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En haut à gauche, surplombant la foule des fidèles le 1er juillet lors de la cérémonie des sacres à Ecône, Mgr Jacques Benoit-Gonnin, ci-devant évêques de Beauvais, Noyon et Senlis.

« Des termes qui relèvent davantage de la
stigmatisation que de la charité pastorale ».

À la suite des sacres épiscopaux conférés par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X en juillet dernier, plusieurs évêques français ont publié des communiqués appelant à l’unité de l’Église, à la charité et à la prière pour les fidèles concernés.

Mgr Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais, s’est inscrit dans cette démarche en invitant à ne pas « ajouter, ni par nos paroles ni par nos actes, à la division ».

Pourtant, dans ce même communiqué (voir ci-après), il désigne les fidèles de la Fraternité comme les « adeptes de la Fraternité Saint-Pie X ». Le terme n’est pas neutre. Dans le langage courant, il est fréquemment employé pour désigner les membres d’une secte ou d’un mouvement considéré comme marginal. Son emploi à propos de catholiques attachés à la tradition ne peut qu’être perçu comme péjoratif.

Communiqué de Monseigneur Jacques Benoit-Gonnin en réaction au décret d’excommunication pour schisme encourue par les adeptes de la Fraternité Saint-Pie X.

Beauvais, le 3 juillet 2026

Dans cette épreuve contre l’unité de l’Eglise par la désobéissance au successeur de Pierre, nous redoublons d’ardeur pour prier pour cette unité pour laquelle le Seigneur lui même a prié (Jean 17, 21).

N’ajoutons pas, ni par nos paroles ni par nos actes, à la division.

Nous espérons que beaucoup de celles et ceux qui ont pensé, de bonne foi, pouvoir suivre la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, ne franchiront pas le pas de la rupture avec le Pape et l’Eglise qu’il a reçu mission de conduire au nom du Seigneur Jésus Christ ; qu’ils ne continueront pas à suivre les offices de cette Fraternité.

De toutes les manières que l’Esprit Saint voudra nous inspirer, et autant que nous pourrons, là où nous vivons, nous voulons servir l’unité dans la foi et la paix dans la charité.

Je rappelle que la messe ancienne (Vetus ordo) est célébrée en trois lieux du diocèse, avec mon autorisation et en communion avec le Saint-Père.

+ Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais, Noyon et Senlis

Cette formulation contraste avec les appels répétés des évêques à la charité, à l’écoute et au respect des personnes. Comment prétendre ne pas alimenter les divisions tout en utilisant un vocabulaire qui disqualifie ceux auxquels on s’adresse ? Les mots ont un sens, surtout lorsqu’ils sont employés dans un communiqué officiel d’un diocèse.

Cette contradiction n’est d’ailleurs pas propre au diocèse de Beauvais.

Depuis des années, nombre d’évêques expliquent vouloir accueillir les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle, tout en qualifiant régulièrement la FSSPX de mouvement schismatique ou en laissant entendre que ses fidèles seraient en rupture avec l’Église.

Ils exhortent au dialogue, mais usent d’un langage qui ferme précisément la porte à ce dialogue.

Il existe une différence entre rappeler une situation canonique et employer un vocabulaire destiné à jeter le discrédit sur des personnes.

On peut condamner un acte sans caricaturer ceux qui y sont liés.

Or c’est précisément cette frontière que certains responsables ecclésiastiques semblent franchir lorsqu’ils mêlent appels à la communion et expressions stigmatisantes.

La crédibilité d’un discours sur l’unité repose d’abord sur la cohérence.

On ne peut appeler à la charité tout en distribuant des étiquettes blessantes.

On ne peut dénoncer les divisions tout en entretenant, par ses propres mots, une opposition entre les « bons catholiques » et les « adeptes » de la Tradition.

Si Mgr Benoît-Gonnin souhaitait réellement éviter d’« ajouter à la division », un premier pas aurait peut-être consisté à choisir un vocabulaire respectueux de ceux qu’il prétend inviter à retrouver la pleine communion.

Car les appels à l’écoute perdent toute crédibilité lorsqu’ils s’accompagnent de termes qui relèvent davantage de la stigmatisation que de la charité pastorale.

Rastignac

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