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Thierry Marignac, auteur et interprète, spécialiste de l’Ukraine et de la Russie, a traduit pour Médias Presse Info un article de Kit Klarenberg sur les fuites qui ont révélé qu’un journaliste raté du nom de Paul Mason conseillait l’ex-Premier ministre britannique Keir Starmer, son Secrétaire à la Défense et maintenant le chancelier John Healey et d’autres hauts fonctionnaires sur d’importants sujets de sécurité.
Pierre-Alain Depauw

Les annonces belliqueuses de Mason sur la nécessité pour la Grande-Bretagne de « dissuader » la Russie avec un réarment massif ont influencé les politiques et la rhétorique du parti travailliste.
Mason travaillait secrètement avec le célèbre agent du renseignement militaire Chris Donnelly à orienter les travaillistes vers une ligne dure contre la Russie et en faveur des dépenses militaires.
Depuis que la guerre par procuration en Ukraine a éclaté, Donnelly a guidé en secret les stratégies d’escalade de Londres, y compris les attentats sur le pont de Kerch, et la création d’armées terroristes dans le style de l’opération Gladio en Ukraine.
Durant tout ce temps, lui et Mason ont fourni des éléments de langage à Healey et autres pontes travaillistes au sujet du conflit, tout en donnant des conseils sur la façon dont la Grande-Bretagne devrait réagir aux développements politico-militaires de la situation, et même écrit des discours pour Healey.
Healey a régulièrement poussé à ce que la Grande-Bretagne se prépare à une confrontation directe avec la Russie, allant jusqu’à démissionner en raison du refus supposé de Starmer d’augmenter le budget militaire. Des e-mails fuités indiquent que ces positions ont été influencées par l’influence en sous-main de Mason et Donnelly. Aujourd’hui Chancelier de l’Échiquier, Healey peut à présent financer leur vision apocalyptique.
John Healey, dont la démission spectaculaire le 11 juin a précipité la chute de Starmer, est revenu au gouvernement en tant que Chancelier du nouvellement désigné Premier ministre Andy Burnham.
Le départ de Healey a été suscité par « l’incapacité » et le « manque de volonté » de l’administration Starmer à fournir les ressources dont la nation a besoin pour défendre le pays « rendant la Grande-Bretagne moins sûre ». Cela suivait quatre ans dans l’opposition, puis deux au gouvernement à pousser pour une attitude plus militariste à l’égard de la Russie, et à exiger que l’État augmente ses dépenses militaires. En tant que Chancelier, Healey a maintenant la possibilité de financer l’armée britannique à fond, aux dépens du secteur social déjà vidé de sa substance du pays.
Des e-mails fuités passés en revue par Grayzone révèlent à quel point les positions militaristes de Healey à l’égard de la Russie ont été influencées secrètement par un conseil composé de l’ancien gauchiste et journaliste raté Paul Mason et le vétéran des services spéciaux Chris Donnelly, sali par nombre de scandales.


Image : les communications par e-mail fuités entre Paul Mason, Chris Donnelly, John Healey et autres conseillers.
Mason et Donnelly ont exploité l’accès de haut niveau dont ils disposaient à Healey en vue de fomenter un soutien plus large dans le parti travailliste et le gouvernement Starmer pour la politique la plus agressive possible dans le conflit ukrainien. Ce faisant, Donnelly a régulièrement conseillé à Healey de soutenir des actions vers une escalade dangereuse, arguant que si Moscou finissait par se sentir provoqué : « qu’il en soit ainsi ».
Donnelly est surtout notoirement connu en tant que fondateur d’Integrity Initiative, un réseau machine de guerre de l’information sur toute l’Europe, comprenant des influenceurs et journalistes pro-guerre, se consacrant à la mission d’inonder les médias occidentaux de propagande antirusse.
Pour sa part, Mason, se décrivant lui-même comme un « antifasciste », fait maintenant le pied de grue dans un laboratoire d’idées financé par l’OTAN après s’être grillé comme correspondant franc-tireur de gauche pour Channel 4 et la BBC. L’image publique de Mason comme célèbre gauchiste a implosé suite à son exposition par Grayzone comme collaborateur de la sécurité d’État, offrant en sous-main au gouvernement du Royaume-Uni son propre réseau propagandiste dans le style Integrity Initiative, tout en fournissant aux officiels britanniques une étrange « carte des esprits » de la gauche antiguerre, contenant des cibles qu’il cherchait à neutraliser. Ces cibles incluaient Grayzone, que Mason projetait de poursuivre pour des reportages factuels sur ses machinations.
