Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), dominicain, occupe la toute première place des maîtres de la scolastique. Il a été canonisé le 18 juillet 1323, puis proclamé docteur de l’Église par Pie V, en 1567 et patron des universités, écoles et académies catholiques, par Léon XIII en 1880. Il est aussi qualifié du titre de « Docteur angélique ». Sa Somme théologique, œuvre magistrale, concilie la philosophie d’Aristote et la doctrine catholique. Et son De Regno est une lecture indispensable à tout catholique engagé en politique. Mais ce sont deux opuscules moins connus que vient de rééditer avec beaucoup de soin l’éditeur Quentin Moreau : Les Raisons de la Foi, au Chantre d’Antioche, ainsi que la Lettre à Dom Bernard, abbé du Mont-Cassin.

L’introduction, la traduction et les notes sont du courageux professeur belge de philosophie Stéphane Mercier, sanctionné par l’Université Catholique de Louvain parce que trop fidèle à la doctrine catholique.

Cet ouvrage est destiné à aider le chrétien à répondre à différentes questions et objections concernant les fondements de sa foi et, de la sorte, mieux connaître ce qu’on peut ainsi mieux aimer et faire aimer. Car il nous est rappelé qu’une meilleure connaissance des vérités de la foi est une œuvre de charité que nous devons à nous-mêmes comme nous le devons aussi à “quiconque nous demande raison de l’espérance ” chrétienne. C’est d’autant plus important dans une société devenue hostile au christianisme et surtout ignorante de tout ce qui concerne la religion. Le professeur Stéphane Mercier souligne qu’il est non seulement nécessaire, mais pressant d’acquérir cette connaissance théologique si l’on considère qu’outre les progrès du sécularisme, l’islam gagne partout du terrain et que cet opuscule était précisément adressé au Chantre d’Antioche pour répondre aux objections des mahométans, notamment celles portant sur la Trinité et l’Incarnation.

Les Raisons de la Foi, Saint Thomas d’Aquin, traduction et présentation de Stéphane Mercier, éditions Quentin Moreau, 154 pages, 17 euros

A commander en ligne ici

Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !

7 commentaires

  1. pamino says:

    La foi est raisonnable, mais je ne crois pas que l’on y arrive par la raison.

    • Soupape says:

      D’accord avec vous.
      puisqu’il s’agit de comprendre la Parole de Dieu, et que nous ne pouvons PAS l’inventer.

      Mais les niveaux de lecture sont nombreux.
      Après le sens grammatical,
      puis les inévitables trahisons des traductions,
      il y a le sens littéral, qui s’applique bien à l’évènementiel.

      Mais il reste à trouver le plus important, à savoir le sens spirituel.

      Souvent, ce sens vient tout d’un coup … mais il faut rester prudent
      car on ne sait jamais si l’intuition vient de l’Esprit …
      et même les intuitions qui viennent dans la Prière … ne sont pas toujours des Vérités !
      Car, avec Dieu, il semble qu’il n’y a pas d’automatismes systématiques à 100% …

      Personnellement, je garde ces intuitions en réserve, et je m’efforce d’en éprouver la vérité,
      toujours en le demandant à Dieu, car on ne peut pas s’appuyer sur nos raisonnements,
      sinon Dieu serait réductible à un discours purement humain …
      et, a priori, cela serait suspect …

      Certainement, Dieu nous a doué de raison, et il n’est pas interdit de s’en servir.
      Mais ici, la logique est celle du sens spirituel …

      Ce sens spirituel nous vient presque toujours au cours d’une relecture,
      car Jésus a dit que l’Esprit “nous fera ressouvenir de toutes choses”.

  2. Soupape says:

    Personnellement, dès que j’entends dire
    que quelqu’un … a réussi à “concilier”
    l’oeuvre d’un “philosophe”,
    avec la Parole du Dieu des Apôtres de Jésus Christ,
    je prépare immédiatement une lettre pour le Saint Office,
    pour l’avertir .. de la naissance d’une nouvelle forme de fabulation.

