MPI vous a signalé ce matin que le mensonge d’Etat est officiel. Les masques de protection avaient bien une utilité pour la population mais le gouvernement, les autorités sanitaires et les médias du système ont affirmé le contraire puisqu’il n’y avait déjà pas assez de masques en France pour équiper le personnel soignant durant l’épidémie de coronavirus.

Cette situation est d’autant plus scandaleuse qu’une entreprise française, installée en Bretagne, pouvait fabriquer jusqu’à 200 millions de masques de protection par an ! Mais elle a fermé en 2018 après avoir été rachetée par un groupe américain. Bien qu’alerté, l’Etat a laissé faire.

Et qu’on ne vienne pas parler de complotisme. C’est la cellule investigation de la très mainstream Radio France qui a mené l’enquête, relayée ensuite par France Télévisions.

L’usine de Plaintel, dans les Côtes-d’Armor, était spécialisée dans la fabrication des masques respiratoires, notamment les fameux masques FFP2 indispensables au personnel médical.

L’entreprise avait connu son plus grand essor en 2009, lorsque les médias nous affolaient avec la grippe H1N1. L’usine fonctionnait alors 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 avec huit machines et 300 employés pour fabriquer des masques pour la France entière.

Roland Fangeat, ancien président de la division respiratoire du groupe Bacou-Dalloz, propriétaire de l’usine de Plaintel à l’époque, explique à Radio France :

« En 2005, j’avais signé un protocole d’accord avec le ministre de la Santé, Xavier Bertrand. Nous nous engagions à garantir une production d’au moins 180 millions de masques par an. Le groupe a investi plus de près de neuf millions d’euros sur le site de Plaintel pour financer notamment une extension. Nous avions une capacité de production de 220 millions de masques par an, quatre millions par semaine, en cas de crise. »

Selon ce protocole d’accord, l’État s’engageait à commander à l’entreprise plusieurs millions de masques chaque année.

Ainsi, l’article 11 de ce protocole d’accord stipule que

« L’État assurera le renouvellement de son stock arrivé à péremption ».

Le 14 juin 2006, Dominique de Villepin, Premier ministre, écrit :

« Je tiens à vous assurer que l’État continuera à respecter ses engagements, en termes de quantité comme de calendrier ».

Roland Fangeat, ancien propriétaire de l’usine de Plaintel, déclare
à France Info :

« De janvier 2009 à septembre 2010, nous avons livré 160 millions de masques FFP2 à l’État. Et puis il y a eu un désengagement de l’État. La chute des commandes a été catastrophique pour l’usine de Plaintel. »

Mondialisation et rachat américain pour faire mourir l’usine bretonne
En 2010, le groupe Sperian (nouveau nom de Bacou-Dalloz), propriétaire de l’usine de Plaintel qui compte encore 140 salariés, est racheté par le géant américain Honeywell. C’est le début de la fin. Tout est implicitement fait pour liquider le site breton. Les commerciaux sont même empêchés d’aller prospecter le secteur médical.

La production de masques est délocalisée en Tunisie et l’usine de Plaintel ferme ses portes en septembre 2018.

On pousse même le vice jusqu’à détruire les chaînes de production de masques de l’usine bretonne. Un ancien salarié explique aux journalistes que les machines sont parties chez un ferrailleur pour être détruites.

L’Etat, alerté, a laissé faire

Pourtant, à l’été 2018, des délégués des salariés de l’usine bretonne ont tenté d’alerter le président de la République, soulignant que l’usine de Plaintel est « une entreprise d’utilité publique » dont l’actionnaire américain a tout fait pour la rendre « largement déficitaire » tout en « absorbant massivement les deniers publics ».

Radio France et France Télévisions relatent que, le 24 juillet 2018, le chef de cabinet de l’Élysée répond qu’il prend « bonne note » de ce courrier qu’il transmet au ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire. Mais cela finira aux oubliettes.

Un conseiller au ministère de l’Economie avoue à France Info :

« Ce n’est pas l’entreprise qui est en cause mais plutôt l’État qui a arrêté de stocker des masques. Sans commande du ministère de la Santé entre 2010 et 2017, le site a été utilisé très en dessous de sa capacité. Si Honeywell avait eu une commande régulière de masques pour le compte de l’État, l’usine n’aurait pas fermé. »

Le syndicaliste Serge Le Quéau commente aux journalistes :

« C’est la logique du marché qui a prévalu. Fabriquer des masques à un moindre coût en Chine ou en Tunisie paraissait sensé pour nos responsables politiques et économiques. On voit bien aujourd’hui que c’est totalement absurde ! »

 

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