Les e-mails examinés par Grayzone montrent que ces deux personnages ont été continuellement en contact avec Healey depuis 2021, lui prodiguant des conseils sur la façon d’escalader le conflit avec la Russie et augmenter le budget de la Défense, tout en cherchant à obtenir des postes juteux de conseillers à la sécurité nationale.
Conseiller à Healey d’ignorer les rumeurs « alarmistes » de guerre nucléaire
Dans sa lettre de démission, Healey ciblait le « plan d’investissement dans la Défense » déclarant qu’il « était très insuffisant pour ce qui s’impose pour le pays et la Défense dans cette époque dangereuse ». Il déclarait en outre qu’il était « impératif d’accélérer la préparation de l’armée britannique à combattre dans les deux ans », pour une guerre sans merci avec la Russie en 2030. Healey est maintenant à la place idéale de Chancelier pour financer ces objectifs, tandis que Londres est déjà sur le sentier de la guerre.
Quatre jours avant l’entrée en fonction de Burnham, il a été annoncé que le gouvernement encouragerait bientôt ses citoyens à « faire des stocks de nourriture, d’eau, et de médicaments pour se préparer à la guerre ». Une campagne nationale pour que le pays soit prêt au conflit inclurait aussi un « exercice de réponse aux crises de plusieurs jours, l’année prochaine ».
La campagne semble adhérer au conseil répété par Donnelly à Healey depuis 2022, où il soulignait « l’urgence de se mettre sur le pied de guerre nécessaire à la poursuite du conflit ukrainien par procuration avec succès ». Dans ces échanges avec Healey, Donnelly exigeait « Une grosse refonte de la pensée du gouvernement britannique sur le budget, les forces, l’attitude, la préparation ».
Simultanément, comme Grayzone a été le premier à le révéler, il fournissait en secret au Ministère de la Défense des projets pour une campagne de terreur contre la Russie. Ils incluaient un plan de bombardement du pont de Kerch reliant Crimée et Russie — une proposition mise en œuvre par des agents de renseignement ukrainiens en octobre 2022. Les vieux fantasmes de Donnelly de se servir de l’Ukraine comme tête-de-pont pour une guerre de tout l’Occident contre la Russie sont à présent une réalité.
Tandis que le conflit s’élargit, menaçant d’impliquer de nouveaux membres de l’OTAN, Donnelly pense qu’il n’y a rien à craindre. En réalité, il s’est servi de Healey pour encourager le parti travailliste à adopter son plan d’escalade majeure.
Au moment où le plan de Donnelly pour bombarder le pont de Kerch était exécuté, il conseillait dans l’ombre à Healey et au parti travailliste d’éviter des discussions publiques « alarmistes » sur la guerre nucléaire, par peur que ces propos inconsidérés ne puisse « stopper notre soutien à l’Ukraine ».
Le rôle en coulisses de Donnelly de conseiller des plus influents officiels de la Défense semble avoir conduit la Grande-Bretagne plus près d’un conflit direct avec la Russie. Exposer les discussions privées qui ont mené le pays jusqu’à ce point périlleux est clairement dans l’intérêt public.
Healey recrute Mason et Donnelly pour durcir la position avec la Russie
En août 2021, la colonne mondaine de l’édition britannique de Spectator révélait que Paul Mason fournissait ses services de consultant privé à Healey. Les e-mails fuités examinés par Grayzone démontrent aujourd’hui que l’influence de Mason sur Healey était bien plus profonde, révélant que l’ancienne célébrité gauchiste avait accès aux principaux conseillers de Healey, des apparatchiks de la Défense et des Affaires étrangères, proches de Starmer et à Starmer lui-même, alors dans l’opposition, puis au gouvernement.
En fait, Mason était sous contrat privé avec Healey depuis janvier 2021, pour aider à élaborer les « récits de fond » de la politique de Défense des travaillistes. Cela comprenait des positions détaillées sur l’OTAN, la « menace russe », la stratégie industrielle, graver l’empreinte de l’armée « plus avant dans la société civile », la dissuasion nucléaire britannique, la « relation spéciale » avec les États-Unis, et la question cruciale des dépenses militaires. La production de Mason incluait « un discours, trois articles et des récits de fond travaillistes à usage interne/externe à livrer dans les semaines qui suivaient ». L’impact sur la rhétorique et les politiques militaires des travaillistes fut immédiat.
