
Après 16 ans de pouvoir en Hongrie, le parti de Viktor Orbán a connu une lourde défaite aux élections du 12 avril 2026. Depuis, les spéculations sur le futur premier ministre, Péter Magyar, et son programme vont bon train. Tout et son contraire a été dit et écrit. Aussi, afin de mieux éclairer ses lecteurs, MPI a demandé à une Franco-Hongroise, Elisabeth, professeur à Budapest et concernée par la situation politique de son pays, son avis personnel sur la question. Nous vous le livrons en deux parties. La Ie partie traitera de la défaite de Viktor Orbán et la IIe de la position tenue par l’Église catholique au cours de la campagne.
Quelques causes de l’échec du Fidesz : Un système scolaire défaillant et un candidat issu des rangs du Fidesz
Les résultats des élections législatives du 12 avril 2026
Pour de nombreux Hongrois qui espéraient encore le dimanche 12 avril que le parti de Viktor Orbán l’emporterait, fût-ce de peu, aux élections, le résultat sonna comme le glas de leurs espérances. Catholiques ou non, ils étaient déjà d’accord avant les élections pour qualifier l’éventualité d’une défaite de « tragédie » pour la Hongrie.
Incompréhension, désespoir ou accablement les frappèrent avec d’autant plus de violence, qu’au fond, ils ne s’attendaient pas à une telle défaite. Pour en analyser les causes, il faudrait sans doute être capable de découvrir les raisons profondes qui portèrent et maintinrent Viktor Orbán au pouvoir pendant seize années successives, car la situation actuelle n’est pas le fruit d’un revers soudain de fortune. La défense de la famille contre l’idéologie LGBTI bruxelloise et le refus de l’invasion migratoire furent-elles vraiment au coeur de ces votes ou les Hongrois étaient-ils tout simplement alors réalistes, sachant de quel côté « leur tartine était beurrée » ?
En effet, les rétorsions financières de l’Union Européenne, les campagnes de haine et de mensonges autour de la personne du premier ministre, Viktor Orbán, ne sont pas nouvelles. Alors, que s’est-il passé ?
L’analyse des causes de ce revers électoral est extrêmement complexe et beaucoup trop prématurée pour prétendre à l’exhaustivité, mais il est possible de dégager certaines pistes de réflexion.
Un système scolaire défaillant
Première remarque : il était inévitable que se creusât un fossé de plus en plus grand entre la jeune génération et les valeurs portées par le parti du Fidesz, dans la mesure où le secteur de l’enseignement véhiculait de plus en plus certaines « valeurs européennes » d’une manière plus ou moins feutrée, mais réelle. Quant aux méthodes d’enseignement, elles étaient bien souvent le reflet de celles prônées par les mondialistes : pédagogie fondée sur la répétition et l’imitation plus que sur le développement des capacités d’analyse, de déduction et de synthèse. C’est un professeur qui exerce son métier en Hongrie qui parle et qui l’a constaté lui-même.
Or le Premier ministre n’a jamais donné à l’enseignement, l’importance de tout premier plan que mérite la formation de la jeunesse. De ce simple fait, le résultat des dernières élections était, un jour ou l’autre, inéluctable.
Un candidat se présentant comme conservateur et européiste
Une autre question se pose : les partis de l’opposition avaient-ils une chance de l’emporter tant qu’ils prenaient franchement le contre-pied du programme du Fidesz ? On peut se poser la question. Par contre, un candidat issu des rangs du Fidesz et se parant de quelques-unes de ses idées, représentait une menace sérieuse et c’est pourquoi une grande partie de l’opposition s’est ralliée autour de Péter Magyar avec qui elle partageait un point commun : une haine inexpiable à l’égard de Viktor Orbán.
Se présenter comme un candidat de droite conservateur, européiste de surcroît, permettait de détourner les voix du Fidesz. Et de fait, beaucoup de Hongrois ont voté pour Péter Magyar s’imaginant qu’il serait capable de récupérer les fonds bruxellois, sans faire de compromis sur l’immigration et la propagation de l’idéologie du genre et des droits LGBTI à l’école. Quelle illusion ! Il suffit de constater la liesse de Bruxelles, d’Emmanuel Macron et des lobbies LGBTI en apprenant le résultat des élections hongroises !
Le caméléon, Péter Magyar, résistera-t-il à Bruxelles ?
Si l’on considère les premiers actes de Péter Magyar et non ses discours qui ont manifestement pour but « d’enfumer » les anciens électeurs du Fidesz, il est évident que l’allégresse de Bruxelles est justifiée. Le jour même de sa victoire, Péter Magyar envoyait un message de soutien aux communautés LGBTI hongroises. Du reste, la première chaîne de télévision homosexuelle hongroise va bientôt voir le jour, ayant enfin reçu les autorisations nécessaires ! Après avoir proposé comme ministre de l’Éducation, la responsable de l’enseignement cistercien, Rita Rubovszky, il nomme une femme soutenue par la gauche et acquise à la noble cause des droits LGBTI, Judit Lannert.
Pour qui connaît l’histoire politique de Péter Magyar et les circonstances de son revirement, il est vraiment difficile de croire qu’il opposera une résistance réelle à Bruxelles. En revanche, comme graine de dictateur, il montre déjà des dispositions certaines. Il a déjà interdit à plusieurs médias de l’opposition de couvrir certaines de ses interventions publiques et un député de son parti a montré dans une vidéo comment se débarrasser des journalistes de l’opposition. Pour ce faire, cette femme est allée dans un centre de tir et s’est amusée à tirer sur des cibles représentant les médias de l’opposition. Si un député du Fidesz avait fait une chose pareille, on aurait entendu des hurlements dans toute l’Europe ! Mais comme il s’agit d’un député soutenu par Péter Magyar, son comportement n’a rien que de normal et de naturel.
Les propos débordants d’arrogance de Péter Magyar et les insultes dont il abreuve, depuis sa victoire, les membres du Parlement, le Premier ministre et jusqu’au Président de la Hongrie, ne visent que le Fidesz, au sein duquel il a très longtemps travaillé.
Les illusions hongroises
Malheureusement, la majorité des Hongrois n’a jamais vraiment réalisé les ravages de l’idéologie et de la dictature bruxelloises dans les pays qui faisaient allégeance à Bruxelles, comme la France par exemple. Ils n’ont pas compris que le lot de la France serait le lot de la Hongrie si elle était dirigée par un Premier ministre « européiste ».
Ils n’ont pas apprécié à leur juste valeur la sécurité dont ils jouissaient dans leur pays et la protection qui entourait leurs enfants. Pour eux, c’était quelque chose qui était normal et allait presque de soi. Enfin, ils n’ont pas compris que c’était avant tout le résultat de la politique de leur Premier ministre et beaucoup ont voté en toute bonne foi pour Péter Magyar.
Elisabeth, Franco-Hongroise, pour Médis-Presse-Info
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