MPI vous informe gratuitement,

recevez la liste des nouveaux articles

Je veux recevoir la lettre d'information :

Nous n’envoyons pas de messages indésirables ! Lisez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Photo : la poétesse Khatoun Salma Kershet, tuée avec son mari lors du bombardement israélien de quartiers résidentiels à Beyrouth.

Les frappes israéliennes du 8 avril sur Beyrouth
présentent un bilan particulièrement lourd :

303 morts, dont 30 enfants et 71 femmes, 1 150 blessés, parmi lesquels 143 enfants et 358 femmes, 17 attaques contre des hôpitaux, 101 contre des services de secours, 73 secouristes tués et 176 blessés.

Le représentant du Liban auprès de l’ONU vient de déposer un plainte aux Nations unies contre Israël.

Le geste n’est pas seulement symbolique. Alors que les combat se poursuivent, il s’agit de tirer cette journée historique hors du flux constant de la guerre afin de l’inscrire dans un cadre politique et juridique significatif.

C’est un acte d’accusation, un témoignage à charge d’Israël, engageant un devoir de mémoire, de pression et de cadrage.

Car le document ne fait pas que dénoncer, il qualifie les faits dans le vocabulaire précis qui compte aux Nations unies :  la communauté internationale doit ainsi comprendre que ce 8 avril relève d’un contentieux qui engage le droit international, la protection des civils et la responsabilité politique des États dans le mode opératoire des armées.

Beyrouth exige ainsi que les frappes meurtrières soient reconsidérées au regard des obligations juridiques internationales déjà codifiées.

Si le texte n’a pratiquement aucune chance d’aboutir seul à une mesure contraignante, la diplomatie libanaise souhaite contester l’impunité d’Israël en inscrivant sa propre version des faits.

Il s’agit aussi de forcer les membres du Conseil à se positionner publiquement : le secrétaire général des Nations unies a déjà condamné sans ambiguïté les frappes massives menées ce jour-là, en soulignant qu’elles avaient fait des centaines de victimes civiles.

Quant au haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, il a évoqué une destruction « horrifique », des bombardements indiscriminés,  et demandé des enquêtes indépendantes sur de possibles violations du droit international humanitaire.

Ce dépôt de plainte est donc une façon de préparer de futures prises de parole onusiennes, et d’autres initiatives, qu’elles soient humanitaires, politiques ou, plus tard, judiciaires.

Israël a depuis revendiqué plus de 200 frappes contre des infrastructures du Hezbollah, et adressé de nouveaux ordres d’évacuation aux civils du sud du pays.

La plainte déposée ne se contente donc pas de demander l’examen d’un simple épisode de guerre, elle alerte sur un véritable mode opératoire susceptible de se répéter.

Dans le contexte tendu des discussions avec Israël à Washington, il s’agit enfin que l’agenda sécuritaire d’Israël, polarisé sur le Hezbollah, la frontière sud et les exigences de désarmement, ne relègue pas au second plan le coût humain de ces frappes indiscriminées.

Façon habile de rappeler que le dossier libanais ne se borne pas à un débat sur le Hezbollah ou la frontière nord d’Israël, mais aussi sur la protection des civils et le respect du droit de la guerre.

Pour le Liban exsangue, il s’agit donc de faire entendre un autre narratif que celui issu du 7 octobre 2023, pour que l’opinion internationale se souvienne que ce mercredi noir du 8 avril 2026, il s’est aussi passé quelque chose de criminel et de terrifiant.

Le Petit Béraldien

Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !

MPI vous informe gratuitement,

recevez la liste des nouveaux articles

Je veux recevoir la lettre d'information :

Nous n’envoyons pas de messages indésirables ! Lisez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

S’abonner
Notifier de
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

1 Commentaire
Les plus anciens
Les plus récents Les mieux notés
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires

Abonnez-vous à CARITAS !

Le numéro 5 de la revue Caritas est en vente sur MCP !

Militez,

En s’abonnant à cette revue : la revue CARITAS !