, même lorsque des raisons de convenance politique nationale se sont ultérieurement présentées. En un sens, il était l’antithèse chevaleresque du “prince” de Machiavel. Il fut un habile diplomate et, en même temps, le promoteur infatigable de la Reconquête. Il n’a voulu la guerre qu’en tant que croisade chrétienne et de légitime reconquête nationale, et il a respecté son engagement de ne jamais prendre les armes contre d’autres princes chrétiens, épuisant pour cela toutes les ressources de la patience, de la négociation et du compromis. Au sommet de l’autorité et du prestige, il s’est constamment attaché, avec une tendresse filiale, exprimée à maintes reprises dans des documents officiels, à suivre les sages conseils de la mère exceptionnelle qui était la sienne, Bérengère. Il a dominé les seigneurs turbulents, pardonné magnanimement aux nobles vaincus qui se sont soumis, et il a honoré de ses largesses les chefs fidèles de ses campagnes. Il a favorisé le culte et la vie monastique, tout en exigeant la coopération économique des mains-mortes ecclésiastiques et féodales qui était due. Il a renforcé la vie des municipalités, et réduit au minimum les contributions économiques nécessitées par ses entreprises guerrières. En une époque aux mœurs licencieuses, il a donné l’exemple d’une très haute pureté de vie et de ses sacrifices personnels, en gagnant ainsi auprès de ses fils, des prélats, des nobles et du peuple la réputation unanime d’être un saint. Comme gouvernant, il fut à la fois sévère et bienveillant, énergique et humble, audacieux et patient, courtois et pur. Il a incarné ainsi, avec son cousin saint Louis IX de France, l’idéal chevaleresque de son époque. A sa mort, selon les témoignages contemporains, hommes et femmes éclatèrent en sanglots dans les rues, y compris les hommes de guerre. Bien plus. Nous savons qu’il a conquis même le cœur de ses ennemis, à ce point a priori inconcevable que certains princes ou rois maures ont embrassé la foi chrétienne à cause de son exemple.  « Nous n’avons rien lu de tel au sujet de rois antérieurs », dit la chronique contemporaine du Tudense, en parlant de l’honnêteté de ses mœurs. « C’était un homme doux, avec un grand sens politique », témoigne l’historien Al Himyari, son adversaire musulman. Le roi maure de Grenade fut présent à ses obsèques, avec une centaine de nobles portant des flambeaux. Son petit-fils, Jean-Manuel, l’appelait déjà, dans l’Exemplo XLI, « le saint et bienheureux roi Don Fernando ». [José M. Sánchez de Muniáin, San Fernando III de Castilla y León, Año cristiano, tome II, Ed. BAC 1959, Madrid, pp. 523-531.]

Martyrologe

Saint Félix Ier, pape et martyr, dont l’anniversaire est mentionné le 3 des calendes de janvier (30 décembre).

A Porto-Torrès, en Sardaigne, les saints martyrs Gabin et Crispule.

A Antioche, les saints Syque et Palatin, qui souffrirent de nombreux tourments pour le nom du Christ.

A Ravenne, saint Exupérance, évêque et confesseur.

A Pavie, saint Anastase évêque.

A Césarée de Cappadoce, les saints Basile et Emmélie son épouse. Ils furent les parents des bienheureux évêques Basile le Grand, Grégoire de Nysse, Pierre de Sébaste, et de la vierge Macrine.  Au temps de Galère Maximien, ces saints époux ayant été exilés, habitèrent les solitudes du Pont; après la persécution, ils moururent en paix, laissant leurs enfants héritiers de leurs vertus.

A Séville, en Espagne, saint Ferdinand III, roi de Castille et de Léon, surnommé le Saint, à cause de ses éminentes vertus. Il se signala par son zèle pour la propagation de la foi, puis après avoir vaincu les Maures, il quitta un royaume terrestre pour s’envoler heureusement au royaume éternel.

A Rouen, sainte Jeanne d’Arc vierge, nommée la Pucelle d’Orléans. Après avoir courageusement combattu pour sa patrie, elle fut livrée au pouvoir des ennemis, condamnée par un jugement inique et brû1ée vive. Elle a été inscrite au catalogue des saints par le souverain pontife Benoît XV.

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