Tony Blair

L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, mis en face de ses mensonges, s’est excusé mercredi pour avoir entrainé son pays dans l’agression meurtrière de l’Irak en 2003 sous un faux prétexte: “C’était la décision la plus difficile que j’ai jamais prise (…) je l’ai prise de bonne foi. J’en endosse l’entière responsabilité. J’exprime ma peine, mes regrets et mes excuses”. Il a ajouté en manière d’excuse, qu’il était important que les États-Unis ne se battent pas seuls sur le sol irakien contre la terreur. Ce qui prouve que l’homme se refuse à endosser l’entièreté de sa faute puisque la terreur en provenance de l’Irak n’existait manifestement pas à cette époque. 

Cette guerre aurait fait en Irak, entre 200 000 et un plus d’un million de morts. Mais il est très difficile d’avoir des chiffres fiables, de nombreux morts n’ayant jamais été comptabilisés dont en plus les morts des conséquences de la misère et du manque de soins et de médicaments en raison de la guerre.

Georges Busch et Hillary Clinton rendront-ils compte un jour de cette guerre ?

29 lettres de l’ex-premier ministre britannique Tony Blair à l’ancien président américain George W. Bush ont été publiées le 5 juillet de cette année, dans lesquelles il l’assurait de son soutien dans sa volonté guerrière, des semaines avant le déclenchement des hostilités. 

Reste que les principaux initiateurs de cette guerre criminelle aux USA, n’ont jamais fait la moindre excuse, ni exprimé le moindre regret pour des fautes dont le monde entier aujourd’hui subi les conséquences meurtrières. Parmi ceux-ci, en premier Georges W. Busch, bien sûr, mais également Hillary Clinton qui était à l’époque sénatrice démocrate de l’État de New York et qui a soutenu l’intervention américaine en Irak. Hillary Clinton est aujourd’hui soutenue par Obama dans sa course à la maison blanche, alors qu’elle est en partie responsable des guerres actuelles du Moyen-Orient. Après avoir farouchement soutenu Busch dans son agression de l’Irak elle a notamment été l’avocate la plus énergique de l’administration Obama, comme secrétaire d’Etat, pour engager la guerre en libye; une guerre qui s’est étendue à la Syrie et au-delà. Des pays qui étaient alors prospères et paisibles.

Commentant la mort atroce de Mouammar Khadafi, la Secrétaire d’Etat aurait dit, se prenant pour Jules César: « Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort. »

Comment osent-ils donner des leçons à propos de la Crimée ?

Mercredi matin, le président de la commission mise en place il y a sept ans pour enquêter sur cette guerre, John Chilcot, a déclaré:  “Nous avons conclu que le Royaume-Uni avait décidé de se joindre à l’invasion de l’Irak avant que toutes les alternatives pacifiques pour obtenir le désarmement (du pays) ne soient épuisées. L’action militaire n’était pas inévitable à l’époque”.  

Une manière d’atténuer les responsabilités des dirigeants du pays, alors qu’avant la déclaration de guerre, les experts US chargés de contrôler que l’Irak ne fabriquait pas d’armes nucléaires avaient donné un rapport qui exonérait le pays de ces accusations. Mais le pouvoir américain et le pouvoir britannique avaient feint de ne rien savoir et avaient préféré se fier à un faux grossier, prétexte au déclenchement de cette première “guerre préventive”. En fait de prévention, le foyer de guerre allumé en 2003 par les États-unis et son allié britannique a embrasé tout le Moyen-Orient et s’étend en Afrique, en Europe et partout dans le monde aujourd’hui. Le concept nouveau de “guerre préventive” a été inauguré à cette occasion et pour les besoins des initiateurs.

 

La photo ci-dessus montre Tony Blair alors qu’il visitait les troupes britanniques en Irak en 2003 à Basra.

Les USA et le Royaume-Uni, aujourd’hui fer de lance des sanctions contre la Russie pour la réintégration de la Crimée dans la Fédération russe, sont les plus mal placés pour faire des leçons, alors que ce rattachement s’est opéré sans faire couler la moindre goutte de sang et selon la volonté des habitants. 

“Ceux qui ont renversé Saddam en 2003 sont responsables de la situation en 2015”

En 2015 l’ex-premier ministre Blair déclarait à CNN: « Je présente des excuses pour le fait que le renseignement était faux. Je présente également des excuses, au passage, pour certaines erreurs de planification et, certainement, pour notre erreur dans la compréhension de ce qui arriverait une fois que nous aurions renversé le régime. Mais il m’est difficile de demander pardon pour avoir renversé Saddam ». 

Répondant alors à la question de savoir si cette invasion avait mené à l’essor de l’EI, Tony Blair avait répondu: « Bien sûr, vous ne pouvez pas dire que ceux qui ont renversé Saddam en 2003 n’ont aucune responsabilité dans la situation en 2015. »

Le « faux renseignement » évoqué par l’ex-premier-ministre concerne de supposées armes de destruction massive de Saddam Hussein. Cette prétendue menace (alors éteinte à ce moment-là) a servi de prétexte pour faire admettre aux opinions publiques britannique et américaine l’invasion de l’Irak et la chasse à mort aux dirigeants irakiens. Cette menace s’est avérée inexistante et le prétexte brandi un faux grossier. Cette agression de l’Irak a engendré une guerre qui dure toujours. L’envoyé présidentiel américain chargé d’administrer l’occupation violente du pays, Paul Bremer, par, disons, son incurie a mis le pied à l’étrier d’Al Qaïda en Irak qui est devenu par la suite l’Etat islamique. En effet la dissolution du parti Baas et l’interdiction à ses hauts responsables d’exercer une fonction au sein du nouvel État avait précipité la chute du pays dans la guerre civile, en le désorganisant complètement, dressant les chiites contre les sunnites. Les officiers de l’armée dissoute se sont alors alliés aux agents de renseignement baasistes et aux sunnites pour former la branche d’Al-Qaida en Irak, matrice de l’Etat Islamique qui s’est depuis étendu en Syrie, en Lybie, au Liban, dans de nombreux pays d’Afrique et s’est disséminé un peu partout dans le monde. Le terrible attentat qui a frappé Bagdad le 6 juillet et qui a fait plus de 250 morts, est l’actuelle conséquence de l’agression du pays par les USA, le Royaume-uni et plus de vingt autres pays, en 2003. Mais la France ne faisait pas partie de cette coalition de la honte. 

L’Irak demandera-t-il des dédommagements de guerre ? Des parents britanniques de soldats tués au cours de la guerre en Irak semblent en tout cas prêts à poursuivre l’ancien premier ministre.

emiliedefresne@medias-mpresse.info

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