    En effet, on a vécu avant Saint Thomas, et on a eu la Foi, …
    sans qu’il soit besoin de recourir à Aristote …

    Ni Pierre, ni les Douze, ni Paul, ni Saint Irénée, n’ont eu besoin d’Aristote !

    Jésus n’a jamais cité Aristote, … en disant :
    “Bon, eh bien voilà, … je suis venu sur Terre, pour prendre la suite d’Aristote,
    “qui a été mon précurseur, et auquel je suis redevable de plusieurs notions …
    “qu’il est le premier à avoir introduites … ”

    Le seul point à éclaircir est de savoir
    si la “méthode de raisonnement et de déduction” employée par Saint Thomas
    a déjà été employée par Aristote …

    Mais employer une méthode de raisonnement …
    ne signifie pas … entrer dans les vues philosophiques d’Aristote.
    encore qu’il faille se méfier … d’assimiler l’un et l’autre sans le faire exprès …

    En effet, la Parole de Dieu transcende toute espèce de “méthode de raisonnement” !
    Il faut ici rappeler que la Foi doit être une critique des philosophies, et non l’inverse.
    Il n’y a donc pas lieu
    de chercher à “concilier” des “philosophies” avec la Foi !

    Jésus est venu pour nous libérer du Péché,
    parce que l’Homme seul … ne peut PAS s’en libérer seul,
    ce pourquoi il a accepté de mourir sur une croix,
    et de nous envoyer son Esprit, et de s’Unir à Lui par la Vie sacramentelle ….

    L’impuissance de tous les “humanismes” successifs
    démontre amplement les erreurs, et même les délires,
    des hommes politiques qui ne connaissent pas le Dieu des Apôtres de Jésus-Christ,
    ou qui ne veulent pas mettre en pratique ses commandements !

    Sinon, à force de chercher à “concilier”, on donne dans le panneau … du “concile” Vatican 2 …

    • Soupape says:

      Correction au 3ème § avant la fin :

      ” et même de nous donner les moyens de s’Unir à Lui par la Vie sacramentelle”.

    • Cadoudal says:

      Aristote a été mis en avant car il est le Philosophe par excellence pour la Scolastique

      un philosophe étranger à la foi chrétienne , mais qui démontre l ‘existence et l ‘unité de Dieu par les seules forces de la raison ;

      qui établit , avec le seul secours de la raison, une morale naturelle qu’ approuve l’ Eglise.

      il manquait à Aristote l ‘expérience de la grâce chrétienne , comme celle qu’ a eue st Paul.

  3. Martin says:

    La foi est un don de Dieu, par conséquent sans la grâce divine la raison est impuissante à acquérir la foi. Mais la foi est raisonnable, et donc la raison (qui est aussi un don de Dieu) n’a aucune objection valable à opposer à la foi, et c’est sur cette certitude incontestable que se base saint Thomas pour répondre aux objections que les musulmans (et accessoirement les schismatiques grecs) faisaient au chantre d’Antioche.

    Il est vrai que saint Thomas a utilisé la philosophie d’Aristote, dans la mesure où cette philosophie, contrairement à la plupart des autres, était profondément réaliste. Mais il n’a jamais été un inconditionnel d’Aristote. Voici ce qu’il affirmait par exemple devant toute l’Université de Paris :

