Petit retour en arrière : le 22 octobre 2019, profitant d’une vacance du pouvoir exécutif et du parlement en Irlande du Nord qui a duré plus de deux ans et demi, Londres a imposé l’avortement et le faux mariage des invertis. Cette paralysie prolongée a transféré le pouvoir législatif nord-irlandais au Parlement britannique qui en a profité pour faire passer ses lois mortifères. Sont en effet rentrés en vigueur deux amendements qui avaient été votés à une très large majorité le 9 juillet 2019 par la Chambre des Communes, l’assemblée la plus importante du Parlement britannique : ils stipulaient que si le gouvernement nord-irlandais n’était pas rétabli d’ici le 21 octobre prochain, l’avortement et le « mariage » pour les duos d’invertis en Irlande du Nord seraient légalisés.

Jusqu’à la semaine dernière, le peuple irlandais n’avait pas été informé du détail exact de ce à quoi ressembleraient aujourd’hui les services d’avortement en Irlande du Nord. Les changements sont vraiment importants : les avortements seront légaux jusqu’à 12 semaines sans conditions. Une limite de 24 semaines s’appliquera dans les situations où la poursuite de la grossesse entraînerait un risque de blessure pour la santé physique ou mentale de la femme. Aucune limite de temps ne s’appliquera en cas d’anomalie fœtale fatale, s’il existe un risque important que le fœtus meure ou, s’il naît, souffre d’une grave déficience mentale ou physique. Il n’y aura pas non plus de limite de temps pour un avortement s’il y a un risque pour la vie de la mère, plus grand que si la grossesse n’est pas interrompue – ou, selon le gouvernement, « lorsque cela est nécessaire pour éviter de graves lésions permanentes physiques ou mentales pour la santé de la femme ou de la fille enceinte, y compris en cas de nécessité immédiate ».

Cette loi constitue un énorme changement en faveur de l’avortement en Irlande du Nord : jusqu’à maintenant un avortement n’était autorisé que si la vie d’une femme est en danger ou s’il existe un risque d’atteinte permanente et grave à sa santé mentale ou physique. Le viol, l’inceste ou le diagnostic d’anomalie fœtale fatale – où les médecins pensent qu’un bébé mourra avant, pendant ou peu après la naissance – n’étaient pas des motifs d’avortement légal en Irlande du Nord.

Le fait que le mécanisme pour un nouveau cadre d’avortement prenant effet a été adopté par Westminster l’année dernière, et non à l’Assemblée d’Irlande du Nord, qui siège au palais de Stormont, et qu’il soit aussi permissif a provoqué de graves tensions au sein du monde politique du Royaume-Uni.

A la Chambre des Lords, la baronne O’Loan a présenté un amendement dans lequel elle notait que ces nouvelles dispositions radicales concernant l’avortement ont été rejetées par le peuple et l’Assemblée d’Irlande du Nord. En outre, son amendement attirait l’attention sur la manière dont ce régime d’avortement si permissif discrimine les personnes handicapées et autorise l’avortement sélectif en fonction du sexe au cours des 12 premières semaines de gestation.

S’exprimant à la Chambre des Lords hier soir 15 juin 2020, la baronne, ancien premier médiateur de police d’Irlande du Nord, a réitéré qu’une majorité des 90 députés d’Irlande du Nord ont voté pour rejeter la réglementation et que 79% des participants à la consultation étaient contre toute modification de la loi sur l’avortement. Elle a également souligné que plus de 18 000 personnes de la province ont signé une lettre ouverte exhortant Westminster à laisser l’Irlande du Nord décider de ses propres lois sur l’avortement. Implorant ses collègues, dans ses remarques finales, la baronne O’Loan a déclaré:

« Ecoutez le peuple d’Irlande du Nord, écoutez notre Assemblée, n’approuvez pas ces règlements. »

Le membre de la Chambre des Lords, le handicapé Lord Shinkwin, a également présenté un amendement dans lequel il a appelé ses pairs à refuser la réglementation au motif qu’elle discrimine et perpétue les stéréotypes contre les personnes handicapées. Lord Shinkwin, qui est né avec la maladie génétique des os fragiles, a déclaré à News Letter :

« Bien que techniquement, les réglementations ne concernent que l’Irlande du Nord, l’ensemble du Parlement britannique est invité à les approuver et à légitimer ainsi la discrimination fondée sur le handicap. »

Malheureusement, la Chambre des Lords a voté par 355 voix contre 77 en faveur d’une motion approuvant ce nouveau règlement autorisant l’avortement sans limite du gouvernement britannique en Irlande du Nord. L’amendement présenté par la baronne O’Loan, appelant les pairs à ne pas approuver le nouvel dispositif, a également été rejeté, avec 112 voix pour et 388 contre.

Un porte-parole de Right To Life UK, Catherine Robinson a déclaré : 

« Le vote de ce soir à la Chambre des Lords n’est pas seulement un coup dur pour le peuple d’Irlande du Nord et pour la majorité des députés, qui ont voté contre le régime extrême de l’avortement à l’Assemblée d’Irlande du Nord, mais est également une énorme déception pour les pro-vie, les militants et les personnes handicapées à travers le Royaume-Uni. Des gens comme Heidi Crowter et Lord Shinkwin ont affirmé que la loi actuelle au Royaume-Uni leur donne ‘’envie de pleurer‘’ et leur envoie le message qu’’il aurait mieux valu qu’ils soient morts‘’. »

Ce passage en force d’une nouvelle loi si radicale en faveur de l’avortement en cette Irlande du Nord qui a résisté des décennies courageusement aux oukases de la bien-pensance avorteuse montre à quel point les partisans de la culture de mort, qui s’auto-estiment des grands humanistes, aimant et respectant leur prochain, n’ont que faire des vrais desiderata des peuples et de leur vie !

Francesca de Villasmundo

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