pape_francois_islamC’est le site Vatican Insider qui en donne la nouvelle : les évêques de Buenos Aires en envoyé à leurs prêtres un document sur l’intégration des “divorcés-remariés” et leur admission aux sacrements au cas par cas. Le pape François leur a adressé une lettre pour les féliciter “d’expliciter pleinement le sens du chapitre VIII de l’exhortation. Il n’y a pas d’autres interprétation.”

Cette exhortation que l’on peut qualifier d’apostate tellement elle s’éloigne de la vraie doctrine catholique sur l’indissolubilité du mariage a fait couler beaucoup d’encre et donné lieu à de nombreuses interprétations. En effet les évêques et prêtres conservateurs, tel le cardinal Burke ou les évêques polonais, soucieux de protéger l’indissolubilité du sacrement du mariage, dernier bastion pour protéger la famille des attaques répétées du monde athée et matérialiste, ont vainement essayé d’en donner une lecture traditionnelle ou d’en minimiser la portée en lui niant tout caractère magistériel.

Quant aux clercs les plus progressistes, tel le cardinal Schönborn, ils l’ont de leur côté applaudie frénétiquement comme une avancée vers plus de souplesse morale, rendue nécessaire par les difficultés et les défis du monde actuel, et plébiscité comme un acte qui engage toute l’Église.

Plusieurs fois, MPI a relayé des études d’auteurs divers qui soulignent combien ce texte bergoglien s’éloigne de manière impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la doctrine catholique traditionnelle sur le mariage. Et quel scandale il engendre dans l’esprit des fidèles.

A partir d’aujourd’hui, puisque le pape, pour la première fois, met noir sur blanc ce qu’il estime être l’exégèse correcte de cette exhortation, digne de la confusion doctrinale, sacramentelle et pastorale qui règne dans le monde conciliaire, le doute quant à son aspect révolutionnaire n’est plus permis.

Dans leur lettre aux prêtres de Buenos Aires, explique le journaliste du Vatican Insider, les évêques argentins ont fourni des critères en relation avec le chapitre VIII et en particulier avec l’admission possible aux sacrements pour les divorcés-remariés. Tout d’abord ils affirment qu’il ne convient pas de “parler de permission” pour accéder aux sacrements, mais plutôt d’un processus de discernement accompagné par un pasteur. Un cheminement par lequel “le pasteur devra accentuer l’annonce fondamentale, le kerygma, qui stimule ou renouvelle une rencontre personnelle avec Christ.” Cet “accompagnement pastoral” demande que le prêtre montre “le visage maternel de l’Église”, en acceptant “la droite intention du pénitent et son ferme propos de replacer sa vie entière sous la lumière de l’Évangile et de pratiquer la charité.” Ce cheminement “ne porte pas nécessairement jusqu’aux sacrements mais peut s’orienter vers d’autres formes de majeur intégration dans la vie de l’Église : une plus grande présence dans la communauté, la participation au groupe de prière ou de réflexion, l’engagement dans différents services ecclésiaux.”

Les évêques continuent :

“Quand les circonstances concrètes d’un couple le rend possible, spécialement quand ils sont tous les deux chrétiens avec un cheminement de foi, on peut proposer l’engagement de vivre dans la continence, en laissant ouverte la possibilité de recevoir le sacrement de réconciliation quand on tombe.” Plus loin les évêques expliquent que dans le cas “d’autres circonstances plus complexes, et quand on ne peut obtenir une déclaration de nullité, l’option mentionnée (celle de la continence, ndlr) peut ne pas être possible de fait. Nonobstant cela, un chemin de discernement est également possible. Si on arrive à reconnaître que, dans un cas concret, il y a des limites qui atténuent la responsabilité et la culpabilité, surtout quand une personne considère qu’elle tomberait dans une faute ultérieure en faisant du tort aux enfants de la nouvelle union, Amoris Laetitia ouvre une possibilité au sacrement de la réconciliation et de l’Eucharistie.”

Ceux-ci permettent à la personne de continuer à mûrir et croître avec la force de la grâce. Il faut cependant éviter de retenir cette possibilité comme une admission sans restrictions aux sacrements ou comme si toutes les situations la justifiaient. Ce qu’on propose est un discernement qui distingue adéquatement cas par cas. Par exemple une nouvelle union après un divorce récent ou la situation de celui qui a plusieurs fois manqué envers ses engagements familiaux demandent une attention spéciale. Ou encore quand il y a une apologie ou une ostentation de sa situation comme si cela faisait partie de l’idéal chrétien. Il faut orienter les personnes à se mettre avec leur conscience devant Dieu, spécialement en ce qui concerne le comportement vis-à-vis des enfants ou le conjoint abandonné. Quand il y a eu des injustices qui ne sont pas résolues, l’accès aux sacrements est particulièrement scandaleux.

Il peut être opportun, écrivent enfin les évêques, qu’un éventuel accès aux sacrements se réalise en privé, surtout quand des situations de conflits sont possibles. Mais il ne faut pas abandonner l’accompagnement de la communauté pour qu’elle croisse en esprit de compréhension et d’accueil.”

Le 5 septembre, le pape dans sa réponse a complimenté cette exégèse qui est “un vrai exemple d’accompagnement par les prêtres.” Et, a-t-il continué, ce texte des évêques argentins “est très bon et explicite pleinement le sens du chapitre VIII d’Amoris Laetitia. Il n’y a pas d’autres interprétations. Je suis certain que cela fera beaucoup de bien” Cette pastorale d’accompagnement écrit-il “nous savons que c’est fatiguant, qu’il s’agit d’une pastorale “corps à corps” pour laquelle il ne suffit pas des médiations programmatiques, organisationnelles ou légales, même si nécessaires.”

Cette missive de François aux évêques de la région de Buenos Aires a le mérite de mettre fin aux ambiguïtés et aux mille explications et commentaires différents. Elle a aussi l’avantage de donner la clé de lecture vaticane d‘Amoris Laetitia : cette exhortation bergoglienne est bien en rupture totale avec l’enseignement bi-millénaire de l’Église catholique. Elle détruit la notion d’indissolubilité du mariage, de grâce, d’inviolabilité des sacrements, met en péril gravement l’union familiale, sape les bases de la fidélité, ruine la notion catholique de péché, et laisse juge chaque prêtre et chaque fidèle des situations selon leur compréhension, leur conscience et leur sensibilité propre, ce qui fait de la subjectivité la base du jugement et non plus l’objectivité. On nage en plein subjectivisme !

Or le subjectivisme est bien le propre du Protestantisme auquel cette Église conciliaire, en méprisant toujours plus de la doctrine traditionnelle et immuable de l’Église catholique, se rapproche de plus en plus !

Francesca de Villasmundo

 

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