    “On rencontre aujourd’hui des hommes étudiant la philosophie et soutenant des opinions contraires à la foi; et lorsqu’on leur dit que cela répugne à la foi, ils répondent que le philosophe (Aristote) dit ainsi, qu’ils ne font que réciter son opinion, qu’ils n’affirment rien. Un tel homme est un faux prophète, un faux docteur. Car, soulever un doute et ne pas le résoudre, c’est le même que de le concéder. Il est dit dans l’Exode que si quelqu’un creuse un puits, ouvre une citerne, et ne les recouvre pas, et si le bœuf du voisin vient et tombe dans la citerne, celui qui a découvert la citerne est tenu à restitution. Celui-là ouvre la citerne, qui soulève un doute sur les choses qui concernent la foi; il ne recouvre pas la citerne, celui qui ne résout pas le doute, même s’il a une intelligence saine et limpide et s’il ne se laisse pas tromper. Un autre qui n’a pas l’intelligence aussi lucide est bel et bien trompé, et celui qui a levé le doute est tenu à restitution, car c’est à cause de lui que l’autre est tombé dans le puits. Voyez : beaucoup de païens furent philosophes et ils ont dit bien des choses sur les vérités de la foi et à peine en trouveriez-vous deux qui concordent dans la même opinion, et n’importe lequel d’entre eux, s’il a dit quelque vérité, ne l’a pas dite sans mélange d’erreur. Une vieille en sait plus aujourd’hui – saint Thomas parlait pour son époque, bien plus chrétienne que la nôtre – sur les choses qui appartiennent à la foi, que dans le passé tous les philosophes ensemble. On lit que Pythagore fut d’abord athlète ; il entendit un Maître disputant de l’immortalité de l’âme et soutenant qu’elle était immortelle, il fut tant alléché que laissant toutes choses il s’adonna à l’étude de la philosophie. Mais quelle est la vieille aujourd’hui qui ne sache pas que l’âme est immortelle ? Beaucoup plus vaut la foi que la philosophie. Donc si la philosophie contrarie la foi, il faut la rejeter.”

  4. Soupape says:

    Précisions sur mes commentaires :

    1 – Mon intention a été de répliquer
    à une expression employée dans le corps de l’article de MPI,
    expression qui m’a paru dangereuse :
    “Sa Somme théologique, œuvre magistrale,
    “CONCILIE la philosophie d’Aristote et la doctrine catholique” … etc.

    Le mot “concilie”
    participe d’un langage “commercial”, pour faire vendre le livre,
    selon les pratiques à plusieurs sens (donc mensongères)
    du marketing, du manège-ment et de la communication,
    qui sont trois formes du Mensonge moderne … qui n’ose dire son nom …

    Il est bon de répéter
    que cette pratique du Mensonge habillée de modernisme,
    est typiquement .°.fronc massâne.°.
    même si ceux qui l’utilisent … ne le savent pas toujours ! …

    2 – Bien entendu Thomas d’Aquin reste Docteur de l’Eglise,
    et ne se borne pas à suivre les propositions d’Aristote !.

    La méthode de Saint Thomas est connue.
    Il étudie chaque question de façon systématique :
    il réunit d’abord le matériel scripturaire concerné,
    puis il expose le pour, le contre, et les difficultés, puis il propose sa solution.
    Cette démarche est très honnête.

    3 – Mais, personnellement, je me méfie des recours à un philosophe
    pour expliquer l’Ecriture, ou les choses de Dieu …

    En effet, un jésuite de mon jeune temps recourait ostensiblement à … Hegel !

    Or Jésus, de même que la Vierge Marie,
    se sont toujours méfiés des intellos, et des scribes …

    La plupart du temps, ils ont choisi des “pauvres en esprits”, (c’est la 1ère Béatitude !)
    c’est à dire, non pas des idiots,
    mais des personnes qui ne vont pas au monde “armées d’idées”,
    – soit qu’elles n’aient pas d’idées préconçues, soit qu’elles s’en soient d’abord VIDEES – …,
    et se sont, par là, mises en état … d’écouter la Parole de Dieu,
    en LUI demandant le sens spirituel de ses Paroles …

    4 – On notera que Saint Paul était loin d’être un idiot
    mais que, terrassé par Dieu sur le chemin de Damas,
    il dut renoncer à ses idées préconçues,
    et se mit enfin à poser la bonne question : “QUI êtes vous, Seigneur ?”.

    Pierre aussi, même après la Pentecôte,
    dut renoncer à ses idées préconçues,lors de l’épisode du Centurion Corneille (cf Actes des Apôtres).
    En effet, il dut constater et admettre que le “goym” romain Corneille … avait reçu l’Esprit !