Début février 2021, Healey fit un discours controversé influencé par Mason dans lequel il attaquait implicitement l’opposition de Corbyn à l’OTAN et aux armes nucléaires, déclarant que l’engagement du parti travailliste était « inébranlable » dans un cas comme dans l’autre. Les semaines précédentes, Mason avait transmis à Healey un certain nombre de discours et de mises au point, convoyant directement les idées et la rhétorique de Donnelly. Annonçant lugubrement les fondements de la démission de Healey du ministère de la Défense, ce matériel appelait à un investissement important dans la capacité de Londres à « dissuader » la Russie et « à prendre au sérieux l’expansion de la capacité industrielle britannique ».
Mason plaidait pour que Healey mène des « séminaires » avec des parlementaires, laboratoires d’idées et influenceurs travaillistes pour créer un « script » servant à l’émergence du message travailliste sur la Défense. Cependant, les commentaires d’Healey agitèrent ce qui restait de parlementaires partisans de Corbyn. La député Kim Johnson lui écrivit qu’elle était « un peu inquiète » que le parti ait apparemment changé de position sur l’OTAN et l’arme nucléaire « sans aucun débat ni discussion » avec les parlementaires. « Avez-vous le projet de communiquer avec la Chambre des Communes et celle des Lords » demandait-elle.
Healey transmit son message à Mason, qui écarta la suggestion de Johnson selon laquelle le parti travailliste aurait « changé de position ». Il avança que les commentaires de Healey représentaient simplement la façon dont « nous fermons la porte à la possibilité » que le parti travailliste puisse soutenir un désarmement unilatéral, ou devenir « anti OTAN ». Mason était « prêt à tenir une discussion ouverte » avec les opposants à l’arme nucléaire. Il fournit aussi l’opinion « confidentielle » de Donnelly, qui faisait l’éloge du discours « vraiment excellent » de Healey. « Je peux beaucoup aider » écrivait Donnelly, y compris dans « l’acquisition » et la nécessité d’un « changement de culture » dans l’armée britannique.
Donnelly encourage l’attitude « qu’il en soit ainsi » sur la provocation à la guerre nucléaire
Mason conclut en disant à Healey « Je veux organiser une réunion avec vous et Donnelly, que le Secrétaire à la Défense virtuel appela de tous ses vœux. Après un rendez-vous personnel préparé par Mason, Donnelly se mit à envoyer des mises au point et des articles à Healey par des canaux privés, fréquemment sans passer par ses conseillers en exercice. Ses prescriptions brindezingues atteignirent leur point culminant quand en Janvier 2022 dans un échange avec Healey, inspiré par Ben Wallace, le Secrétaire à la Défense de l’époque, indiquant que la Grande-Bretagne « serait ouverte à la fourniture d’armements défensifs supplémentaires » à Kiev.
À l’époque, les échos d’une guerre par procuration s’intensifiaient au Donbass, où Kiev préparait une offensive contre les républiques séparatistes de Donetsk et de Lougansk. Healey demanda personnellement à Donnelly un « avis sur quelle sorte d’armement serait requise » pour l’Ukraine, étant donné les commentaires de Wallace. Donnelly déclara carrément : « Ce dont l’Ukraine a le plus besoin c’est d’une capacité de frappe à longue portée ».
Mais dans un rare accès de prudence, le Secrétaire à la Défense virtuel repoussa la proposition de son conseiller secret. Healey remarquait que fournir à Kiev des missiles à longue portée représentait « un grand changement de politique » et une « provocation pour Poutine ». Il observait le « risque pour la sécurité à long terme » que serait la possession et le développement par l’Ukraine d’un tel armement offensif « le problème principal pour la Russie ». Healey s’inquiétait « Si les voies diplomatiques ne donnent rien, alors Poutine n’a plus que l’option militaire et peut considérer que l’inaction coûterait plus cher que l’escalade militaire ».
