Antonio Tajani de Forza Italia, dont il fut un des fondateurs en 1994, proche de Sergio Berlusconi, est le nouveau président du Parlement européen. C’est le premier Italien élu à ce poste depuis 1979, date à laquelle a été introduite l’élection directe des représentants du Parlement.

Il s’est engagé à construire des ponts, durant son discours « d’intronisation » après le vote qui a vu la défaite par 351 votes contre 282 d’un de ses compatriotes, le socialiste Sergio Pittella qui ne l’a pas bien prise : « Avec la naissance d’un nouveau bloc conservateur la panorama politique du Parlement européen change de manière dramatique

Européiste convaincu, Tajani est un politicien de sensibilité modérée, libéral-conservateur. Beaucoup de commentaires positifs et de grande satisfaction en Italie à l’exclusion de la Ligue du Nord de Matteo Salvini et de Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni, les deux grands partis identitaires.

« L’élection de Tajani signifie aussi qu’en Europe il y a une seule prospective politique gagnante : celle des libéraux, des chrétiens, des réformateurs, du centre modéré l’alternative à la gauche »

a écrit dans une note Sergio Berlusconi, l’ancien mentor de Antonio Tajani. Toute la classe politique italienne du système, même de gauche, a applaudit : du président de la République Sergio Mattarella, au nouveau premier ministre, Paolo Gentiloni, à son prédécesseur Matteo Renzi.

Giorgia Meloni est plus circonspecte :

« Un Italien, Antonio Tajani, a été élu président du Parlement européen. Ce serait bien s’il devenait le protagoniste d’une phase de changement dans lesquelles les institutions agiraient pour le bien des peuples européens et non pour défendre les intérêts de la grande finance et des lobbies économiques. En tant qu’Italienne j’en serais fière» écrit-elle en ajoutant que malheureusement « Tajani a été élu par les partis de Merkel, de Juncker, de Mario Monti, de Alfano, et je crains qu’il restera donc fidèle à ces messieurs qui ont transformé l’UE en un comité d’affaires de fraudeurs et d’usuriers. »

Matteo Salvini est encore plus explicite :

« Pas du tout un Italien. C’est seulement le énième domestique au service de Merkel. »

Francesca de Villasmundo

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