Jusqu’à ce jour, l’Assemblée Générale de l’ONU s’était toujours opposée à légaliser l’avortement sur le plan international. Mais le diable est tenace. Quand il est viré par la porte, il essaye de se glisser par un soupirail. C’est bien sûr la bureaucratie ONUsienne qui est à la manœuvre.

Voici,pour ce faire, quelle était la machination des groupes favorables à l’avortement. Le passage obligatoire est ce qui est appelé « La Santé reproductive et sexuelle minimale » (Sexual and Reproductive Health Minimum) faisant partie des « droits humains ». Il convenait d’y ajouter le droit à un avortement sans danger ; comme cela avait été dit en France par Madame Veil pour faire sa loi. À l’ONU, l’avortement était donc inscrit dans le « paquet législatif » concernant l’humanitaire. Toute l’astuce était là. L’Assemblé Générale n’avait pas été dupe et avait rejeté la partie du texte afférente.

Mais ensuite un autre coup beaucoup  plus dur vint du Conseil Économique et social (filiale de l’Assemblée Générale de l’ONU) lequel l’été dernier,  recommanda la fameuse « santé reproductive » comme une référence en matière humanitaire. Il n’avait jamais inclus l’avortement sur ce créneau. Les groupes favorables à l’avortement avaient eu du mal à convaincre les acteurs et les donateurs humanitaire de faire inclure leur cause. C’est notamment le géant de l’avortement Parenthood qui était à la manœuvre. Leur offensive passait par  l’United Nation for Population Aid  (UNFPA ou fonds de l’ONU pour la population) qui est un acteur clé.

Celui-ci essaya donc de glisser furtivement une note sur laquelle était rappelée la nécessité de glisser l’avortement dans le texte concernant l’action humanitaire. Pourquoi cette manière de procéder « en douce » ? Tout simplement cette organisation sentait que l’affaire n’était pas mure compte-tenu du fait que l’Amérique venait de retirer ses subventions à l’UNFPA, précisément parce qu’elle pratiquait des avortements notamment dans les pays d’Afrique ; de même avait subi la même sanction, l’intergroupe situé entre l’UNFPA et les associations humanitaires.

Il y eut d’autres péripéties longues à expliquer car les organisations favorables à l’avortement trouvaient que cette petite note en question ne suffisait pas et était peu incisive ; elle pouvait s’appliquer aussi bien aux fausses-couches ou aux soins de suite de couches.

Mais Nikki Haley, la première femme entrée à la Maison Blanche et nommée par Trump comme ambassadeur de l’Amérique à l’ONU, malgré sa jeunesse ne s’est pas laissé rouler dans la farine. Elle était gouverneur de la Caroline du Sud jusqu’en 2017 ; de plus elle est donnée comme future candidate à la Maison Blanche. Très anti-avortement, elle a fait au nom des Etats-Unis un « tir de sommation » à l’ONU en retirant 235 millions de dollars (200 millions d’euros) de subvention à cette organisation que De Gaulle  qualifiait de « grand machin ». Nikki a dénoncé : « l’inefficience et les frais de cette organisation sont bien connus ». Mais l’Amérique est en position de force et ne se gênera pour réduire encore les fonds qui font « tourner » l’ONU ;  ce que les membres seront aussi mis à la portion congrue.

Toutefois ce champ de grandes manœuvres reste à surveiller.

Jean-Pierre Dickès

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