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Léon XIV a sanctionné le sacre de quatre évêques auxiliaires par la Fraternité sacerdotale Saint Pie X. Par contre, le même Léon XIV a approuvé la nomination par le parti communiste chinois du nouvel évêque de Chifeng. Cherchez l’erreur ! C’est le deuxième évêque du parti communiste chinois que Rome valide malgré la persistance des arrestations de membres du clergé clandestin et de la politique de sinisation religieuse.
Huit ans après la signature d’un accord dont le contenu n’a jamais été rendu public, le mécanisme de nomination des évêques chinois convenu entre Rome et Pékin a été remis en vigueur. Le mercredi 22 juillet, José Chang Yanfeng a été ordonné évêque de Chifeng, en Mongolie-Intérieure.
Préalablement, c’est José Lin Yuntuan qui avait été désigné évêque à Fuzhou par les autorités chinoises, avec l’aval de Léon XIV. Dans ce domaine aussi, Léon XIV se place dans la continuité de François.
Les orientations communistes de l’Association patriotique catholique chinoise
Le nouveau prétendu évêque a donc juré fidélité au parti communiste chinois comme le veut le dispositif mis en place par le gouvernement de Pékin. Il est né le 4 avril 1984 à Beizhen, dans la province du Liaoning. Il a étudié au séminaire théologique de Shenyang et a achevé ses études à l’université catholique de Daejeon, en Corée du Sud, où il a obtenu une licence en théologie biblique. Il appartient ainsi à une génération de pasteurs chinois formés à l’étranger.
Il a été ordonné prêtre le 18 novembre 2010 pour le diocèse de Chifeng. Entre 2010 et 2013, il a exercé son ministère au sein de la curie diocésaine et, simultanément, dans diverses paroisses. Il a été curé de la cathédrale de Chifeng, puis de Lindong. Le 15 octobre 2021, il a pris ses fonctions d’administrateur diocésain, poste qu’il a occupé jusqu’à son ordination épiscopale, mettant ainsi fin à plusieurs années d’administration intérimaire du diocèse.
Un pacte qui demeure secret
Le texte de l’Accord provisoire n’a jamais été publié. Officiellement, il réserve au pape la décision finale concernant les nominations épiscopales et établit un mécanisme de consultation avec les autorités chinoises. Dans les faits, Pékin a, à plusieurs reprises, procédé à des nominations sans attendre l’approbation de Rome, certaines ayant été ultérieurement reconnues par le Saint-Siège. Cela a renforcé la démonstration que le Vatican n’a pour seul rôle que de ratifier symboliquement des décisions déjà prises par le gouvernement chinois.
L’épisode le plus récent s’est produit pendant la période de vacance du diocèse après le décès de François, lorsque les autorités chinoises ont entrepris la nomination de deux nouveaux évêques avant même l’élection de Léon XIV.
Or, la répression religieuse s’est intensifiée depuis la signature de l’accord en 2018.
Eglise clandestine persécutée
Le régime de Xi Jinping continue de faire pression sur les évêques et les fidèles pour qu’ils adhèrent à l’Association patriotique catholique chinoise, une organisation directement contrôlée par le Parti communiste chinois. Parallèlement, la politique de sinisation des religions menée par les autorités progresse.
La situation des catholiques restés fidèles à l’Église clandestine continue de susciter des inquiétudes. Plusieurs évêques et prêtres ont été arrêtés, placés sous surveillance ou empêchés d’exercer librement leur ministère. Le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong, demeure l’un des plus fervents critiques de l’accord : selon lui, celui-ci a affaibli l’Église clandestine sans offrir de véritables garanties en matière de liberté religieuse aux catholiques.
Léo Kersauzie





