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Le numérique, est-ce vraiment la panacée ?, par Jacques Frantz — Image de synthèse - tous droits réservés medias-presse.info
Piratage données inquiète senior — Image de synthèse — tous droits réservés medias-presse.info

Aujourd’hui encore nous apprenons en « allumant le poste », comme disait mes grands-parents, que les données privées de 19 millions d’utilisateurs de France identité ont été piratées.

Plus inquiétant encore, l’absence de réaction de nos autorités. Car cet épisode n’est que le dernier d’une longue série, et gageons qu’il ne sera pas le dernier bien longtemps.

Ces derniers temps on nous a rabâché que tout ça était de la faute des Russes qui nous menaient une guerre sans merci.

En Russie, où le même phénomène a lieu, on nous explique que tout est de la faute des Ukrainiens.

J’observe tout de même que lorsque Edward Snowden a révélé que la NSA espionnait les conversations téléphoniques au plus haut niveau de tous les États européens, l’émotion de nos dirigeants a été plus que discrète. Pire, pas un de ces États n’a accordé l’asile à Snowden qui s’est finalement réfugié en Russie.

Nos dirigeants réservent le droit d’asile aux criminels clandos. En outre, un État souverain normalement constitué aurait dû accueillir Snowden, non seulement parce qu’il s’était mis en danger en faisant ses révélations, mais encore pour savoir de quelles informations il disposait réellement et si par hasard il ne pourrait pas donner d’autres renseignements utiles.

J’en déduis donc que quand c’est la Russie qui espionne ou qui attaque c’est grave, quand c’est l’Amérique, ça ne l’est pas.

Qu’on me pardonne ce propos liminaire un peu long et qu’on me permette d’en venir au cœur du sujet avec ces questions :

Le virage du « tout numérique » est-il avantageux et pour qui ? Les promesses du « tout numérique » ont-elles été tenues ?

Si la manie du « tout en ligne » peut paraître au premier abord séduisante, elle est, au moment où j’écris, au bord de la faillite.

Je m’empresse de dire que la faillite ne signifie pas qu’elle va s’arrêter. Nos dirigeants ont en effet une fâcheuse tendance à maintenir et perpétuer ce qui ne marche pas.

Première promesse non tenue et donc première faillite : l’absence de confort d’utilisation. Le numérique devait nous faciliter la vie. Il devait nous faire gagner du temps et donc de l’argent.

La réalité est plus sombre : le « tout en ligne » nous fait perdre du temps, nous réduit en esclavage et – cerise sur le gâteau – nous rend plus vulnérables.

Sans compter le fait qu’il laisse sur le bord de la route les plus « vulnérables » justement qui n’ont pas pu ou su prendre le virage au bon moment. Des exemples ?

Le « tout en ligne » à marche forcée vous transforme alternativement en agent administratif, en banquier, ou en agent de voyage.

La liste est bien sûr loin d’être exhaustive.

Même s’il peut au premier abord paraître séduisant de régler certaines questions administratives depuis son salon, même s’il peut être assez agréable de ne pas avoir affaire à une fonctionnaire acariâtre pour obtenir la moindre paperasse, on peut très vite déchanter.

Car, certes, vous évitez de vous faire enguirlander parce que vous avez eu l’outrecuidance d’oser penser qu’une fonctionnaire derrière un guichet était là pour faire son boulot, le résultat est que le boulot, maintenant, c’est vous qui le faites.

Vous faites le travail de recherche, de saisie, le reste étant plus ou moins bien pris en charge par la machine et au bout du compte c’est un poste qui fout le camp.

Et le temps que vous ne passez pas à faire la queue à la préfecture, vous le passez devant votre écran que vous êtes sur le point de mettre en morceaux quand au bout de trois heures où vous vous êtes battu avec la saisie des bonnes infos dans les bonnes cases votre dossier est rejeté parce que la photo que vous avez téléversée n’est pas au bon format.

Pareil pour les agences de voyage. Il y a encore peu de temps, vous vous installiez confortablement en face d’un être humain à qui vous donniez une destination, des dates de départ et de retour et à lui de vous faire des propositions.

Cela avait notamment un avantage, celui de la responsabilité du prestataire.

Aujourd’hui, lorsque vous réservez en ligne, les problèmes pouvant survenir pendant votre voyage se règlent en ligne.

Et si vous n’avez pas de connexion internet, tant pis pour vous.

J’entends déjà les partisans de l’économie ultra-libérale et ultra-libérée qui nous disent que tout ça a un coût.

Pour autant que je sache, les substantielles économies réalisées par les suppressions de postes voire d’activité sont rarement répercutées sur le consommateur.

Enfin, on nous avait promis de l’ultra-sûr, une sécurité béton et une inviolabilité de nos données.

Résultat des courses, vos données quand elles ne sont pas piratées sont utilisées pour vous harceler de pubs et de réclames sitôt que vous avez entrepris la moindre démarche pour, par exemple, organiser un voyage.

Alors bien sûr on me dira que je suis vieux et que je ne comprends rien au progrès.

Je me borne à faire le bilan des gains et des pertes et je constate que si le « numérique » comporte bien des avantages – accès plus rapide à l’information – il ne fait pas exception à une règle simple : l’excès est nuisible en tout et tout le temps.

Un numérique qui constitue une alternative qui complète et enrichit des services et des prestations déjà existants est certainement une bonne chose, mais le « tout numérique » à marche forcée qui écrase tout sur son passage ne fera et ne fait déjà que dégrader la qualité de vie de tous.

Jacques Frantz

Retrouvez-moi sur [Mon blog] (https://www.jacquesfrantz.com) où vous pouvez vous abonner et sur [mon compte X] (https://x.com/jimmy_from_ch)

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