
« Quand la modernité devient perverse,
l’archaïsme peut avoir du bon ».
Il fut un temps que les moins de 20 ans ont du mal à se figurer, où l’on pouvait vivre, avoir des amis, travailler, remplir ses démarches administratives, prendre des photos, sans téléphone portable, ces petits ordinateurs de poche, que nous devrions appeler ordiphones en bon français, mais que tous nomment smartphone.
Ce qu’on nous propose
J’ai entendu un jour la présentatrice du journal d’une grande chaine nationale déclarer que le gouvernement souhaite nous voir effectuer de nombreuses opérations avec ces petites machines.
Nous devrions y mettre :
- notre carte bancaire,
- notre carte d’identité,
- notre identité numérique,
- notre carte vitale,
- notre billet de train,
- Etc.,
Ceci pour avoir une société fluide, agile, numérisée, fonctionnant comme une vraie « start up nation », en un mot : moderne !
Dans cet esprit, on nous propose, on nous incite, d’accomplir nos démarches administratives, légales, avec cet outil puissant si pratique.
Écologique ?
On nous a même raconté que ce serait plus écologique car économisant le papier et les forêts.
Ce dernier argument a disparu devant l’évidente consommation de ressource et la génération de pollutions que demande la fabrication des ordiphones, surtout si ceci sont renouvelés régulièrement, pour être « au top de la modernitude». Il faut aussi compter la consommation de ressources et d’énergie pour fabriquer, connecter, installer, renouveler, faire fonctionner les relais de communication en 3G, 4G, 5G…
L’informatique n’est pas dématérialisée.
Le problème
Les GAFAM
Les ordiphones les plus répandus fonctionnent avec le système Android[1] offert « gratuitement » par Google. Ceux avec une pomme dessinée au dos fonctionnent avec le système iOS, installé par Apple.
Les entreprises étasuniennes Google (Alphabet) et Apple font partie de ce que l’on nomme communément les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft).
Ces entités ont pour spécialité la collecte d’informations sur tout le monde, le fichage de tout un chacun, avec une efficacité et une puissance qu’aurait envié la STASI [2].
Cela n’a rien d’anodin.
Cela nous entraine peu à peu, subrepticement, vers un contrôle numérique de la population ressemblant à la notation sociale chinoise, et ceci par des entreprises et des milieux d’affaire qui ont plus à voir avec les réseaux Epstein qu’avec la foi catholique !
Concrètement cela implique que nos démarches administratives, notre citoyenneté, tous ce que nous faisons avec ces machines, sont validés, ou pas, par les logiciels de contrôle installés par ces entreprises orwelliennes dans les smartphones.
Il n’y a pas que les GAFAM.
J’ai pu observer un collectif de contestataires du passeport sanitaire macronien se faire écouter par les forces de l’ordre grâce à leurs téléphones portables. Il a suffi de poser ces engins indiscrets dans une autre pièce lors des réunions, pour que la surveillance soit beaucoup moins efficace.
Mon conseil.
Si vous organiser une réunion militante, éteindre vos téléphones ne suffira pas. Laissez les allumés, chez vous, et ensuite allez à la réunion sans ce bidule dans votre poche.
Quelques bouts de solutions
Systèmes alternatifs.
Android est une version du système libre Linux adapté aux ordiphones par Google. Le souci est qu’au passage Google l’a truffé de dispositifs indiscrets de collecte d’informations.
Puisque Linux est fait de logiciels libres, on a le droit de le modifier, de l’adapter. C’est ce que certains ont fait en expurgeant Android de ses fonctions d’espionnage.
Cela produit des systèmes respectueux de notre vie privée comme Replicant, LineageOS ou Murena.
On peut donc installer ces systèmes sur certains téléphones portables, ou plus facile, acheter un appareil déjà installé.
Cela ne supprime pas tous les inconvénients du téléphone portable comme l’exposition aux ondes électroniques, la géolocalisation par les antennes relai, mais c’est déjà une étape de libération.
Dépôt d’applications libres.
F-droid [3] est un dépôt d’applications libres où « la liberté de l’utilisateur passe avant tout ».
Il n’y a pas besoin de compte Google ou même d’inscription pour pouvoir installer des applications respectueuses de la vie privée.
Personnellement, j’y ai puisé un vrai gestionnaire de fichier, un navigateur qui ne collecte pas mes données, un logiciel de courrier électronique, et une application pour identifier les oiseaux par leur chant.
Mettre ce truc à distance
Il faut donc éviter de le poser sur la table lors d’une réunion, d’une conversation qui pourrait ne pas plaire.
Évidement, il faut ne pas l’avoir avec soi lors des confessions !
Le confesseur aussi doit l’éviter dans le confessionnal.
À l’ancienne.
Quand la modernité devient perverse, l’archaïsme peut avoir du bon.
L’avantage du téléphone fixe est qu’il n’est pas sous Android.
Réaliser un maximum de démarche par support papier devient un acte de résistance.
Payer avec de la monnaie, un système qui fonctionne depuis 3000 ans, est préférable à la carte bancaire et encore plus à l’usage du smartphone en caisse.
Échanger des courriers en papier permet non seulement de passer sous la surveillance électronique, mais permet aussi et surtout de conserver les lettres dans une jolie boite, et de constituer une mémoire familiale, qui ne sera pas volatile comme les échanges électroniques.
Surtout, utiliser votre intelligence.
Haizkolari
[1] Depuis 2012, Android est le système d’exploitation mobile le plus utilisé dans le monde, devant iOS d’Apple. (Wikipedia)
[2] STASI : Ministerium für Staatssicherheit, ou Ministère de la sécurité d’État de l’ex Allemagne de l’Est, spécialisé dans la surveillance et le fichage des citoyens de l’ex-RDA.
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