Depuis l’ascension sur le trône pontifical d’El papa argentin, la recherche d’un accord par le Vatican avec Pékin la Rouge s’est intensifiée. Plusieurs fois le cardinal chinois Joseph Zen, évêque émérite de Hong-Kong, est intervenu pour dénoncer ces négociations menées, du côté du Saint-Siège « avec la mentalité ‘nous voulons signer un accord à tout prix’ »  ! Il les a même comparées à une véritable trahison du Christ. Sans mâcher ses mots, Mgr Zen a régulièrement rappelé que les évêques appartenant à l’Église officielle reconnue par le gouvernement chinois par le biais de l’Association Patriotique Catholique, satellite du Parti communiste, sont des « faux évêques » « illégitimes » et « excommuniés ». Pour lui il est impensable que le Vatican puisse même envisager un tant soit peu de les nommer, pour arriver à cet accord, à la place des évêques de l’Église catholique souterraine. Pourtant l’enjeu de l’accord se situe bel et bien là !

C’est pourquoi les paroles de ce fidèle soldat du Christ n’ont pas été entendues par les pontes du Vatican. Le 22 janvier dernier, le site Asia News reportait que le Saint-Siège a demandé à deux évêques légitimes de faire un pas de côté pour favoriser la nomination de deux autres messeigneurs qui, même s’ils s’avèrent être illégitimes, sont proches du gouvernement communiste :

« En décembre dernier, Mgr Pietro Zhuang Jianjian de Shantou (Guangdong) a été obligé d’aller à Pékin où un ‘prélat étranger’ du Vatican lui a demandé de laisser sa chaire à l’évêque illicite Mgr Giuseppe Guo Xijin qui d’évêque ordinaire devrait devenir l’auxiliaire d’un illégitime. L’intention paraît claire : celle de favoriser le dialogue entre l’Église catholique et l’autorité gouvernante de la Chine en consentant à quelques demandes provenant de cette dernière. Mais cela ne convient pas à tous. Le gouvernement chinois, de son côté, à tout intérêt à déloger deux évêques ‘souterrains’, c’est-à-dire deux défenseurs de la foi catholique hostiles par doctrine et convictions à l’absolutisation idéologique. »

Le cardinal Zen, pourtant figure de proue de l’Église chinoise, a été d’une manière ou d’une autre « écarté » du processus décisionnelle en question. Malgré tout, sur la demande insistante de “l’ancien et affligé Mgr Pietro Zhuang”, il est allé à Rome, le 10 janvier dernier, pour essayer de rencontrer le pape François afin de lui exposer toute l’affaire.

Le prélat a écrit une lettre aux médias, publiée hier 29 janvier sur son blog, dans laquelle il révèle le contenu du colloque qu’il aurait eu avec le pape argentin. Ce dernier aurait demandé à ses collaborateurs de « ne pas créer un autre cas Mindszenty », allusion à l’héroïque cardinal primat de Hongrie, opposant farouche au communisme : en 1971 Mgr Mindszenty fut obligé de quitter son pays sur ordre de Paul VI qui en 1973 lui retirera ses charges et nommera en 1975 un nouveau primat de Hongrie, l’évêque László Lékai, plutôt conciliant à l’égard du régime communiste.

L’histoire semble se répéter, le pape François mettant ses pas dans les pas du pape Montini et de son ost-politik à l’égard du communisme. Mais un pas supplémentaire est accompli par le Vatican bergoglien : il est tout disposé à aller jusqu’à nommer des « faux évêques »  pour complaire au régime communiste chinois, tout en souhaitant ne pas avoir un nouveau cas Mindszenty sur les bras. La contradiction est toujours la reine de l’univers bergoglien…

Le cardinal Zen dans sa lettre reconnaît qu’il va révéler des « choses techniquement qualifiées de ‘confidentielles’ » mais écrit-il « ma conscience me dit qu’en ce cas le ‘droit à la vérité’ est supérieur à tout ‘devoir de confidentialité’ ».

Le cardinal Zen raconte donc dans sa lettre qu’il fut reçu en audience privée le vendredi 12 janvier dernier par le Saint-Père à qui il exposa la situation chinoise et à qui il demanda s’il avait eu le temps ‘d’étudier le cas’. Le pape François lui répondit alors :

« Oui, je leur ai dit [aux collaborateurs du saint-Siège] de ne pas créer un autre cas Mindszenty. »

Cette réponse semble avoir rassuré, un tout petit peu, Mgr Joseph Zen sur l’avenir des ses amis évêques de l’Église souterraine.

Le prélat chinois termine sa lettre par quelques explications, en forme de questions-réponses, qui sont une belle déclaration de force :

« Certains disent que tous ces efforts pour arriver à un accord sont pour éviter un schisme ecclésial. C’est ridule ! Le schisme est déjà là, dans l’Église indépendante. […] La proposition d’unification forcera tout le monde à entrer dans cette communauté. Le Vatican donnerait donc la bénédiction à une nouvelle et forte Église schismatique, en lavant la mauvaise conscience de ceux qui déjà maintenant sont des renégats volontaires et des autres qui sont déjà prêts à se rajouter à eux.

N’est-ce pas un bien de trouver un terrain commun pour combler la pluridécennale division entre le Vatican et la Chine ? Mais peut-il y avoir quelque chose de commun avec un régime totalitaire ? Ou tu te rends ou tu acceptes la persécution, mais en restant fidèle à toi-même. Peut-on imaginer un accord entre saint Joseph et le roi Hérode ?

Est-ce que je pense que le Vatican est en train de vendre l’Église catholique en Chine ? Oui, décidément, puisqu’ils continuent à aller dans cette direction qui est évidente dans tout ce qu’ils ont fait ces derniers mois et années récentes.

Quelques experts dans l’Église catholique en Chine disent qu’il n’est pas logique de supposer une plus âpre politique religieuse de la part de Xi Jinping. Dans tous les cas, ici on ne parle pas de logique mais de la réalité évidente et crue.

Peut-être suis-je le plus grand obstacle au processus d’accord antre le Vatican et la Chine ? Si cet accord est mauvais, je suis plus qu’heureux d’être un obstacle. »

Toute ressemblance avec d’autres personnes existantes et une autre situation de recherche d’accord entre une autre société ecclésiale et le Vatican conciliaire… n’est absolument pas fortuite…

Francesca de Villasmundo

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