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Capture d’écran https://www.portesouvertes.fr/persecution-des-chretiens

L’actualité fixe ses projecteurs sur les drames que traversent le Moyen Orient en guerre, laissant au second plan d’autres scènes de conflits particulièrement atroces. 

Ainsi au Nigeria, des terroristes djihadistes sont intervenus tard dans la nuit en plein milieu des célébrations du dimanche de Pâques dans l’Etat de Kaduna, tuant plusieurs fidèles dont un servant de messe. Ils ont enlevés dans le même temps des dizaines d’otages.

Selon des précisions fournies par un étudiant résidant dans la localité, Kimbe Danjuma, les terroristes ont d’abord pris pour cible l’église évangélique avant de se tourner vers l’église catholique Saint Augustin. «Ils étaient peuls – ils parlaient fulfulde», a-t-il précisé, dans le média local Truth Nigéria

Le prêtre de l’église Saint Augustin a dépeint l’assaut comme une attaque coordonnée et intentionnelle, affirmant que les Chrétiens avaient été délibérément pris pour cible lors d’un moment sacré de culte, et que les hommes, appartenant à un milice peule radicalisée, s’étaient échappés avant l’arrivée des forces de sécurité.

Une vive controverse s’en est suivie, entre l’armée nigériane assurant avoir secouru les 31 civils enlevés par la milice djihadiste et la Christian Association of Nigeria (CAN), principale organisation représentative des Chrétiens du pays.

Le révérend John Joseph Hayab, son président pour la région nord, a affirmé qu’au contraire,  les victimes étaient toujours aux mains de leurs ravisseurs : « Les militaires font de leur mieux pour obtenir leur retour, mais il n’est pas juste d’affirmer que les victimes ont été secourues ».

Il a également dénoncé une communication qu’il juge contre-productive, estimant que la diffusion d’informations inexactes risque de favoriser l’impunité des groupes armés :

« Nous faisons face à de la désinformation. Pendant que nous passons notre temps à démentir, nous offrons aux bandits l’opportunité de frapper et de repartir librement »

Les témoignages recueillis auprès des habitants corroborent ces propos.

L’ancien chef du village d’Ariko, Iliya Audu a confirmé qu’aucun otage n’avait été libéré, précisant que les funérailles des victimes s’étaient tenues lundi. Selon lui, le bilan s’élèverait à sept morts, et non cinq, comme annoncé par l’armée.

« Nous revenons tout juste de l’enterrement des personnes tuées. Pas une seule âme n’a été sauvée », a-t-il déclaré.

L’association locale de développement de Kurtumi a, pour sa part, qualifié la version militaire d’« entièrement fausse et trompeuse ».

Ni l’armée nigériane ni le quartier général de la défense n’ont réagi à ces contestations lundi, malgré plusieurs sollicitations.

Cette affaire sanglante ravive les doutes sur la communication des autorités sécuritaires au Nigeria.

La CAN avait déjà contesté, en novembre dernier, les chiffres officiels communiqués après l’enlèvement d’élèves d’une école catholique dans l’État de Niger.

La christianophobie va galopante dans ce pays, classé 7e entre la Syrie et le Pakistan par l’Index Mondial 2026 de l’ONG Portes Ouvertes sur la persécution des Chrétiens.

Bien que le président Tinubu ait annoncé en 2023 vouloir agir contre les perpétrateurs de la violence qui saigne le pays, elle reste endémique, au point que Donald Trump évoque des persécutions délibérées, ce que conteste le gouvernement.

Bien que la Constitution nigériane soit laïque, douze états du Nord ont adopté la charia, tandis que la religion et l’ethnicité sont instrumentalisées politiquement L’ONG Portes Ouvertes souligne le rôle de Boko Haram et de l’état islamique (ISWAP [1]) qui considère que tous les Chrétiens du Nigeria sont des cibles légitimes, et qu’ils ont une opportunité de « sauver leur sang » en se convertissant à l’islam ou en payant la taxe de jizyah[2] à ISWAP.

Selon un responsable de cette ONG,

«les extrémistes de Boko Haram ont clairement déclaré à maintes reprises qu’ils menaient un djihad contre ceux qu’ils qualifient d’infidèles, c’est-à-dire tous ceux qui n’adhèrent pas à leur interprétation extrême de l’islam. Parmi les premières personnes de cette liste figurent ainsi les Chrétiens, qui sont clairement des cibles en raison de leur foi.»

Le Petit Béraldien

[1]L’État islamique en Afrique de l’Ouest (EIAO) ou la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique, désigné par son acronyme anglais ISWAP (Islamic State’s West Africa Province),

[2]impôt annuel de capitation évoqué dans le Coran et collecté sur les hommes pubères non musulmans (dhimmis).

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