
Tours : La suppression des aumôniers
catholiques, prélude à l’euthanasie d’État.
Tandis que le gouvernement pousse son projet d’euthanasie, l’hôpital de Tours supprime discrètement ses aumôniers catholiques. Un hasard ? Non, un plan méthodique de déchristianisation qui prépare les esprits à accepter la culture de mort.
Voilà un symbole qui vaut tous les discours !
Alors que le gouvernement s’obstine à faire passer coûte que coûte sa loi sur l’euthanasie déguisée en « aide à mourir », la direction du Centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours vient d’annoncer la suppression de trois postes d’aumôniers catholiques et bientôt du quatrième.
Une coïncidence, dites-vous ? Allons donc ! C’est au contraire la démonstration éclatante que la déchristianisation de nos institutions publiques s’accélère au moment précis où l’on veut nous faire avaler la pilule mortifère.
Un service millénaire rayé d’un trait de plume
Laissons d’abord parler les chiffres, car ils sont éloquents. Ce sont près de 40 000 visites qui ont été réalisées dans le département, dont 8 000 au seul CHU de Tours pour la période 2024-2025 (1).
Quarante mille visites ! Autrement dit, quarante mille moments où la présence chrétienne aura apporté consolation, réconfort et espérance aux malades et à leurs familles. 80% de leur temps relève du soutien spirituel : avec notamment de l’écoute, de l’accompagnement et de façon plus générale d’une présence auprès du malade dans l’épreuve qu’il traverse (2).
Ces aumôniers, titulaires d’un diplôme universitaire, interviennent vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, y compris les jours fériés. Ils représentent un service public de première importance, reconnu par la loi de 1905 elle-même qui, tout en séparant l’Église de l’État, prévoit des exceptions pour les lieux qui sont considérés comme « fermés » comme : les hôpitaux, les prisons ou l’armée.
L’hypocrisie budgétaire au service de l’idéologie
L’argument avancé par l’administration hospitalière ? L’argent, toujours l’argent ! Le CHRU de Tours indique que la suppression de postes a été motivée par son « incapacité à financer cette fonction » sur ses « fonds propres ». Parlons-en de ces fameux « fonds propres » (3) !
Les salaires sont historiquement pris en charge par le CHU, ce qui représente environ 80 000€ par an (pour 2,5 SMIC avec les charges). Quatre-vingt mille euros pour un hôpital qui emploie dix mille personnes !
Une méthode bien rôdée : la lâcheté administrative
La méthode employée révèle toute la lâcheté de nos élites déchristianisées. Le diocèse de Tours l’a appris par mail, le 15 avril dernier, « sans concertation », déplore Dominique Buzoni-Gatel (4) :
« un mail ! Voilà comment on liquide des siècles de présence chrétienne à l’hôpital : d’un clic d’ordinateur, sans débat, sans concertation, sans même avoir la courtoisie de recevoir les représentants du diocèse ».
La véritable intention : préparer l’euthanasie
Mais ne nous y trompons pas : cette suppression n’est pas un accident. Elle s’inscrit dans une logique implacable.
D’un côté, on nous annonce à grands renforts de communication que depuis le début de la stratégie décennale, 353 millions d’euros de crédits supplémentaires ont été mobilisés, soit une hausse de 25% des dépenses depuis 2024 pour les soins palliatifs.
De l’autre, on supprime discrètement ceux qui, au quotidien, accompagnent réellement les mourants !
Ces aumôniers sont en première ligne face à la souffrance et à la mort. Ils sont les témoins vivants qu’il existe une autre voie que l’euthanasie : celle de l’accompagnement, du réconfort spirituel, de l’espérance chrétienne face à l’épreuve.
La logique infernale
Vous commencez à comprendre la logique infernale ?
On supprime d’abord ceux qui témoignent qu’on peut mourir autrement, dans la dignité et l’espérance. On prive les patients de cette présence spirituelle irremplaçable. Et puis, devant la détresse ainsi organisée, on viendra leur proposer « l’aide à mourir » comme seule solution !
Voilà ce qu’on supprime ! Voilà ce dont on prive délibérément nos concitoyens les plus vulnérables ! « Pour remplacer ce travail uniquement avec des bénévoles, il nous faudrait environ 60 personnes, précise encore la responsable diocésaine » (4). Soixante bénévoles qu’il faudrait former, coordonner, organiser. « Ce n’est pas réaliste. Ils nous décapitent ».
L’urgence d’un sursaut
Chers lecteurs de MPI, il faut mesurer la gravité de ce qui se joue à Tours comme partout ailleurs en France.
Derrière le prétexte budgétaire se cache une volonté idéologique claire : faire disparaître la présence chrétienne des lieux de souffrance pour mieux imposer la culture de mort. Par la déchristianisation galopante, c’est une entreprise méthodique de déshumanisation de notre société.
Face à cette offensive, le silence complice ou l’indifférence ne sont plus de mise. Il faut que chacun comprenne que la bataille pour la vie se livre aussi à travers de telles « petites » décisions administratives.
Aujourd’hui, on supprime les aumôniers. Demain, on proposera « l’aide à mourir » aux patients désespérés. Et après-demain ?
Le moment est venu de réagir avant qu’il ne soit trop tard.
Car une civilisation qui renonce à accompagner ses mourants dans l’espérance est une civilisation qui a déjà commencé à mourir.
Une dernière interrogation : qu’en est-il du sort des aumôniers musulmans ?
Paul DEROGIS
Sources : 37°degres-mag / Fr3 Centre Val de Loire / Tribune chrétienne / Boulevard Voltaire / Diocèse de Tours
(1) Communiqué du diocèse de Tours : https://diocesedetours.catholique.fr/actualites/detail-de-lactualite/communique-10/
(2) « Aumôniers à l’hôpital : qui sont ces « visages familiers » des couloirs du CHU de Tours ? », 37° degrés, https://www.37degres-mag.fr/societe/aumoniers-a-lhopital-qui-sont-ces-visages-familiers-des-couloirs-du-chu-de-tours/, 20 mai 2026.
(3) « Dramatique pour les patients » : les quatre postes d’aumôniers catholiques bientôt supprimés au CHRU de Tours », ICI, https://www.ici.fr/centre-val-de-loire/indre-et-loire-37/tours/dramatique-pour-les-patients-les-quatre-postes-d-aumoniers-catholiques-bientot-supprimes-au-chru-de-tours-2376613, 20 mai 2026.
(4) Responsable des aumôniers catholiques du CHRU de Tours.
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