Donnelly écarta les inquiétudes de Healey sur les dangers de provoquer la Russie à une guerre plus large. Il suggéra que Poutine était « indifférent aux questions militaires et que la véritable menace pour la Russie était que l’Ukraine choisisse de devenir une démocratie libérale à l’occidentale ». Donnelly précisait que la résistance de Moscou à l’OTAN venait simplement de la crainte que « Kiev soit libre d’emprunter un chemin différent ». C’était soi-disant « la chose la plus susceptible de provoquer des soulèvements populaires spontanés contre le Kremlin », d’où les inquiétudes de Poutine sur l’OTAN.
Puis Donnelly gronda qu’il fallait fournir des missiles à longue portée à l’Ukraine, quelles que soient les conséquences. « Si c’est une provocation, qu’il en soit ainsi ».
En octobre 2022, la guerre par procuration avec la Russie faisait rage et Healey paniquait à l’idée d’une guerre nucléaire. Il sollicita l’opinion de Donnelly « sur ce que le parti travailliste devait dire publiquement sur la possibilité que Poutine fasse usage d’armes nucléaires tactiques » et quels devraient être le message du parti à ce sujet.
Donnelly répondit en mettant en garde contre toute discussion de la guerre nucléaire de façon « alarmiste » parce que « ça pourrait pousser l’Occident à la capitulation » et « stopper notre soutien à l’Ukraine ». Il prétendit que l’OTAN « détruirait les forces russes en Ukraine avec des armes conventionnelles » évitant ainsi toute guerre nucléaire.
Mason : La génération Z « se battra » contre la Russie même s’il faut recourir à la conscription
En janvier 2024, la Russie et l’Ukraine étaient en pleine guerre, des centaines de milliers d’hommes étaient morts, et Mason étaient toujours en communication avec Donnelly, à comploter une escalade plus grave encore.
Dans un échange par e-mail avec Donnelly, le journaliste reconverti déclarait confidentiellement qu’il espérait « travailler bientôt pour John Healey » à un poste officiel. Mason avertissait cependant qu’il « devrait faire attention à ce qu’il disait s’il devenait conseiller de Healey ».
En coulisses, Mason multipliait les propositions pour précipiter une « grande expansion » des réserves militaires britanniques. Ce qui incluait le « recrutement de techniciens et leur transfert sur le front ou à proximité » pour stimuler les capacités de Londres en drones et guerre électronique.
Toujours combattant pour la justice sociale, Mason était aussi soucieux de pousser plus de femmes à obtenir des diplômes en science et technologie, à les préparer « à des boulots dans la Défense et le nucléaire ». Parmi ses idées les plus audacieuses, figurait celle de créer de « nouvelles sortes d’unités » dans l’armée britannique, comme « Une artillerie uniquement féminine ? Des unités uniquement musulmanes ? »
Tandis que les idées de Mason s’étalaient sur tout l’éventail de l’interventionnisme libéral, il croyait « fermement » que la génération Z combattrait dans une guerre future contre la Russie. Et il était l’homme tout trouvé pour rendre son cachet perdu au service militaire. « Les motiver est un grand défi culturel et une chose sur laquelle je vais me focaliser avec Healey ».
Mais si sauter dans les tranchées dans une guerre potentiellement apocalyptique contre la Russie ne suscitait aucune vocation chez la génération Z, extrêmement connectée enligne — dont de nombreux déclarent qu’ils ne combattraient jamais pour leur pays — il faudrait les obliger à servir.
« Je suis favorable à une grande expansion des réserves de l’armée britannique — avec la conscription en dernier recours », expliquait Mason.
Il ajoutait que la perspective de travailler directement aux côtés du Secrétaire de la Défense Healey alimentait ses tentatives infructueuses jusqu’alors d’entrer au parlement. Cependant Mason ne pensait pas avoir beaucoup de chances d’y parvenir, car « les travaillistes sont divisés en factions et je n’appartiens pas à la bonne ». Donnelly lui répondit qu’il serait « merveilleux » que Mason travaille pour Healey « encore plus » s’il était le secrétaire particulier parlementaire du Secrétaire à la Défense, en tant que parlementaire lui-même, parce que « nous avons besoin de vous au parlement ».
Deux jours plus tard, Donnelly transmettait un « Guide au changement de régime en Russie » à Healey. C’était une production de son employeur, le mystérieux sous-marin des services spéciaux Earendel Associates. Cette firme avait servi de paravent à la création d’armées terroristes ukrainiennes. Son rapport envisageait divers scénarios pour écarter Poutine du pouvoir y compris des « revers ou une défaite en Ukraine ». Il écartait toute suggestion qu’une révolution de palais à Moscou puisse produire un « disfonctionnement important et durable des institutions de l’État » ou « l’effondrement » du pays.
Dans sa réponse, Healey faisait l’éloge d’un « excellent article ». Il disait que ses « arguments très bien référencés » pour le changement de régime en Russie devaient remonter au cœur de la réflexion des dirigeants du Royaume-Uni et spécialement des États-Unis.
Le 4 juillet, le parti travailliste gagnait les élections avec une majorité historique. Quelques jours plus tard, Healey et Starmer apparaissaient au sommet annuel de l’OTAN s’engageant à ce que la Grande-Bretagne soit « la nation européenne à l’avant-garde dans l’alliance » et « l’allié le plus fiable de l’Ukraine ».
La Grande-Bretagne aussi « adaptable que la guerre l’exige » selon Donnelly
Tandis que la victoire à Londres remplissait Mason et Donnelly de l’espoir d’étendre la guerre en Ukraine, les développements de la situation à Washington menaçaient leurs ambitions.
Le 8 novembre, un Donnelly « déprimé » écrivit à Mason pour se lamenter de la victoire de Trump la nuit précédente. Il désespérait que Trump, qui avait fait campagne en s’engageant à négocier une paix immédiate entre Ukraine et Russie, soit déterminé à « changer les choses d’importance », potentiellement « un sérieux danger pour l’Ukraine » et « un très gros coup de balai à l’OTAN ».
En réaction au triomphe de Trump, Donnelly suggérait que la Défense et la sécurité de Grande-Bretagne, y compris « le système industriel » exigeaient une « restructuration fondamentale ». Il demandait : « Pensez-vous que quiconque au gouvernement s’en rende compte ? » Mason répondit : « Je crois que John Healey s’en rend compte ».
Donnelly poursuivait, se plaignant qu’il n’y ait aucun géostratège dans l’équipe de Starmer.
Naturellement Mason voyait une solution facile à ce problème. Il suffisait que Starmer l’embauche pour diriger l’effort de guerre.
« Je pourrais remédier à cette situation s’ils me laissaient faire, mais ils ne veulent pas. »
Mason dit qu’il travaillait avec Progressive Britain le laboratoire d’idées lié à Tony Blair pour construire « Un groupe de pression d’intérêts stratégiques du Royaume-Uni » dans le groupe parlementaire travailliste. Ils avaient aussi fondé une organisation aujourd’hui défunte appelée Les Amis Travaillistes de l’Ukraine pour pousser à plus de dépenses en armement.
Mason posa la question finale : « Quelles sont les trois choses que je devrais mettre en avant dans mes contacts avec les travaillistes ? »
Donnelly était « très content » d’apprendre que Healey s’accordait avec lui sur la nécessité d’une restructuration fondamentale de la sécurité nationale de Grande-Bretagne. Donnely n’avait plus entendu parler de lui depuis l’élection générale de juillet. Il poursuivait en déclarant que la chose « la plus importante à faire passer » aux parlementaires travaillistes était le « dysfonctionnement de la gouvernance britannique ».
Jusqu’à ce que ce soit arrangé selon les spécifications de Donnelly, il pensait que le gouvernement « serait incapable de développer et mettre en œuvre les politiques et la stratégie dont nous avons besoin pour faire face à ce qui nous attend ».
Avec une autre série de mots-clés pour l’augmentation des dépenses militaires, Donnelly appelait à une « réforme fondamentale » des structures militaires britanniques pour les rendre « adaptables en permanence » comme « l’exige absolument la guerre ». Donnelly ajoutait que toute augmentation des dépenses militaires serait vaine sans ces réformes, « Et nous serons complètement baisés ».

Image : E-mail de Donnelly
La démission de Donnelly de son poste de ministre de la Défense et sa nomination au poste de Chancelier de l’Échiquier sous un nouveau gouvernement travailliste semble avoir assuré le succès d’un des objectifs principaux de Mason et Donnelly.
La guerre va continuer. Et si elle devient nucléaire : « Qu’il en soit ainsi ».
Kit Klarenberg, Grayzone, traduit par Thierry Marignac





